Monday, September 06, 2010

Saturday, August 14, 2010

Sunday, July 04, 2010

Saturday, June 26, 2010

Friday, June 25, 2010

Extrait

"Votre dernier récit m'a complètement fait fantasmer, lui avoua t'il quelques jours plus tard.
- à cause de ma violence ?
- pas seulement. Je vous ai trouvée vraiment gonflée d'oser dire à un homme que vous connaissez à peine que vous aviez envie de lui. J'adorerais qu'une fille me fasse cela.
- vous n'êtes pas le seul, mais il y en a aussi qui détestent. Un jour, l'un d'eux m'a lancé, très déçu : "mais enfin, si vous cédez tout de suite, s'il n'y a pas le plaisir de la conquête, où est le plaisir ?"
- que lui avez vous répondu ?
- je lui ais susurré avec une voix d'hôtesse de l'air : "le plaisir ? mais dans le plaisir, tout simplement. Le fait que je vous dise "oui" ne suffit pas à vous consacrer bon amant". Moyennant quoi j'ai eu droit à un catalogue exhaustif des caresses, préliminaires et gâteries censés faire chavirer les dames. Le malheureux avait dû lire tous les manuels de sexologie du monde, il s'est appliqué comme un élève passant le grand oral de l'Ena... mais aussi peu excitant ! J'en garde un souvenir amusé, mais pas une once d'émotion.
- comment font ils ceux qui vous émeuvent ?"
Au moment où il prononça cette phrase, David fut surpris de sentir son coeur battre très fort. Ce trouble avait quelque chose d'incongru, pour une question si banale. Il posa la main entre ses cuisses. Il bandait, et il sut que, depuis le premier jour, toutes leurs conversations convergeraient vers cette question. Il se demande si Elle allait lui répondre. Si Elle y consentait, il aurait l'impression de pousser la porte d'un château-fort et de découvrir, derrière les murs apparemment inébranlables, la fragilité des herbes légères poussant entre les pierres.
Elle se souvint d'un après-midi d'été dans une chambre d'hôtel. Depuis plusieurs semaines, elle rencontrait un homme qui lui plaisait, et tous deux parlaient, se regardaient, s'effleuraient parfois du bout des doigts et des lèvres, sans rien de plus. Elle murmura un jour à son oreille : "J'ai envie de vous"". Il la serra contre lui, glissa : "Moi aussi, j'ai envie", et puis ce fut tout. Elle était boulversée de sa réserve, de cette distance qu'Elle ne comprenait pas puisqu'il savait qu'Elle le désirait. Elle résolut de brusquer les choses, non pas pour le brusquer, mais pour se délivrer de son désarroi.
(...)
Elle lui livra sans hésiter son visage enfoui dans l'oreiller, ses doigts crispés sur le drap, ses cuisses écartées et ses fesses sans défense, son total abandon. Elle sentit une main passer sous son ventre, l'autre glisser entre ses cuisses et toutes deux se rencontrer après un savant cheminement au plus profond d'Elle-même. Lorsqu'enfin il la pénétra, Elle jouissait d'un désir de lui si dévastateur qu'il lui sembla ce jour-là faire l'amour pour la première fois.

Thursday, June 24, 2010

Tuesday, June 22, 2010

Texte envoyé par Pierre

Se taire et écouter
Observer et attendre
Rêver
La nuit s'étend et je m'allonge
Une étoile brille et je rêve à toi
Mon crayon se perd
Tout est permis
Vive la vie
Sans limite
Fragrances entêtantes
Caresses envoûtantes
Un jour je te dirai
Tout ce que la nuit m'a dit
Et tu rougiras que la nuit existe.

Sunday, June 20, 2010

Friday, June 18, 2010

Extrait

Lui aussi avait dénudé le devant de son corps, et elle sentit le contact de sa peau nue quand il entra en elle. Pendant un moment, il demeura immobile, turgide et palpitant. Alors, comme il commençait à bouger dans l’orgasme soudain où elle s’abandonnait, de nouveaux frissons s’éveillèrent en elle […]. Elle s’attachait à lui, perdue dans une passion inconsciente, et il ne glissa pas tout à fait hors d’elle, et elle sentit le mâle bourgeon de chair frémir doucement en elle, et d’étranges rythmes monter en un étrange mouvement rythmique, s’étendre et se gonfler jusqu’à remplir tout le vide béant de sa conscience et alors recommença l’ineffable mouvement qui n’était pas vraiment un mouvement, mais de purs, de profonds tourbillons de sensation.

