Wednesday, November 14, 2007

Les hommes au téléphone 10/18

Ce fut le commencement de trois mois d’une relation intense via le téléphone.

Il m'appelait entre deux consultations de patients, entre deux visites. A cette époque, nous n'avions ni l'un ni l'autre de téléphone portable. Je l'appelais d'une cabine téléphonique lorsque je n'étais pas seule chez moi. D'une autre cabine avant d'entrer le matin à mon bureau parisien où je n'étais jamais seule. Aujourd'hui encore, la vision de cette cabine téléphonique me rend nostalgique de cette relation. Il profitait d'un moment de calme où ses enfants jouaient dans le jardin, où sa femme était occupée à l'étage pour m'appeler. Il ne cessait de me répéter que je lui manquais, qu'il avait besoin d'entendre ma voix. Les moments de sexe au téléphone où nous jouissions ensemble étaient de véritables moments d'intimité. Dans mon bureau rouennais où j'étais seule, je frémissais à chaque appel. Je me souviens avoir joui avec lui à l'autre bout du fil, jambes écartées sur le bureau, lui assis derrière son bureau pendant que ses patients attendaient dans la salle d'attente.

Je partis quelques jours en Bretagne avec mari, filleule et famille. Je me souviens de petits matins dans le brouillard de la Rance, à Saint-Suliac, au téléphone avec lui, pendant que tout le monde dormait encore.

Il m'envoyait de longues lettres enflammées, que je garde encore. Elles commençaient toutes par "Mon Amour". Le courrier transitait par nos bureaux avec des mentions « confidentiel » sur les enveloppes. Il m'envoya une bague. Une bague que je conserve toujours. Même si nous échangions des photographies, c'est la voix qui était présente dans nos pensées mutuelles. Nous décidâmes de nous rencontrer. Le prétexte fut trouvé, préparé. Je me rendis à Bordeaux. Je vis le bureau d'où il m'appelait. C'était étrange de pouvoir toucher tout ce qui était jusque là décor et corps imaginaires. Nous fîmes l'amour sur le bureau de ce cabinet médical que j'avais tant dessiné dans mon esprit. Nous passâmes le reste de notre temps dans la chambre d'un grand hôtel à Bordeaux. J'ai retrouvé à mon oreille le son de son soupir quand il a joui. J'ai retrouvé le son de sa voix, blottie contre lui. Nous nous sommes rencontrés à nouveau un week-end, quelques semaines après.

Tuesday, November 13, 2007

Les hommes au téléphone 9/18

Philippe avait 33 ans. Il était médecin à Bordeaux. Il était marié, père de plusieurs enfants. Pour la première fois, avec lui, j'ai répondu à des questions en dehors du sexuel. Je lui ai dit que j'étais assistante d'un architecte, ce qui était presque la vérité, à l'époque. Je lui dis être également mariée, avoir une fille de dix ans, ce qui était presque la vérité même si la fillette en question avait douze ans et n'était pas vraiment ma fille. Du plus loin que je me souvienne, je crois lui avoir proposé de l'appeler pour faire l'amour au téléphone. Il a accepté, m'a donné son numéro. Je l'ai appelé. Il avait une voix très douce, mais très lointaine, très feutrée. Il parlait très bas. J'ai commencé à lui dire les phrases que je disais aux autres hommes. Je lui décrivais comment je le suçais, comment je prenais sa queue dans ma bouche, employant les mots crus, comme avec les autres. Il me demandait sans cesse de décrire ce que je faisais en me caressant, comment je mettais mes doigts. C'était la première fois que l'on me demandait cela avec autant de détails. Je n'aimais pas trop cela. Ce qui m'excitait c'était entendre le désir de l'autre, son excitation monter, son envie de jouir. Il se caressait. La première fois, il a joui assez silencieusement. Il m'a demandé si nous pouvions nous rappeler, si j'avais une boîte à lettres électronique. Je lui ai dit qu'il pouvait me laisser un message, ce qu'il fit. Je me souviens très bien de son message : il me disait qu'il avait aimé ma voix chaude et sensuelle, que je pouvais le rappeler. Il me donnait les jours et les heures où je pouvais le faire.

Monday, November 12, 2007

Les hommes au téléphone 8/18

Beaucoup d’hommes m’ont demandé si je pouvais me caresser avec une autre femme et leur faire écouter, ou baiser avec un homme et leur faire écouter. Beaucoup me demandaient de leur faire écouter le bruit de mes doigts mouillés caressant mon sexe ou du tissu de ma culotte contre ma chatte. Peu d’hommes ont sollicité une rencontre réelle. Dans leurs messages électroniques, les hommes étaient très loquaces, puis au téléphone, tous ou presque, très intimidés. Seuls quelques habitués du téléphone rose ont de l’assurance. Mais ce ne sont pas les hommes qui m’intéraissaient. Je me souviens de quelques hommes en particulier que j’ai eu une seule fois au téléphone. L’un deux s’appelait Patrick. Il me demanda d’imaginer un scénario où nous étions dans un entrepôt, au milieu de palettes et de containers. Il changea sa voix au bout de quelques minutes et me demanda de l’attacher dans cet entrepôt, de lui arracher ses vêtements, de le frapper. Je me souviens qu’il m’avait été très difficile de concrétiser ce scénario au téléphone. Je me souviens d’un autre homme qui m’avait demandé de lui raconter ce que nous ferions ensemble dans un ascenseur d’hôtel. Je lui racontais, j’entendais ses réponses, puis j’entendis soudain une autre voix, la voix d’un autre homme. Le premier me raconta qu’il avait envie de partager ce moment avec un ami. J’ai fait jouir ces deux hommes au téléphone les laissant imaginer une séance à trois avec moi. Je me souviens aussi d’un homme d’une cinquantaine d’années qui voulait me raconter ce qu’il faisait avant d’imaginer comment il me prendrait chez lui. Il me décrivait des séances à plusieurs qui avaient eu lieu la veille, je comprenais alors assez rapidement qu’il me décrivait un film pornographique dans lequel il s’était projeté.

Je me souviens d’un médecin-psychiatre qui m’avait donné son adresse après s’être branlé dans sa baignoire au téléphone avec moi. Il me proposait de le rejoindre pour baiser quelques heures par semaine avec lui.

Toutes les conversations commençaient de la même façon. Après avoir annoncé mon prénom au téléphone, je leur demandais comment ils étaient habillés, comment ils étaient installés, je leur racontais comment j’étais habillée du dessus aux dessous, puis je leur demandais quelles étaient leurs envies. Je ne laissais jamais une conversation sortir du cadre sexuel ou du fantasme sauf pour un ou deux hommes dont je parle ici.

Sunday, November 11, 2007

Les hommes au téléphone 7/18

Des mots reviennent souvent dans les conversations : « chienne », « pute », « tu es en chaleur ». Je joue mon rôle. Je suis tour à tour la chienne en chaleur, la pute soumise. Je décris ce que je leur fais. Je prends le temps de prononcer les mots au sortir de ma bouche. Je me souviens en effet d’une phrase d’Ariane Mouchkine parlant à ses comédiens : « Si vous dites le mot « croustillant », nous devons entendre que cela croustille dans votre bouche ». Lorsque je prononce le mot « sucer », je travaille chaque intonation du mot pour que ma voix suggère une bouche qui descend et remonte lentement le long de leur queue. Ils doivent sentir au même moment où mes mots glissent à leur oreille que ma bouche glisse le long de leur sexe, simplement par ma voix.