Extrait de "L'amant de Lady Chatterley" de D.H.Lawrence

Tuesday, June 15, 2010

Friday, June 11, 2010

Lui comme aucun autre



Lui comme aucun autre



The heart asks pleasure first.


Michael Nyman for "La leçon de piano"




Lui la fait jouir comme aucun autre.

Elle le désire lui comme aucun autre.

Il a envie d’elle comme aucune autre.


Au commencement, ses mots.

Ses mots d’abord.

Les mots posés par lui sur la feuille blanche.

Les mots qu’elle a lu de lui.

Les confidences.

Lui qui dit être la passion sous la raison

Elle qui le laisse entrer comme aucun autre.


De plus en plus les mots.

Les flots de mots.

Une vague comme aucune autre.

La vague qui rentre en soi

Les mots qu’il laisse couler de lui

Les mots qu’elle laisse entrer en elle


Les mots qui viennent sous la peau

Le désir qui vient comme aucun autre

Le plaisir des mots

Des mots du désir


Puis la voix

La voix qui transporte les mots

La voix comme aucune autre

Le corps qui mouille

Sa voix comme aucune autre


L’envie de lui comme aucun autre

L’envie d’elle comme aucune autre

Le besoin de la voix

Le désir sans cesse

L’émotion du désir comme aucune autre

Les frissons sous la peau


Lui qui jouit seul

Elle qui jouit seule

Le désir comme seule jouissance partagée

Ensemble dans le désir

Ensemble et loin

Seuls et un seul

Un seul mot

Le désir


Ne plus pouvoir se passer des mots

Ne plus pouvoir se passer de la voix


Ressentir son propre corps

Sans toucher le corps de l’autre

Jouir du corps de l’autre

Sans ressentir sa peau

Jouir pour l’autre

Comme avec aucun autre


Les mots qu’il dit une nuit

Jouis

Les mots qu’il dit comme aucun autre

Jouis ma belle

Les mots qu’elle crie

Ceux que son corps seulement sait dire

Les mots sans lettres

Les mots de la jouissance

Ceux qui ne sont pas écrits

Des mots qui ne sont comme aucun autre

Seulement des cris


L’envie

Le désir

Le plaisir

Le manque

Les mots

La voix

Le besoin de lui

Le besoin de jouir avec lui


Avec lui

Comme avec aucun autre.

Sunday, June 06, 2010

Saturday, June 05, 2010

Texte inédit de Ann Aroïs (2007)


Je suis venue te dire.

Désaimer.

Dénouer.
Défaire les liens.

Je suis venue de dire que je ne t'aime plus. Nous
nous voyons tous les jours, nous nous parlons tous
les jours mais je m'en vais, je m'éloigne de toi.

C'est de moi que je m'éloigne d'abord. De celle qui
t'a aimé. Je ne veux plus jamais me trouver face à
cette femme que j'ai été. Celle qui est la partie la
plus profonde de moi, celle qui est la part la plus
intime de moi.

Celle qui aime Madame Bovary, Adèle Hugo,
L'homme de l'Atlantique, L'agrume.

Je n'ai plus de passion pour toi.
Je n'ai plus de haine pour toi.
Et cela me fait quelquefois autant souffrir que
lorsque j'avais cela.

Je sors de l'endroit où j'avais cru avoir une place.
Je n'en avais jamais eu.

Friday, June 04, 2010

Wednesday, June 02, 2010

Tuesday, June 01, 2010

Mon rêve particulier

à Jeanne Duval


Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D'un homme inconnu, que je fais jouir, et qui me fait jouir,
Et qui n'a, chaque fois, ni tout à fait la même voix
Ni tout à fait une autre, et me désire et me comprend.

Car il me comprend, et mon sexe mouillant
Pour lui seul, cesse d'être un appel
Que je ressens seule, et les moiteurs de ma peau,
Lui seul sait les rafraîchir, en me léchant.

Est-il brun, grand ou petit ? --Je l'ignore.
Son prénom ? Je me souviens qu'il est doux et sonore
Comme celui du poète écrivant son coeur mis à nu.