C’est une manière pour moi d’être au plus près d’une intimité que je construis avec eux l’espace d’un quart d’heure au téléphone. Me glisser dans leur peau d’homme en est une autre. Je m’imagine à leur place. Au fur et à mesure de ce que je leur raconte, je sens très vite ce dont ils ont envie, d’une femme dominatrice ou soumise, de descriptions détaillées ou de gémissements. Des mots qui les font jouir assez vite : « donne moi ton foutre », « tu as les couilles pleines, je le sens, donne le moi, vide-toi dans moi ». J’aime entendre leur cri quand ils jouissent. Je ne sais si les gémissements des femmes sont très différents d’une femme à l’autre, mais le gémissement de jouissance d’un homme est assez semblable d’un homme à l’autre. J’ai entendu ainsi au fil des appels des centaines de soupirs rauques, de cris courts et presque retenus. Je suis souvent celle qui raccroche en premier. Je termine par les mêmes mots avec une voix très douce. Une règle importante : ne pas rentrer dans le réel, rester la voix incarnant le fantasme.

Saturday, November 10, 2007

Les hommes au téléphone 6/18

Les hommes au téléphone sont à la fois très différents mais très semblables dans leurs fantasmes. Il y a les timides, ceux qui dialoguent par écran interposé pour fantasmer, pour tromper leur femme sans la tromper. J’élimine très vite les puceaux. Je n’ai pas envie de jouer avec tout le monde. J’aime les maris timides. Je les emporte vite dans l’idée de me laisser leur parler au téléphone. Je sens chez eux le goût d’un interdit qui leur fait peur et je n’aime rien tant que les entendre se laisser aller avec moi. Je rejoue Eve offrant une pomme à croquer. Les hommes mariés ressemblent à des évadés. Ils veulent tout. Toutes les pommes. Ils veulent entendre comme je les suce. Ils ont tous un point commun, ils disent tous « sois une vraie salope ». Lorsque nous construisons un scénario ensemble, à quelques exceptions près, ils rêvent tous de hauts talons, de jambes galbées dans des bas noirs, de porte-jarretelles et de jupes moulantes. Ils aiment les femmes bourgeoises totalement vicieuses, celles qui se jettent sur leur queue. Ils rêvent tous de sodomie et de fessées pendant une levrette virile. Lorsque j’ai commencé ces conversations au téléphone rose, j’avais 25 ans. Presque tous mes interlocuteurs avaient entre 35 et 40 ans. Ils appellent le plus souvent du bureau. Ils remarquent dans ma description physique mes gros seins. Ils me demandent tous de prendre leur sexe entre mes seins.

Friday, November 09, 2007

Les hommes au téléphone 5/18

C’est quelques jours après avoir envoyé à Alain cette photo que j’ai eu au téléphone Philippe pour la première fois. Philippe portait le pseudonyme « Médecine 33 ». Je ne me souviens plus des détails du commencement de notre histoire parce que je crois que pour moi cela était devenu une chose banale que de dialoguer sur le net ou de téléphoner à des hommes pour les faire jouir ou jouir avec eux. Je jouissais rarement avec eux d’ailleurs. Je ne me caressais que rarement avec eux. Je jouais simplement la passeuse. Une passeuse de jouissance. Une voix de fantasme, des mots réels dans un corps non incarné. Un film ou un magazine pornographique sans images.

Durant cette période qui s'est étalée sur deux ans, d'autres hommes ont été en communication au téléphone rose avec moi. Je n'ai jamais été rémunérée pour écouter ces hommes ou les faire jouir. J'ai été hôtesse au téléphone rose pour mon propre compte, un compte gratuit, pour mon propre plaisir. C'était tout à la fois le plaisir de la jouissance de l’autre et le plaisir pris à exercer une forme de pouvoir avec ma voix. Il n'y avait pas d'enjeu, pas de règlement de comptes sous-jacent avec la gent masculine. Le téléphone rose participait d'un nouveau jeu érotique. « Se fier à une voix, c'est parfois comme suivre une femme dont on a vu que le dos », a écrit Francis Dannemark.

Thursday, November 08, 2007

Les hommes au téléphone 4/18

Le troisième homme avec qui j’ai eu plusieurs dialogues érotiques s’appelait Alain. Il avait 40 ans, vivait dans une grande ville proche de la mienne. Il écrivait sous le pseudonyme de « Gilles ». C’est le seul, à cette époque, avec qui j’ai parlé d’autre chose que de sexe. Les deux autres ne souhaitaient pas discuter, tout comme moi. Je laissais Alain me parler. Il disait avoir une agence commerciale dans laquelle il travaillait seul. Il disait être marié, ne plus aimer sa femme, ne plus lui faire l’amour. Je l’écoutais. Il disait avoir eu une maîtresse de vingt-cinq ans sa cadette. Sa façon de parler était très courtoise, très empruntée, très raffinée. Il ne s’était jamais caressé au téléphone. C’est moi qui lui ai demandé de le faire et lui ai appris. Ma voix le faisait bander immédiatement. J’avais vraiment l’impression de faire l’amour avec lui, il n’y avait rien de bestial, l’excitation était très érotique. J’adorais entendre sa voix qui était de plus en plus excitée, son timbre qui changeait, son souffle qui s’accélérait. Je sentais exactement le moment où il allait laisser aller son foutre. Il était très gêné après, me disait que son bureau était maculé de sperme, sa voix devenait basse, timide, mais toujours douce, et très tendre. Il aimait imaginer notre première rencontre et me la raconter. Il me proposait de nous retrouver dans l’obscurité de son bureau, simplement pour n’entendre que nos voix et découvrir par le toucher ce qui le faisait tant brûler de désir, aimait-il à me répéter. Il ne pouvait s’empêcher de parler d’amour, me disait qu’il était amoureux de moi, qu’il aimerait avoir une photographie pour pouvoir mieux m’imaginer encore, un tissu imprégné de mon parfum, qu’il était prêt à m’attendre. Il réussit à me convaincre. Un jour, je lui ai envoyé une photo de moi, un portrait pris sur la plage, accompagnée d’un de mes foulards parfumé. Il ne cessait de me parler de ma féminité, de ses pensées quotidiennes pour moi. Il était très lyrique dans les messages qu’il laissait sur ma boite à lettres. Je crois avoir fait cela pour voir jusqu’où j’étais capable d’aller. Je ne serai pas allée plus loin avec eux, avec aucun d’entre eux. C’était une règle que je m’étais fixée à l’époque. Pas de rencontre réelle. D’ailleurs moi aussi, je prenais un pseudonyme : « Anna ». Jamais je ne donnais mon numéro de téléphone. C’est toujours moi qui ai appelé, après avoir établi le contact sur internet. A aucun d’eux je n’ai donné mon vrai prénom, ou une indication sur ce que je faisais réellement comme métier, sur ma vie privée.

Wednesday, November 07, 2007

Les hommes au téléphone 3/18

L’autre homme avait le pseudonyme de « Toubib 76 ». Avec lui, jamais, je ne me caressais. Je l’excitais avec des mots. Lui ne parlait presque pas. Il se caressait longtemps, trop longtemps à mon goût. C’était interminable. Je devais lui demander de jouir pour qu’il cesse de se caresser. Il fantasmait sur la vision d'une patiente habillée d’une mini jupe, venant à son cabinet, croisant et décroisant ses jambes, puis se caressant devant lui, pendant que lui, se branlerait devant elle. Plus rarement, il s’imaginait la sodomiser ou la prendre en levrette. Ses fantasmes pauvres et communs ne m’excitaient guère mais quelque chose d’autre me touchait. Son besoin de se caresser dans la journée, son besoin de le faire avec moi. L’imaginer fermer les yeux, assis sur son fauteuil, attendre les mots sortir de ma bouche pour sortir son sexe, mes phrases rythmant les mouvements de sa main. Je compris assez rapidement son envie de jeu de rôles. Il aimait que je joue une patiente vicieuse sous des mots polissés. Il aimait que je lui décrive comment je caressais ma chatte. « Comment fais tu ? que fais tu maintenant ? » revenaient sans cesse dans notre conversation. Je parvenais à le faire jouir en lui demandant de m’imaginer assise sur son sexe dressé, jupe relevée, lui assis dans son fauteuil. Je lui ordonnais de lâcher son foutre pour me faire jouir. Je maîtrisais totalement le rythme et la durée de sa masturbation. C’est ce pouvoir qui m’intéressait.