Son regard est celui de l'amant qui me désire
Et pour sa voix, lointaine, calme, et douce, elle a
L'inflexion des mots de jouissance qu'il a écrit et que j'ai lu.

Sunday, May 16, 2010

Tuesday, May 11, 2010

Saturday, April 24, 2010

Sunday, April 18, 2010

Wednesday, April 14, 2010

Ann Aroïs revient avec un nouveau texte


Prélude en blanc



Regarder ses yeux quand il me regarde. Ne pas lui laisser voir que je le regarde aussi.
Parler pendant qu’il me regarde. Mais regarder ses yeux. Retenir la couleur de ses yeux.
Regarder sa bouche pendant qu’il parle. Retenir la forme de ses lèvres.
Imaginer mes lèvres sur les siennes. Imaginer le goût de ses lèvres.
Ecouter ses paroles pour ne pas lui laisser voir que c’est sa bouche que je bois.
Regarder sa main qui écrit. L’écouter me dire ce qu’il écrit.
Mais ne retenir que la forme de ses mains.
Regarder ses doigts.
Lire les pores de sa peau pendant qu’il écrit les mots.
Imaginer la douceur de ses mains.
Laisser le silence de la fin.
Lui serrer la main. Ne retenir que sa peau.
Dire les derniers mots avec douceur comme on laisse l’odeur d’un parfum.
Laisser le vide entre nos deux corps être le seul rapprochement.
Le savoir mais laisser faire. Retenir en soi les sensations qui s’échapperont.
Laisser entrer en soi l’imaginaire comme on laisse couler en soi le son d’un prélude de Bach.


Prélude en C mineur BWV 847 de Bach par Glenn Gould... à écouter...




.

Wednesday, January 13, 2010

Sunday, January 03, 2010

Nouvelle Année

En 2010, Ann Aroïs revient sur son blog...

Monday, October 19, 2009

Une suite de texte ? Une réponse de texte ?

Il existe, ce lieu
"hors du temps
hors des corps
mais avec eux
et leurs envies encore".
Les sourires s'y échangent
invisibles mais doux,
Les désirs s'y expriment
sans un mot,
entre les mots,
violents,
troublants,
à pleurer vraiment
mais à jouir également.

Wednesday, July 01, 2009

Un petit texte envoyé par un lecteur

existe t il un lieu
hors du temps
hors des corps
mais avec eux
et leurs envies encore
où se puisse lentement
s'ériger le désir
de l'autre simplement
par l'envie de jouir
d'un sourire apaisant
et chargé pourtant
de ces désirs
dont il ne faut rien dire
maintenant?

Sunday, February 15, 2009

Saturday, February 14, 2009

Dans ce train

Un joli texte sur l'amour... en ces temps de Saint-Valentin...
Un joli texte envoyé par Guillaume.

DANS CE TRAIN

Derrière ces vitres épaisses
La nuit sombre progresse
Murmure et frissonne
Sonne et fredonne
Elle me couvre
J'attrape la porte et j'ouvre
Comprimée en stick
De ses élastiques
Dévergonde en plastique
Mais quelle mouche me pique
En pick-up de laser
Je l'enlace, je la serre
Absorbées, filiformes
Toutes ces histoires m'assomment
On consomme, on prend le thé
Je bois à sa santé et...

Je chante sur son arc-en-ciel volant
Je me laisse glisser tout doucement
Et dans notre étincelle, le vent
Quel étrange sentiment

Du bout de nos caresses
La luminosité baisse
L'amour est dans ses yeux
L'amour est à nous deux
Odeur douce et prenante
Des fraises aux bois collantes
Je smell et je flaire
Je ne sais comment me taire
Puis soudain je m'étonne
La pluie douce résonne
Trois heures ce matin
Encore dans ce train
Qui me mène à elle

Friday, January 09, 2009

Sunday, December 28, 2008

Nouveau texte de Ann Aroïs


Pleurer

C'est difficile d'être laide




Pleurer.


Dire le mot pleurer. Le dire avec lenteur, laisser aller ce mot de ma bouche comme laisser aller les larmes de mes yeux.


Pleurer.


Plier sous le poids des mots. Laisser couler les larmes.


Couler sous les caresses entre les plis. Laisser aller les mots. Mouiller de ses larmes et mouiller de désir. Plier sous le poids de l’autre. Celui qui sèche les larmes. Le laisser couler en soi pour laisser place au plaisir.