Il me donna son adresse. Médecin dans une petite ville normande. Aujourd’hui encore, plusieurs années après, il m’arrive d’avoir envie de prendre rendez vous, d’aller le voir et de jouer le réel de ce scénario si souvent imaginé avec lui pour alimenter ses séances masturbatoires.

Tuesday, November 06, 2007

Les hommes au téléphone 2/18

Pierre avait le pseudonyme de « Rugbyman musclé au téléphone ». Il avait 40 ans. Il exerçait sur moi un magnétisme torride. Il ne demandait pas à ce que l’on discute. Il avait une voix très mâle, très sensuelle et très excitante. L’appel était très court avec lui. Il se branlait, jouissait, raccrochait en terminant toujours par la même phrase : « j’aimerai te rencontrer et que l’on fasse cela en réel ». Dès qu’il me parlait, je mouillais. C’était un rapport très animal avec lui. Je n’avais pas besoin d’imaginer un scénario, sa voix paralysait la mienne mais chacune de ses intonations, chacun de ses mots mouillaient les lèvres de ma chatte. Sa voix me pénétrait tout comme l’aurait fait ses doigts. Tout le reste me déplaisait. Je le détachais immédiatement de moi lorsqu’il me disait d’une voix surjouée et machiste, dans un soupir : « Tu sais que tu es bonne, toi. ». Mais le reste de ses mots, de sa voix, me faisait jouir presque instantanément. Il m’appelait à chacun de ses déplacements lorsqu’il se retrouvait seul dans son hôtel. Le matin, souvent. J’étais derrière mon bureau. Il se connectait. Je l’appelais. J’entendais ses mots : « Je suis sur mon lit, nu, j’ai envie ». A entendre sa voix et cette simple phrase, je devenais la plus soumise des maîtresses virtuelles. Je caressais ma chatte et je n’avais qu’une envie, être pénétrée par son sexe comme sa voix me pénétrait à cet instant, d’un seul élan puissant, profondément. Il jouissait d’un cri rauque et profond. Je jouissais d’un long cri. Soupirante, implorante.

Monday, November 05, 2007

Les hommes au téléphone 1/18

Les Hommes au téléphone



L'homme jouit du bonheur qu'il ressent, et la femme de celui qu'elle procure.
Le plaisir de l'un est de satisfaire des désirs, celui de l'autre est surtout de les faire naître.

Pierre Choderlos de Laclos
« Les Liaisons dangereuses »



On découvre au téléphone les inflexions d'une voix qu'on ne distingue pas tant qu'elle n'est pas dissociée d'un visage où on objective son expression.

Marcel Proust
« Albertine disparue »



Durant les semaines précédant ma rencontre avec Philippe, je faisais cela au téléphone toujours avec les deux ou trois mêmes hommes. Le rituel était le même.

Les mêmes mots. « Allo, bonjour, c’est Anna ».

Sunday, November 04, 2007

Saturday, November 03, 2007

Friday, November 02, 2007

Thursday, November 01, 2007

Bientôt un nouveau texte

Dès lundi prochain, un nouveau texte de Ann Aroïs en ligne...

Tuesday, July 31, 2007

Saturday, April 28, 2007

Ecrire. S'écrire.

Je suis actuellement en travail d'écriture, mais je ne suis pas absente de la blogosphère.
Un lecteur internaute m'a proposé d'échanger avec lui des lettres, d'y parler d'érotisme. Nous ne nous connaissons pas. Nous ne nous sommes jamais rencontrés. Je sais simplement qu'il s'appelle Jacob Miller. Cette correspondance commencée il y a une semaine est publiée en temps réel sur un blog crée pour l'occasion. Je vous invite donc à consulter ce blog, à le lire, à suivre cet échange au fil de son écriture. Il suffit de cliquer ICI . Une correspondance érotique.

(sens de lecture : la lettre la plus récente apparait en haut de page)



Sunday, April 01, 2007

Saturday, March 31, 2007

Tuesday, March 27, 2007

Sunday, March 18, 2007

Thursday, March 15, 2007

Extrait 2/ Journal Particulier / Paul Léautaud

Dimanche 28 mai :
(...) Un détail piquant. Je lui disais ce soir, au lit, que j'avais des choses désagréable à lui dire dans le domaine du plaisir, que je n'étais pas du tout satisfait. Comme elle me pressait de parler, je lui dis : " Non, peut-être pas aujourd'hui. Je ne suis pas encore assez libre, un autre jour." Elle me dit tout à coup : "Je sais ce que c'est". J'insiste à mon tour pour qu'elle parle, ajoutant que je serais bien étonné qu'elle dise juste. Elle me dit : "L'amour à l'italienne." Je ne comprenais pas. Elle explique : "L'autre côté ? ". Je lui dis : "Enculer ?". Elle me répond : "Oui", disant tout de suite qu'elle s'y refuserait, que c'est paraît-il extrêmement dangereux. Je l'ai détrompée aussitôt. Pas du tout cela. Mon grief était tout bonnement : insuffisance de caresses avec la langue. Je lui dis qu'elle m'a traité, la dernière fois, pour mon goût à faire ces caresses de faire le chien..."Eh! bien toi, tu ne le fais pas assez." Elle s'est mise très volontiers à ce ton. (...)

Wednesday, March 07, 2007

Extrait 1/ Journal Particulier / Paul Léautaud

Dimanche 13 août :
A cinq heures, arrivée de M.D. avec son dîner, comme dimanche dernier. Son départ remis à demain. Naturellement, nous avons fait l'amour. J'aurais bien préféré ne pas la voir. Elle s'est dégourdie un peu quand je la baisais et que je lui demandais si ça allait : "Oui!, j'ai ta queue."

Tuesday, March 06, 2007

Paul Léautaud / Journal Particulier 1933

Le petit poème que vous avez pu lire dans le post précédent est la préface de ce livre : Le "Journal particulier - 1933"de Paul Léautaud, un livre paru bien après sa mort. Un livre très impudique. Léautaud a écrit un "journal littéraire" tout au long de sa vie, dans lequel il parlait des figures littéraires de son époque, de ses multiples chats qu'il soignait et recueillait, un journal souvent caustique, drôle, qui en fait un personnage qu'on qualifia d'égoiste, de mysogine, d'ermite clochardisant. Je vous recommande l'écoute de ses entretiens avec Robert Mallet qui m'ont personnellement rendu attachant ce personnage hors du commun.
Dans ce "Journal particulier", les pages racontent sa liaison avec sa maitresse dodue et polissonne, une femme mariée. Des pages crues dont je vous donnerai quelques extraits dans les posts suivants.

Friday, March 02, 2007

Je n'aime ni la pucelle,
(Elle est trop verte), ni celle
Qui est trop vieille aussi.
Celle qui est mon soucy,
C'est la femme déjà mûre,
La mûre est toujours meilleure.
Le raisin que je choisi
Ne soit ni vert ni moisi.

Jean-Antoine de Baïf
(1532-1589)

Sunday, February 25, 2007

Wednesday, February 21, 2007

Nouveau texte de Ann Aroïs

Avaler ce qui sort de sa bouche


Le romancier donne à voir par le trou de la serrure ce qu'on ne pourrait pas voir autrement.
Alberto Moravia

Pour écrire, il faut aimer, et pour aimer, il faut comprendre.
John Fante

Il sort de jolis mots de sa bouche. Il dit «con» pour «chatte». Il dit «tribade», «étrite», il dit «en commerce avec», il dit «ma douce», «chère Princesse», il dit «c’est admirable»., «vous êtes formidable», «quel tempérament», il dit «mamourer», «galocher», «patiner», il parle de «salope suprême», de «félicité». Elle avale tous ses mots qui sortent de sa bouche comme de douces sucreries au goût de chocolat, à l’odeur de caramel. Elle suce ses mots longuement.