Aimer ce qui mouille et ce qui coule. Aimer la langue qui mouille l’oreille. Aimer les doigts qui ouvrent les plis et laissent couler la mouille.


Le laisser poser sa langue. Le laisser boire ce qui coule.


Entendre la pluie dehors couler sur le verre.


Voir le filet transparent qui coule de lui sur mes doigts.

Me laisser le boire.


Le laisser lécher le miel entre mes cuisses.


Entendre la pluie dedans couler en moi.

Laisser pleuvoir les larmes intérieures.


Le laisser sécher le sel des larmes sur ma joue.


Laisser couler un jour les mots de ma bouche.

Les mots difficiles à dire.

Les mots qui me font pleurer en silence.


Pleurer


et


Dire


Bois les larmes de mon corps.

Monday, December 22, 2008



Je mets mon vit...


Je mets mon vit contre ta joue
le bout frôle ton oreille
lèche mes bourses lentement
ta langue est douce comme l'eau

ta langue est crue comme une bouchère
elle est rouge comme un gigot
sa pointe est un coucou criant
mon vit sanglote de salive

ton derrière est ma déesse
il s'ouvre comme ta bouche
je l'adore comme le ciel
je le vénère comme un feu

je bois dans ta déchirure
j'étale tes jambes nues
je les ouvre comme un livre
où je lis ce qui me tue.

Georges Bataille in Poèmes et nouvelles érotiques

Thursday, December 18, 2008

Sunday, December 14, 2008

Saturday, December 13, 2008

Lettre de James Joyces à Nora

2 décembre 1909
44, Fontenoy Street, Dublin

Ma chérie.
Je devrais commencer par te demander pardon, peut-être, pour la lettre extraordinaire que je t'ai écrite hier soir. Tandis que je l'écrivais, ta lettre était devant moi et mes yeux étaient fixés, comme ils le sont maintenant encore, sur un certain mot. Il y a quelque chose d'obscène et de lubrique dans l'aspect même des lettres. Sa sonorité aussi est pareille à l'acte lui-même, bref, brutal, irrésistible et satanique.
Chérie, ne t'offense pas de ce que je t'ai écrit. Tu me remercies du beau nom que je t'ai donné. Oui, ma chérie, c'est un beau nom: "Ma belle fleur sauvage des haies ! Ma fleur bleu-nuit innondée de pluie !" Tu vois que je suis encore un peu poète. Je te donne aussi un très joli livre en cadeau : et c'est le cadeau d'un poète à la femme qu'il aime. MAIS, tout à côté et à l'intérieur de cet amour spirituel que j'ai pour toi, existe aussi un désir sauvage, bestial, de chaque pouce de ton corps, de chacune de ses parties secrètes et honteuses, de chacune de ses odeurs et de ses actions.
Mon amour pour toi me permet de prier l'esprit de la beauté et de la tendresse éternelles reflété dans tes yeux ou de te jeter sous moi sur ce ventre que tu as si doux et de te baiser par derrière, comme un porc besognant une truie, me faisant gloire de la sueur empuantie qui monte de ton cul, de la honte étalée que proclament ta robe troussée et tes culottes blanches de petite fille, et de la confusion que disent assez tes joues brûlantes et tes cheveux en bataille.Il me permet d'éclater en sanglots de pitié et d'amour pour une parole à peine, de trembler d'amour pour toi en entendant tel accord ou telle cadence musicale, ou bien d'être couché avec toi tête-bêche, sentant tes doigts me caresser et me chatouiller les couilles ou fichés en moi par derrière, et tes lèvres chaudes suçant ma bite, tandis que ma tête est coincée entre tes grosses cuisses, mes mains serrant les coussins ronds de ton cul et ma langue léchant avidement dans ton con rouge et dru. Je t'ai appris à presque te pâmer en écoutant ma voix chanter ou murmurer à ton âme la passion, la peine et le mystère de la vie, et en même temps je t'ai appris à me faire des signes orduriers des lèvres et de la langue, à me provoquer par des attouchements et des bruits obscènes, et même à accomplir en ma présence l'acte corporel le plus honteux et le plus dégoûtant. Tu te souviens du jour où tu as relevé tes vêtements et m'a laissé me coucher au-dessous de toi pour te regarder en pleine action ? Tu eus honte alors de croiser seulement mon regard.
Tu es à moi, ma chérie, à moi ! Je t'aime. Tout ce que je viens d'écrire, c'est quelques instants seulement de folie bestiale. La dernière goutte de semence vient à peine de gicler dans ton con, que cette folie a pris fin, et mon amour sincère pour toi, l'amour de mes poèmes, l'amour de mes yeux pour tes yeux étranges et tentateurs, vient souffler sur mon âme comme un vent d'épices. Ma bite est encore chaude, raide, tremblante de la dernière poussée brutale qu'elle t'a donnée, que l'on entend une hymne légère monter des sombres cloîtres de mon cœur, chantant mon adoration tendre et pitoyable.
Nora ma chérie fidèle, ma petite canaille d'écolière aux yeux doux, sois ma putain, ma maîtresse, autant qu'il te plaira (ma petite maîtresse branleuse ! ma petite putain à baiser !) tu es toujours ma splendide fleur sauvage des haies, ma fleur bleu-nuit innondée de pluie.