Lui imagine. Il sort de sa bouche sa langue pour sucer le bonbon qu’elle lui donne en ouvrant son autre bouche. Il goûte le miel qu’elle laisse couler d’elle.

Elle ferme les yeux. Elle aime mélanger sa bouche à la sienne et avaler sa salive.

Il aime entendre sa voix. Il aime les cris qui sortent de sa bouche. Les cris de plaisir. Les cris de cristal. Des cris de jouissance qui résonnent à son oreille.

Il aime la lumière de l’imaginaire et l’ombre du secret. Il aime rêver aux mots qui sortent de sa bouche.

Lui et elle écrivent. Ils ne se connaissent pas, ne s’aiment pas, mais ils se nourrissent de ce qui sort de leur bouche, des mots qu’ils disent, pour mieux goûter le jour venu le plaisir qui viendra couler dans leur gorge.

Monday, February 19, 2007

Saturday, February 17, 2007

Texte envoyé par Pascal (2/2)

Au détour d’un chemin, suite et fin

Reprenant mes esprits et croyant au destin, je fais demi tour, accélère mon pas ou plutôt ma foulée, je pars à sa recherche. J’arrive à l’endroit de notre rencontre, je m’arrête. Quel chemin, quelle direction ? J’hésite. Je vais pour continuer quand mon regard est attiré par un mouvement en contre bas. Je descends sans bruit et je la vois. Ses habits relevés ne cachant rien de son corps, une main caressant sa poitrine, l’autre, lancée dans un plaisir solitaire.
Subjugué, je suis incapable de bouger devant ce spectacle qui me bouleverse.
Que faire ? L’interrompre au risque de tout gâcher, saisir cette opportunité pour….
Je me secoue, sans attendre plus, je m’avance sans précautions aucunes. Une brindille craque, elle ouvre les yeux, me regarde et dans son regard une invitation à la rejoindre. Je la prends dans mes bras, nos corps se serrent l’un contre l’autre, mais la suite, vous la connaissez.

Je vais enfin réaliser mon rêve.

Vécurent-ils heureux? Avec beaucoup d'enfants? Qui sait?

Wednesday, February 14, 2007

Tuesday, February 13, 2007

Monday, February 12, 2007

Saturday, February 10, 2007

Texte envoyé par Pascal (1/2)

Au détour d’un chemin,

Je l’ai rêvé, mais jamais je ne pensais que, mais au détour d’un chemin, ….
Bonjour : une bise, mes lèvres frôlent ta joue et un frisson m’envahit, nos regards se croisent, mes lèvres effleurent l’autre joue et, le long de ma colonne, une décharge électrique, puis nos lèvres se touchent suspendant tout mouvement. Nous sommes aspirés l’un vers l’autre, nos bouches s’entrouvrent, nos langues se trouvent ….
Nos regards cherchent un abri, enfin seuls.
Mes mains jouent avec tes cheveux, parcourent ton visage tandis que notre baiser se poursuit, mes mains descendent vers ton corps, mémorisant tous ce qu’elles touchent. Tes habits ne résistent pas, tes épaules, puis sous mes paumes, tes seins, tes tétons durcissent sous mes caresses. Les extrémités de mes doigts explorent ce corps, descendent vers ton ventre et je te sens te tendre. Le reste de tes habits ne fait pas obstacle longtemps, je découvre le galbe de tes hanches, ton mont de vénus disparaît sous ma main pendant que tes jambes s’écartent pour laisser apparaître une fleur encore fermée mais qui ne demande qu’à s’ouvrir. Mes lèvres prennent le relais, remontent vers ton ventre, vers tes seins qu’elles goûtent avec avidités. Tout ton corps est tendu, prêt à exploser. Mes lèvres repartent vers cette fleur qu’elles évitent pour caresser tes cuisses, tes pieds, puis, précédées de mes mains qui n’en pouvaient plus d’attendre, remontent le long de tes jambes, les parcourant toutes les deux pour ne rien en perdre. Mes mains atteignent cette fleur offerte, caressent tes lèvres qui s’écartent, trouve ce bouton qui, dès qu’elles l’effleurent, fait se tendre ton corps et couler un nectar que je m’empresse de boire, avec amour.
Je sens alors tes mains qui caressent mon corps. Je m’abandonne à ce plaisir, tes lèvres parcours mon torse, mon ventre. Le supplice est doux. Elles évitent mon sexe, embrassent mes cuisses, remontent lentement le long de ma hampe, aspire mon gland et je chavire….
Je t’arrête, car nos sexes trop longtemps absents de nos ébats, se réclament. Ma verge glisse sur tes lèvres, les écarte, te pénètre lentement, tendrement. Ton fourreau est chaud, accueillant. Tout, autour de moi, s’embrase. Je ne sens plus que nos deux corps qui se frôlent, se cherchent, le mouvement de nos corps s’accélère, nos deux êtres se rejoignent, un cri, un râle, une explosion : ensemble. Un bonheur immense m’envahit, tout mon corps me brûle. Enfin je vais pouvoir te serrer dans mes bras, sentir ton corps doux et chaud contre le mien, ne plus faire qu’un et goûter au plaisir de l’amour, mais….

Une question : tu vas bien ? Mes yeux s’ouvrent, elle me regarde avec un je ne sais quoi dans le regard, un oui machinal, un à demain rapide et la voilà qui poursuit son chemin. Je reprends le mien, marchant comme sur un nuage: une fraction de seconde et tant de bonheur.
Oserai-je lui dire un jour : je t’Aime.

Sunday, January 28, 2007

Saturday, January 27, 2007

Texte envoyé par Thierry

J'ai remis cette musique...
Celle de ces premières caresses, baisers promis, attendus, espèrés, je ne te connaissais que des mots...
impatience à croiser ce désir, traversant les paysages où tes mots s'inscrivaient sur mon portable comme autant de parfums, et de douceurs lascives.Nos attentes s'entouraient de mystère,se pouvait-il qu'ils ne se heurtent à cette inconnue?
Je t'ai vue, et ce désir s'est résolu, je n'ai pas attendu, nous nous sommes étendus, tes gestes si entreprenants, tes lèvres si caressantes, commbien de fois ont parcourus mon pénis, portés leur humidité au delà de ces espaces reconnus , tes mains écartant mes fesses pour m'offrir ce jeu inconnu.
Et de tout ce temps, de cette journée de février où frappait la pluie, j'ai parcouru de la même manière ce corps le cherchant de ma langue au plus profond...
Un jour, plus tard, sur une plage encore déserte, j'ai demandé, timidement, se pourrait-il que tu me reçoives par ce côté encore vierge de moi, tu as ri, j'ai souri comme un bonheur, une légèreté qui s'installait...

Wednesday, January 24, 2007

Thursday, January 11, 2007

Extrait du livre / Pierre Louys

Le baiser entre les jambes

Tout près du sexe qui fleurit dans les poils roses
Il est pour les amants une place à baisers.
C'est là que rêvent les visages épuisés
Et que la cuisse est tendre aux sourires moroses.

Nul duvet, si léger qu'il soit, n'y vient ravir
L'extase de la lèvre à la peau qui frissonne
Et la chair fraîche y peut lentement assouvir
Le cruel amoureux qu'un charme passionne.

Plus douce que la joue et pure que les seins.
La cuisse est là si blanche au milieu des coussins
Que la bouche y promène en souriant sa grâce.

Et cherche à ranimer sous les baisers voilés
La trace et le parfum des spermes écoulés
Sur le grain d'une peau voluptueuse et grasse.

6 février 1891

Sunday, January 07, 2007

Photo extraite du livre


Les photos du livre de Pierre Louys sont toutes du début du siècle, je vous en donne un aperçu ici (mais j'ai choisi les moins pornographiques... je vous laisse le soin de découvrir par vous-même dans le livre les parties de jambes en l'air en couples, à plusieurs, entre filles, etc... accompagnées des succulents poèmes)

Thursday, January 04, 2007

Extrait du livre

La femme qui se caresse

Couchée à travers le divan, les pieds par terre
Et sa touffe de poils bouffant en flots légers
Elle caresse avec ses gestes allongés
Son corps chaud que nul vin viril ne désaltère.