Jim

Wednesday, December 10, 2008

Sunday, November 30, 2008

Texte envoyé par Pierre

La vie, c'est le désir
L'attente de son joli corps
L'accès
Et l'ivresse de ses reins
Que je fous.

La vie, c'est son regard
Au fond du mien
Comme mon sexe
Au fond du sien.

La vie, c'est une croupe qui ondule
Qui roule
Une jupe trop courte
Et ma main tout au fond.

La vie, c'est la chanson
De sa voix
Qui me dit qu'elle est nue
Dessous.

La vie, ce sont les génitaux
Qui battent son fondement
Et se vident en elle
Par amour de ses cuisses écartées.

Pierre


Wednesday, October 29, 2008

Monday, October 20, 2008

Blanc

Devot-ration (cliquez et regardez)

Art de la table érotique (cliquez et savourez)


Friday, October 17, 2008

Ann est de retour... Interlude


Ma soirée dans une backroom

J'avais eu une journée irritante. J'étais une femme au bord de la crise de nerfs. Il était nécessaire que je me détende. Il le fallait. J'ai longtemps hésité. Que faire ? est ce que j'y vais ? est ce que je n'y vais pas ? est ce vraiment est raisonnable ? Et si j'y prenais goût après, ce ne serait pas facile à gérer tout ça... Et puis, je me suis lancée. Je me suis dis : "allez vas-y. Il parait que c'est bien". Alors j'y suis allée. Je suis rentrée dans cet endroit qui est normalement interdit à des filles de mon genre. Je ne les ai pas vu tout de suite. J'y allais doucement. Et puis j'ai aperçu les rondeurs. Cela m'a tout de suite excitée. Je me suis approchée, j'ai osé toucher. Elles étaient... douces. J'ai appuyé un peu avec les doigts. Elles étaient... moelleuses. Alors j'ai osé aller plus loin, j'ai mis mes lèvres. J'ai goûté. C'était une sensation inouie que je n'avais jamais connue. J'en ai pris une dans ma bouche sur le côté gauche et puis une autre sur le côté droit. Je les avais toutes les deux en bouche. Tandis que je les gardais dans la bouche, j'ai déchiré le papier d'un coup sec de ce qui m'était présenté et que je n'avais pas vu lorsque je suis entrée. Un grand récipient était rempli de tous ces sachets. J'ai sorti de son emballage ce qui était au goût d'amande à en croire ce qui était écrit. Et puis quelque chose a attiré mon regard. C'était quelque chose de beaucoup plus grand. J'ai vu la chair rose posée devant moi, juste à la hauteur de ma bouche. ll y avait dans cet endroit une odeur de plaisir, quelque chose qui embaumait la peau, tout le corps, qui excitait les sens, tous les pores de ma peau. Alors j'ai osé goûté ce qui était là devant moi. C'était grand, très grand, mais je savais que j'en viendrais à bout parce que grande était mon envie à cet instant. Sans aucune retenue, je me suis jetée sur elle. Je n'ai pas pu tout mettre dans ma bouche en une fois. J'ai pris un morceau au fonds de ma gorge et puis un autre et encore un peu plus. J'ai fermé les yeux tellement c'était bon. Et puis tout a coulé. Le blanc. J'allais trop vite. Le blanc de la crème. Le blanc dans ma bouche. La crème. Le blanc le long de mes lèvres. Ma langue qui vient lécher autour des lèvres. Avaler tout. Ne rien perdre. Etre la dévergondée de la gourmandise.

Sunday, October 12, 2008

Saturday, October 11, 2008

Texte envoyé par Pierre

Entre le Bois-Vert et le Sémaphore
Allongée sur le sable
Face à la mer.

Sur la terrasse du donjon
Qui embrasse la plage,
Je ne vois qu'elle.

Il y en a d'autres
Mais c'est elle qui a le plus petit,
Moiré, changeant, excitant.

Elle semble le protéger
Au plus intime
Entre ses hanches, en haut des cuisses, en bas du ventre

La vie est simple
Il suffit d'un petit losange de tissu
à cet endroit-là

Un petit losange
Qui plonge et s'enfouit
Entre les fossettes et les rondeurs

Un petit losange
Qui attire l'attention
Comme pour dire "Viens!"

La vie est simple
Je ne vois qu'elle
Entre le Bois-Vert et le Sémaphore.

Pierre

Friday, October 10, 2008

Monday, October 06, 2008

Les très jolis mots d'un lecteur

Ann,

Juste un petit bonjour au saut du lit!
La raison n'a pas encore pris possession de moi
Je suis impudique dans ma tête comme je l'étais il y a dix minutes sous les draps.
Dans une heure, je me demanderai pourquoi j'ai écrit
à Ann Aroïs
et
que de toute façon je ne connais pas.
Mais voilà, vous ten(i)ez un blog érotique que j'ai lu
Vous m'avez écrit que vous étiez bien une femme
Vous m'avez écrit, à moi que de toute façon vous ne connaissez pas.
Alors forcément vous êtes nue en ce moment
Et ne pensez qu'à votre corps et à tous les hommes qui voudraient vous pénétrer
Comme je voudrais vous pénétrer pour enfin connaître cette femme
que je ne connais pas!
Vous êtes belle puisque vous pensez parfois? souvent? toujours? au sexe
Forcément de la première catégorie,
celles qui y pensent, celles qui existent!
J'ai toujours eu peur des autres.

Quand je suis désirant et tendu
je me fais peur,aussi,
capable d'aller dans tous les murs
et de heurter toutes les convenances.
L'horreur, juste après...
Quand je relis ce que j'ai écrit à une femme
J'espère que vous êtes bien de la première catégorie.

Je vous embrasse

Pierre

Thursday, February 14, 2008

Tuesday, January 22, 2008

Tuesday, January 08, 2008

Sunday, January 06, 2008

Texte envoyé par Richard (fin)

Je livre sa jouissance.

Au début étaient les gribouillis.
Une feuille, des feutres, des crayons de couleur et joyeusement on gribouillait. Autant sur le feuille que sur le pupitre. N’importe quoi, n’importe ou. Et souvent l’on perdait les capuchons des feutres.
Ainsi lorsque je pénétrais dans la pièce inondée de soleil, je me jetais littéralement sur elle. Déchirant tous ses vêtements, tous sauf la robe. Un si beau jaune…
Je la baisais sauvagement. Une véritable bombe que j’étais. De l’énergie brute.
Je l’écrasais, l’écrabouillais. Je me souviens tenir ses poignets dans des étaux.
La sentir prisonnière ?
A coup sur et se vider les couilles aussi. Effacer la douleur d’une trop longue érection.
Juste bander et la sauter. Fi des Aspasie, je ne suis qu’un gorille qui engrosse les guenons avant de se faire bouffer par un fauve.
Cela la fait rire Ann, cette énergie, cette fougue, ce tempérament, ce diamant brut.