Elle s'aime, occupée à d'éternels loisirs
A l'ombre des tentures et des palmes vertes.
Ses doigts efféminés par les mauvais désirs
Rôdent luxurieux autour des chairs ouvertes

Ils savent, en errant sur le ventre, creuser
Dans la peau la marque amoureuse d'un baiser
Qu'aurait donné la bouche idéale d'un homme.

Ils savent effleurer les hanches doucement
Et mouler à la peau des seins leurs palmes, comme
Un corps souple de femme sur un corps d'amant.

Pierre Louys - 17 avril 1891

Sunday, December 31, 2006

Il y a un an...

Il y a un an, je commençais ce blog.
J'y ai mis en ligne dix textes.
Vous avez contribué au blog en m'envoyant des textes.
Je vous y ai montré des photos coquines.
Je vous y ai parlé de livres.
Vous m'avez trouvée ici ou là.
Je ne vous connais pas, vous qui me lisez.
Mais j'aime savoir que vous m'observez par le petit trou de la serrure de ce blog.

Wednesday, December 27, 2006

En attendant l'année prochaine


En attendant l'année prochaine, changeons d'époque...

Tuesday, December 26, 2006

Monday, December 25, 2006

Joyeux Noël

"L'excitation est le fondement de l'érotisme, son énigme la plus profonde, son mot-clé."
Milan Kundera

Saturday, December 23, 2006

Texte de Patrick

Les persiennes laissent filtrer un rayon de lumière qui réveille doucement la chambre.

Je suis assis et je te regarde.

J'ai tellement attendu. Tellement. Tellement...!
Il est parfois de ces instants que l'on ne se croyait plus être autorisé à vivre, qui font presque peur. Où douceur et tendresse osent enfin percer au-delà des trahisons et des frustrations accumulées.
Comment retenir et préserver ces moments ?
"En les chérissant dans son coeur et son esprit à jamais", m'as tu répondu.
Comme je te chéris maintenant, en te câlinant du regard.
Comme je te chérissais, cette nuit lorsque ton corps se cambrait sous mes étreintes.
Lorsque ton regard bleu, tellement profond et intense qu'il en est parfois cruel, paraissait enfin apprivoisé.
Lorsque ton coeur s'ouvrait sans pudeur, me suppliant de m'y engouffrer et d'y déverser des torrents de tendresse.
Lorsque ta bouche se laissait aller au delà des limites de la convenance et me criait les mots qu'on ne maîtrise pas.
Lorsque tes cris de plaisir, mon Amour, se confondaient avec mes élans saccadés.
Lorsqu'enfin, abandonnés, vaincus, lovés sensuellement l'un dans l'autre, incroyablement légers mais terriblement forts, nous nous laissions portés vers des Terres inconnues...

Je suis assis et je te regarde.

Ton corps alangui, apaisée, offert m'autorise t-il une confidence ?
Je voudrais tant pouvoir te dire que je t'aime sans que ces mots ne soient teintés d'interrogations et de doutes mais plutot d'espoir et de plaisir.

Je te regarde.

Le drap recouvre ton intimité... Comme je lui en veux !
Je m'approche. Plus près. Je sens ton souffle. Tes yeux s'éclairent... Tu ne dors pas...

Tuesday, December 19, 2006

Monday, December 18, 2006

Fétichisme

Un homme ici m'a dit être fétichiste du pied de la femme...
Quelqu'un m'a demandé si j'étais fétichiste d'une partie du corps d'un homme...
Le torse.
Le torse masculin s'il n'est pas imberbe est pour moi source de plaisir intime uniquement à la vision de celui-ci.
Le torse de Sergi Lopez, le torse de mon amant actuel...
Il y a quelques années, voir l'affiche du torse de l'homme qui illustrait un parfum d'Yves saint-Laurent me faisait mouiller instantanément.

Saturday, December 16, 2006

Une liaison pornographique


Un homme et une femme se rencontrent, par annonces interposées, dans le but d'assouvir un fantasme sexuel commun. Ils se voient une fois par semaine dans un hôtel où, à l'abri des regards, ils font "ça", mais aussi, se parlent, boivent des verres, mangent, s'apprécient et se lient petit à petit. Bientôt, l'un d'eux proposera de faire l'amour "normalement"...

à voir en film... (voir ici un extrait)

à lire en pièce de théâtre...

à vivre en réalité...

Friday, December 15, 2006

Thursday, December 14, 2006

Autre texte de Claude

Claude est un lecteur du blog. C'est le second texte qu'il m'envoie et que j'ai décidé de publier ici.

A l'âge de quatorze ans, je me masturbais chaque soir. J'éteignais la lumière et me cachais sous la couverture. Comme Nougaro, je me faisais mon cinéma. Et si Bardot était déjà, hélas, partie en vacances, j'avais tout de même de quoi satisfaire des rêves, à ma portée. Pour les jours de semaine, ma prof' d'anglais satisfaisait tout mes désirs. C'était une belle quadragénaire aux cheveux bruns bouclés, fine et élégante, toujours court vêtue. Le soir, le souvenir fugace de la bretelle de son soutien-gorge et de ses longues jambes gainées de nylon noir m'émouvait bien plus que les verbes irréguliers dont elle nous avait soûlés. Elle avait le tort de monter, devant nous, l'escalier qui menait à sa classe, et nous laissait ainsi entrevoir les dentelles intimes qui nous bouleversaient tant, mes camarades de classe et moi-même. La nuit venue, je me branlais avec l'ardeur de mes quatorze ans et j'en négligeais mes devoirs scolaires. C'était mon amante de semaine.
Le samedi soir, passait un feuilleton, « L'âge heureux ». Les jeunes danseuses en tutu enflammaient ma virilité qui ne demandait qu'à s'exprimer. Je bandais au spectacle fugace des entre-jambes de ces nubiles beautés. Ma main n'avait que l'embarras du choix pour me faire jouir.
Mais le paradis, c'était le dimanche. Ma mère recevait son amie, une plantureuse Lorraine blonde invariablement vêtue d'un chemisier moulant et d'une robe plissée, très au-dessus du genoux. Elle chaussait admirablement des escarpins blancs à talons aiguille. Sa poitrine opulente, ses jambes musculeuses et sa peau laiteuse en faisait ma maîtresse idéale pour le dimanche. Et pendant que son mari et elle jouaient aux cartes avec mes géniteurs, je me réfugiais dans ma chambre, afin que ma main puisse lui rendre l'hommage solitaire qu'elle méritait...

Tuesday, December 12, 2006

Monday, December 11, 2006

Plaisirs solitaires (9/9) / fin

Un moment de partage absolu, intime et tendre : me blottir contre lui, son bras m’entourant, son torse près de moi, son visage près du mien et me caresser. Le faire entrer dans mon plaisir sans qu’il me touche.

Le plaisir unique : qu’il se caresse devant moi et fantasme devant moi comme s’il était seul. Voir sa main branler son sexe tendu. Le voir jouir. Ne rien dire.

Le regarder.
Le ressentir.

Etre avec lui dans son plaisir solitaire.

Faire de son plaisir solitaire mon propre plaisir.
Etre sa main, être dans sa chair, être dans son sexe.

Plus tard en me caressant
Penser à lui en l’imaginant se caresser pendant qu’il pense à moi.

Sunday, December 10, 2006

Plaisirs solitaires (8/9)

Lorsque j’eus envie de tenter quelques expériences au téléphone rose, presque tous les hommes me demandaient comment je me caressais, de décrire mes gestes. Ils se caressaient en même temps. Avec certains, je suis allée jusqu’à le faire réellement, simplement parce que leur voix m’excitait, ou que j’avais envie de donner à leur excitation un cran supérieur. Les rôles étaient alors inversés. Ils me parlaient, créaient mon excitation. Je m’allongeais, tenant le téléphone d’une main et me masturbant de l’autre. Plongée dans mon plaisir, je ne pouvais répondre à leurs questions incessantes sur le détail de ce que je faisais. Mais mes gémissements et mon souffle court les excitait.

Me caresser devant mes amants devint peu à peu un plaisir.

Me caresser cuisses écartées, leur exposer mon intimité et ma jouissance. Me caresser avec un morceau de drap, leur montrer. Leur montrer comment me faire jouir avec leurs doigts. La plupart des hommes me doigtaient mais ne savaient pas vraiment me caresser tel que moi je le désirais.

Leur montrer que j’aime avoir les lèvres très ouvertes, me caresser de bas en haut, frotter doucement le clitoris avec le drap puis prendre le temps de caresser mes petites lèvres et mon clitoris. Le faire doucement d’abord puis intensifier les gestes. Le plaisir de crier devant eux. Un cri presque plus intense que lorsqu’ils me faisaient l’amour.

Saturday, December 09, 2006

Plaisirs solitaires (7/9)

Certaines images de films pornographiques ont été très souvent matière à quelques moments de jouissance solitaires. J’aimais l’actrice Tracy Lord que je trouvais particulièrement excitante. Ce n’est pas tant les acteurs qui m’excitaient que la façon dont les actrices étaient prises et jouissaient. Je m’imaginais à leur place tout en me caressant.

Je travaillais à Paris. je prenais le bus. Je fantasmais sur un homme que j’apercevais dans le bus chaque matin à l’arrêt du Louvre. Un jour où l’envie de lui était très forte, il m’a suffit de penser à lui, de serrer les cuisses et je sentais les contractions très fortes de ma chatte, assise dans le bus. Je pensais à son sexe dont j’imaginais la forme. Je regardais ses mains et les imaginais sur moi. La pensée de cet homme me procurait des spasmes qui me firent jouir sans même toucher mon sexe.

Entre femmes, nous parlions très facilement de nos relations sexuelles avec nos amants, de leur façon d’être au lit, de nos attentes, mais nous n’évoquions jamais la façon dont nous nous donnions du plaisir seules.

Friday, December 08, 2006

Plaisirs solitaires (6/9)

Durant les périodes où je vécus seule, je me caressais souvent le soir dans mon lit. Quelquefois, aussi, le matin. Dans l’un des appartements où je vécus, j’entendais le couple de l’appartement du dessus faire l’amour . Cela m’excitait profondément. Je ne pouvais m’empêcher de me caresser intensément, au rythme de la montée de ses cris à elle.

Durant cette période sans amant, l’envie intenable d’être pénétrée me pris. Je ne parvenais plus à lutter contre cette envie d’être remplie d’un membre dur et large.

L’idée me vint en épluchant des légumes. Je pris une courgette, que j’épluchais, puis sculptais grossièrement de la forme d’un sexe d’homme. J’enfilais un préservatif et me pénétrais. Le besoin irrésistible de sentir mes lèvres serrer ce qui me remplissait était trop fort pour que seuls mes doigts suffisent. L’envie était si grande que je jouis très vite.

Mon premier gode était destiné à mon propre plaisir et à celui de mon amant. Un jeu qui nous permettait de varier les expériences ensemble. Je préférais la plupart du temps à la pénétration avec le gode frotter mon clitoris avec l’objet vibrant. J’achetais plus tard un gode réaliste. Voir cette forme de sexe d’homme dans ma main et l’asservir à mon plaisir m’excitait énormément. Cela excitait aussi mon partenaire de me pénétrer avec celui-ci, avant de le retirer pour prendre sa place. L’excitation aussi pour lui que je me serve de ce sexe en latex devant lui. Son excitation de me regarder me faire jouir avec un autre sexe que le sien. Imaginer lui et moi que c’est un autre homme.

Thursday, December 07, 2006

Plaisirs solitaires (5/9)

Dans notre famille, le sexe féminin était appelé quat’sous. Un jour je voulus voir à quoi ressemblait ce quat’sous. Un après-midi où j’étais seule dans la maison, je m’installais dans un fauteuil. Face au miroir de l’armoire, mes jambes posées sur l’accoudoir du fauteuil, j’examinais précisément cette intime anatomie. Mes doigts écartaient mes grandes lèvres, me laissant voir la forme de mes petites lèvres rouges jusqu’à l’entrée du vagin et mon clitoris.

Les gémissements que me procuraient mes caresses s’amplifiaient à mesure du temps. Lorsque je n’étais pas seule dans une maison, je mordais le drap ou le coussin posé sur moi tandis que les spasmes de mon sexe se faisaient de plus en plus forts et de plus en plus rapides.

Wednesday, December 06, 2006

Plaisirs solitaires (4/9)

Je me caressais dans différentes pièces. Souvent sous les draps de mon lit, sur le couvre-lit de celui de mes parents, le lit de la chambre d’amis, la salle de bains et plus particulièrement la baignoire. J’aimais rester longtemps dans mon bain, couverte de mousse, caresser mon sexe ouvert avec le jet d’eau de la pomme de douche.

Aujourd’hui encore, alors que j’ai quarante ans, j’aime me donner du plaisir avec le jet doux, debout ou assise sur le bord de la baignoire, les jambes écartées. Je me souviens d’une scène d’un film pornographique où l’actrice avait cette même position. Je savais ce qu’elle pouvait ressentir, partager avec elle derrière l’écran ce plaisir. J’aime encore cette sensation lorsque mon amant caresse mon sexe trempé sous l’eau qui coule de la douche.

Chez mes grands-parents, lors de vacances, je me souviens m’être caressée allongée à même le sol de la salle de bain carrelée de blanc. Mais je n’aimais rien tant qu’occuper une des chambres d’amis, celle dont la salle de bains attenante avait une immense baignoire ronde à laquelle on accédait après avoir monté deux petites marches recouvertes de moquette couleur fuschia. Une grande fenêtre donnait sur le parc. Je me caressais longuement avec le gant doux et humide. J’aurais aimé faire l’amour dans cet endroit.

Des années après, de luxueuses chambres de grands hôtels où je faisais l’amour avec mes amants devinrent le lieu de substitution de ce fantasme.

Ma grand-mère recevait le catalogue Neckerman. Je me souviens particulièrement des pages de lingerie très coquine, très subversives au regard de celles d’autres catalogues de ventes par correspondance. Les modèles posaient dans des sous-vêtements de dentelle rouge et noir qui laissaient apparaître la moitié de leurs seins. Ces images alimentaient mon fantasme de prostituée.

Un fantasme absolu lorsque j’ai lu plus tard Belle de jour de Luis Bunel et vu le film. Un fantasme réalisé ensuite en me glissant dans le fantasme d’hommes inconnus au téléphone rose…

Tuesday, December 05, 2006

Plaisirs solitaires (3/9)

Entre 17 et 18 ans, mes rêves étaient de moins en moins chastes. Je m’imaginais souvent en prostituée, soumise au désir des hommes.

Je volais un jour une combinaison en nylon que ma mère avait dû porter quelques années auparavant. Elle était d’une couleur vert jade et avait des bretelles très fines. L’ourlet et le décolleté étaient ornementés de dentelle. Je cachais la combinaison dans mon placard. Il me plaisait de la porter pour me caresser. J’aimais particulièrement être allongée sur mon lit, les jambes relevées, les pieds posés sur les barreaux du lit. Je me caressais ainsi . La sensation du tissu en nylon frottant sur mes petites lèvres me faisait jouir intensément. Il m’arrivait également de le faire dans la chambre d’amis située au deuxième étage de la maison, où j’étais certaine de n’être pas dérangée. Je me souviens du couvre-lit jaune citron en nylon. Je me regardais debout dans cette nuisette dans le grand miroir de la vieille armoire qui était près d’un lit cossu des années vingt.

Un feuilleton intitulé Le jeune homme vert passait à la télévision à cette époque. Je me souviens particulièrement d’une scène à laquelle je repensais beaucoup lorsque je me caressais. Le jeune homme vert faisait l’amour à une femme dans les escaliers de la maison. Allongés, les corps sur les marches, elle se tenait aux barreaux de la rampe pendant qu’il la prenait intensément.

Les hommes qui me faisaient fantasmer dans mon entourage devenaient les héros d ‘un scénario imaginaire auquel je pensais les yeux fermés en caressant ma chatte avec le drap. Mon professeur de français aux montures de lunettes noires, le mécanicien du garage en face de la maison étaient les hommes le plus souvent mis en scène.

Monday, December 04, 2006

Plaisirs solitaires (2/9)

Je ne me caresse jamais avec les doigts.

Je crois me souvenir que c’est à l’âge de quatorze ans que je me suis caressée pour la première fois. Déjà à cette époque, c’est le contact d’un tissu sur mon clitoris, entre mes lèvres ouvertes qui déclenchait mon plaisir.
Je m’allongeais à plat ventre sur le couvre-lit en fausse fourrure du lit de mes parents. La sensation était douce mais elle était plus intense encore lorsqu’un jour je découvris ce qui me fit vraiment jouir pour la première fois. Je prenais un oreiller, et le posais sous mon ventre. Les lèvres ouvertes, je frottais mon clitoris sur le coin de la taie d’oreiller ce qui me fit jouir. Une vague de plaisir me traversa le corps. Une sensation dont je me souviens encore.

Plus tard, je trouvais une autre façon de jouir. Je me souviens précisément du jour où j’ai utilisé ce nouveau moyen. J’étais debout derrière le bar du salon de notre grande maison. Mes premières pensées érotiques où je m’imaginais avec un homme viennent de l’Almanach Vermot que mon père recevait chaque année en cadeau de Nouvel An. Je me souviens particulièrement d’un dessin qui montrait une femme nue aux seins pointus qui s’enfermait avec son professeur de biologie dans une salle de la faculté. Le doyen de l’université tapait à la porte et la jeune femme répondait qu’elle révisait ses cours d’éducation sexuelle. Un souvenir dont la teneur érotique me surprend aujourd’hui mais qui fut source de nombreux moments de jouissance pour moi. Debout, j’otais ma culotte, la prenait dans ma main puis la passait sur les lèvres de mon sexe entrouvert.

Puis ce furent quelques lignes de L’étranger de Camus et plusieurs pages de J’irai cracher sur vos tombes de Boris Vian qui suscitèrent ma jouissance solitaire. Dans mon lit, je caressais avec le drap mon sexe ouvert en lisant les pages cornées.

Sunday, December 03, 2006

Plaisirs solitaires (1/9)

Plaisirs Solitaires
Souvenirs et petites confidences....

Se masturber : se livrer à la masturbation par soi-même
Masturber : Procurer le plaisir sexuel par l’excitation manuelle des parties génitales.
(définition du Petit Larousse)



Un nouveau texte de Ann Arois (à suivre à partir de demain, durant 9 jours...)

Saturday, December 02, 2006

Texte de Claude

Dans cette chambre...
Dehors, le vent rugit. Le froid est intense. Dans la chambre, les ombres dansent au rythme des flammes de l'âtre. Elle est simplement vêtue d'une chemise d'homme. Assise sur le lit, les jambes croisées, elle peigne ses cheveux avec grâce. Ses bras levés soulèvent l'étoffe, qui découvre largement le ventre bombé et la toison prometteuse.
Il achève de se déshabiller. L'amant sent, une fois de plus, son désir l'envahir et le dépasser. A genoux sur la couche, il baise la nuque de la belle, s'empare du peigne et ôte la chemise avec lenteur. L'amante est nue, maintenant, les seins gonflés par l'attente. Le rythme de son coeur s'accélère. Elle ose enfin regarder l'homme dont le désir est évident. Il contemple le corps convoité. Ils ont si faim l'un de l'autre!
Elle s'allonge sur le ventre, la croupe offerte. Il s'insère délicatement en elle. Elle sent l'avidité qui frappe timidement à la porte humide puis envahit son corps avec fébrilité. Celui-ci frémit, ondule, puis se cabre. La douceur cède la place à l'exigence. Ce qui était une douce joute devient une lutte âpre. Avant de se fondre, il faut bien que les désirs se confrontent. Les corps se heurtent, bataillent, se couvrent d'une sueur odorante. Puis, les yeux de l'amante se voilent de plaisir. L'amant halète, gémit puis crie dans la jouissance qui l'anéantit. Il choit sur sa maîtresse qui jouit à son tour. En un dernier spasme, elle se tourne vers cet homme qui l'aime tant. Il la pénètre à nouveau et l'embrasse à pleine bouche. Langues mêlées, ventre collés, sexes soudés. Elle l'étreint de toute la force de ses cuisses. Puis, c'est la détente. Soudaine. Elle l'a enfin soumis. Maintenant, elle l'apaise. Maintenant, elle le berce.
Il pose la tête sur les seins de sa jeune maîtresse. Elle caresse les cheveux gris de son amant, lui murmure son amour. Il s'endort, serein, heureux. Elle s'endort, repue, femme.
Le froid reste à la porte de la maison. La nuit a étendu son grand manteau noir. Ils dorment profondément.

(Merci à Claude (de sexe masculin) pour ce texte qui m'a beaucoup excitée personnellement...)

Wednesday, November 29, 2006

Ce n'est pas une femme, c'est une apparition

Je me souviens de cette phrase dans "Baisers Volés" de Truffaut, où Antoine Doinel dit "Ce n'est pas une femme, c'est une apparition". Cette femme est jouée par Delphine Seyrig.
Je me souviens de ce monologue dit avec son timbre de voix si particulier et qui raisonne encore à mon oreille :
"Un jour, au collège, notre professeur nous expliqua la différence entre le tact et la politesse.
Un monsieur rentre dans une pièce sans frapper et par inadvertance aperçoit une jeune femme nue dans son bain. Il recule, dit "Oh pardon, excusez-moi Madame" et referme la porte:
ça c'est la politesse.
Le même monsieur rentre dans une pièce sans frapper et aperçoit la jeune femme nue dans son bain. Il recule, dit "Oh pardon, excusez-moi Monsieur" et referme la porte :
ça c'est le tact.

Sunday, November 26, 2006

Saturday, November 25, 2006

Sous le noir

« L’œuvre vit du regard qu’on lui porte. Elle ne se limite ni à ce qu’elle est ni à celui qui l’a produite, elle est faite aussi de celui qui la regarde. Ma peinture est un espace de questionnement et de méditation où les sens qu’on lui prête peuvent venir se faire et se défaire ».

Pierre Soulages

Elle ressemble à une peinture de Pierre Soulages. Elle est une femme Outrenoir.
Toute habillée de noir, elle reflète la lumière. Elle n’est pas seulement cette masse noire. Elle est celle dont on voudrait aller voir sous le noir. Suivre du regard sa jambe sous son bas noir, soulever sa jupe de soie noire, apercevoir la dentelle noire sur sa cuisse blanche. L’envie de passer ma main sous le tissu noir d’un dessous qui me laissera avancer vers la bouche d’ombre sous le triangle noir. J’imagine d’obscures profondeurs où mon sexe s’engloutira.
Je peux percevoir les différentes masses de son corps sous le tissu noir. La forme de ses seins sous son pull noir me laisse entrevoir de doux monts où ma main se perdra, où mon sexe se serrera.
Son ventre modelé sous le noir. Son ventre d’outremangeuse.
Tout est matière chez elle. Tout semble appeler le toucher.
Je rêve de creuser de larges sillons dans son dos, avec de larges pinceaux brosses. Des stries. Les plis de son corps comme des ruptures, des silences.
Découvrir son corps comme entrer dans la lumière du noir, au plus profond d’elle.
Passer ma main dans ses cheveux noirs, ôter sa bague remplie d’encre noire qu’elle porte toujours au doigt. Boire l’encre de son corps, l’entendre encore dire « non je n’ai jamais vu The Pillow Book ». Etre Peter Greenway. Etre Pierre Soulages. Etre celui qui la révèle et la déshabille. Entrer dans le secret de cette femme en noir. Comme Pierre Soulages, « aimer l’autorité du noir ». Pour aller mieux voir sous le noir. La peau sous la matière. Le blanc de sa peau sous le noir. La remplir d’un blanc laiteux. Les baisers sous la bouche. Les cris sous le plaisir. Les cris que je ne connais pas. Elle est tout à la fois cette femme Outrenoir et cette femme qui me regarde dans le tableau d’Alfred Agache.

L’énigme.

(Texte de Ann Arois / novembre 2006)


Saturday, September 23, 2006

Monday, September 18, 2006

Comme un serpent

Nouveau texte de Ann Arois...

Comme un serpent

Pour X.

Il glisse son corps sur elle. Elle sent sa bouche effleurer ses pieds, ses jambes, son torse avancer sur ses cuisses. Ses mains se faufilent sur son ventre. Son crâne se love entre ses seins, et les lèvres goûtent son cou. Elle enroule ses bras autour de son dos. Elle aime caresser la peau de son corps, sentir les mouvements de son corps qui ondule sur le sien. Elle a le sentiment que chaque pore de sa peau adhère à chaque pore du sien. Il coule sur elle, explore chacun de ses sens. Il respire son souffle, écoute sa peau, sent chaque frémissement, voit chaque signe de plaisir. Chaque effleurement la pénètre. Elle sent sa chaleur traverser sa peau. Elle remonte ses mains depuis le bas de son dos vers ses épaules, s’accrochant à chaque grain de beauté comme une respiration vers une ascension qu’elle retient encore. Il est le serpent dans le Jardin d’Eden qui tente Eve et l’emmène sur des chemins qu’elle ne connait pas encore. Comme un serpent, son corps ne semble avoir ni commencement, ni fin.
Comme un serpent, sa peau est lisse. Comme un serpent, son corps ondule et semble s’enrouler sur son corps à elle. Comme d’autres serpents, ses bras, ses mains glissent sur elle. Lorsqu’il passe ses mains sous sa taille et la soulève, puis la serre, elle se sent prise, étouffée déjà de ce qu’elle redoute et attend tout à la fois. La petite mort. Le plaisir d ‘un venin qu’elle ne pourra pas contrôler.
C’est elle qui maintenant enroule ses jambes autour de sa taille. Et puis surgit comme un phantasme palpable, ce qu’elle attend, ce qu’elle sent rentrer en elle, avancer lentement dans le monde du dessous, la bouche d’ombre. Elle sent son corps se détacher du sien et les ondulations se déplacer au plus profond d’elle-même. Ce qui la remplit bouge et ondule comme un serpent dans son ventre. Il l’envahit et c’est dans un souffle qu’il l’envenime, crachant la mort et la vie, avant de retourner à l’invisible. Elle l’étreint, ouvre sa bouche et laisse entrer la langue de celui dont elle veut encore la morsure.


Sunday, September 17, 2006

Ann Arois Mea Culpa

Il y a quelques mois je proposais aux lecteurs de ce blog de me proposer des thèmes afin d'écrire un texte érotique court autour du sujet donné... Je fais le point et j'avoue que je n'ai pas encore écrit les textes (certains sont en cours) à partir de vos sujets suivants :
- 18h au bureau (elle et moi). Elle fait tomber par maladresse sa pile de dossiers...

- sexe dans la nature (balade, corps salés par la sueur, solitude mais pas vraiment, la nature inquiétante, silencieuse et bruyante), lieu : un pré, des insectes qui piquent la peau, l'herbe fraîche et douce...

- la nuit, yeux bandés, endroit inconnu, des mains me touchent...

- un homme attaché et baillonné assiste à une scène des plus érotiques sans rien pouvoir faire...

- elle s'endort...

- les pieds...

- refuge de haute montagne, ma douce et moi, plus un autre couple dans un dortoir qui n'offre à peu près pas d'intimité. Et pourtant le désir se fait plus fort...

Beaucoup de travail pour Ann Arois qui fait son mea culpa mais qui vous promet de répondre.
Demain, en ligne, un texte nouveau mais sans aucun rapport avec ces sujets...

Thursday, September 07, 2006

Monday, September 04, 2006

Extrait

(...) Il entra dans la cabane et en ressortit avec des draps dont il me fit une sorte de haïk. Il me plaça contre une caisse de bois, fit prendre à mon corps et à mes mains la pose qu'il souhaitait et se mit aussitôt à faire une esquisse. Il faisait une chaleur torride. Les draps me donnaient chaud, et la pose était si décontractée que je m'endormis pour de bon. Je ne sais pas combien de temps j'ai dormi. Je me sentais pleine de langueur, comme irréelle. Soudain, je sentis une main douce entre mes jambes, très douce, et qui me caressait si légèrement que je dus m'éveiller pour m'assurer qu'elle m'avait réellement touchée. Reynolds était penché au-dessus de moi avec une expression d'une telle douceur que je ne bougeai pas. Ses yeux étaient tendres, ses lèvres entrouvertes.
"Rien qu'une caresse, dit-il, juste une caresse."
Je restai immobile. Je n'avais jamais rien senti d'aussi doux que cette main qui me caressait délicatement, très délicatement entre les cuisses, sans toucher mon sexe, effleurant parfois la toison. Puis cette main se glissa un peu plus bas, tout près du sexe. Je perdais toute défense et retenue. Il se pencha sur moi et posa ses lèvres sur les miennes, les caressant doucement jusqu'à ce qu'elles répondent; ce ne fut qu'alors qu'il osa toucher le bout de ma langue avec la sienne. Sa main continuait d'explorer, de me toucher doucement - cruelle tentation. J'étais mouillée et je savais que, si jamais il déplaçait à peine ses doigts, il le sentirait. La langueur gagna tout mon corps. Chaque fois que sa langue touchait la mienne, j'avais l'impression qu'une seconde langue, plus petite, vivait à l'intérieur de moi, qui désirait aussi être touchée. Sa main se promenait doucement sur mon sexe, puis sur mes fesses : on aurait dit qu'à chacun de ses mouvements mon sang se réveillait pour la suivre partout. Ses doigts s'arrêtèrent doucement sur le clitoris, puis écartèrent légèrement les lèvres jusqu'à la vulve. Il sentit qu'elle était humide. Il toucha ce miel avec délices, continuant à m'embrasser : il était maintenant allongé sur moi. Je ne fis aucun geste. La chaleur, l'odeur des plantes tout autour, sa bouche sur la mienne agissaient sur moi comme une drogue.
"Rien qu'une caresse", répétait-il tout bas, tandis que son doigt caressait mon clitoris jusqu'à ce qu'il gonfle et qu'il durcisse. Puis j'eus l'impression qu'une graine libérait en moi sa semence, me faisait palpiter de joie sous ses doigts. Je lui donnai un baiser de gratitude. Il souriait. Il me dit :
"Veux-tu me caresser ?"
Je fis signe que oui, mais je ne savais pas ce qu'il attendait de moi. Il déboutonna son pantalon et je vis son sexe. Je le pris entre les mains. "Serre plus fort", me dit-il. Il vit alors que je ne savais pas comment m'y prendre. Il me prit la main et la guida. La petite écume blanche coula sur mes doigts. Il se couvrit. Il m'embrassa avec la même gratitude que celle que je lui avais montrée après mon plaisir. Il me dit : "Sais-tu qu'un Hindou fait l'amour à sa femme pendant dix jours avant de la prendre ? Pendant dix jours, ce ne sont que baisers et caresses". (...)