Puis vient l’institutrice. Elle exige de la concentration.
Elle prend une craie neuve. Le tableau complètement noir. Elle trace un O.
Le bras haut, le geste délié et la voix sure : O, un rond, une boucle et une petite queue de cerise (je dirais une queue qui se dresse, mais je ne suis pas l’institutrice).
On fait des pages de O et toujours l’institutrice nous félicite, nous encourage.
Ainsi ce jours là Ann mit une jupe droite et pour la concentration trois fois me branla.
Enfin élève attentif et énergie brûlée, je regardai sa jupe se lever, son sexe se dévoiler.
De sa bouche elle humecte ses doigts, puis se caresse. Elle décompose le geste.
Ce n’est l’idéal pour une caresse mais peut-on apprendre autrement ?
Studieusement je l’imite, doucement, plus haut, plus bas et moins fort…
Elle me fait passer à coté d’elle, pas en face, à coté. Pose ma main sur son ventre, ferme nos yeux. Sa main sur la mienne. Le pouce sur le pouce, l’index sur l’index. Sa main sur la mienne et sa voix.
Ne pas sa laisser troubler par l’ambiance. Le geste rien que le geste aujourd’hui.
Pas à pas apprendre à la caresser. Elle jouit, je crois, ce jour-là.
Pas sur, impossible à dire trop avide de savoir. Savoir ce que chaque femme enseigne à chaque homme.
Je la culbutais mais ce fût différent !
Elle rit encore plus fort et chantonna « le feeling baby, le feeling et le geste »

Une autre fois encore elle était nue devant la fenêtre. Dans le soleil en plein.
Une chaleur à crever, j’te jure, c’est elle qui me brûle de partout ou quoi ?
Elle est nue, moi aussi. Debout dans le soleil.
Elle regarde la lumière et fait : « vient derrière moi ! »
Bien sur que je bande. « Tu te colles contre moi, rien de plus »
Ma main sur son ventre et mon sexe calé entre ses fesses.
Et elle : « je regarde par la serrure, je vois de jolies choses ». Et elle raconte. Ma main prend son envol. Je capte des bribes d’ambiance. Ma bite bat contre ses fesses, marque le tempo.
Elle est mélodie et je joue d’elle.
Elle jouit de moi, de ses souvenirs.
Sa gorge, sa voix c’est cascade. Cascade à la fonte des neiges. Cascade fin mars.
Quand il faut y aller en bottes et au levé du jour. Dangereux, glissant, plus d’un n’en est pas revenu.
J’y vais seul et à pieds . Je suis saisi par le froid comme par la chaleur.
Je suis étourdi par le bruit. Le bruit avant la vision. Et trempé.
Puis le spectacle de la cascade. Cascade de mars. Cascade du monde.
Après je prend le sentier à main droite ; pfuit un chamois, le sourire si tu veux.
Ce que j’en saisis c’est ça : de l’eau en cascade.
D’ou vient l’eau, fût-elle souterraine, a-t-elle connue l’Himalaya, l’océan, des sources , des fontaines, des barrages, éteint les incendies, noyé les imprudents ?
Comment l’eau devient cascade ; il n’y’a qu’elle qui peut le dire.


Et fin!

RN+

Texte envoyé par Richard (suite)

Le livre et le feeling (Oh Yeah !)

Bon Dieu. Une jouissance…
Lente à venir forcément. Sinon quoi ?
Une page au moins et un putain de rythme d’enfer.
Ni plus ni moins qu’un blues qui invente le Rock’n’Roll.
Donner le coup de langue après le Tchick de la machine.
Donner le coup de langue juste avant le Tchick. Et le Tchick c’est quand ?
Juste quand ma langue réussit un joli rond. Le rond qui sait laisser le clito un peu tranquille.
Et puis la respiration.
Le soleil ça donne du champs, de la profondeur à la voix.
La voix c’est le blues, la Remington : le rythme, le bassin : le tempo.
Ma langue : un chef d’orchestre ?
Rien qu’un petit chef qui accroche la voix, obéit au tempo. Rien qu’un…
Comme toujours c’est le soleil.
Le soleil.
Et sommes nous autre chose que des soleils qui y croient.
Les jambes ouvertes, la voix explore le grave, l’aiguë, un son. Le son.
Le sens est frappé sur la feuille.
Sous la table je bois l’encre. Le sens ne m’appartient pas.
Le goût. Rien que le goût, le son, la chaleur et tout le reste.
Je ne suis qu’un homme. Ouais un soleil aussi un peu. Un soleil rock’n’roll.
Un soleil de goût. Ta jouissance.
Oui ta jouissance. Ta jouissance c’est la tension qui retombe.
Ta jouissance c’est le feeling. Le feeling et la tension.
Le feeling baby
Le feeling baby’ Ann.

RN+

Thursday, December 27, 2007

Pour Richard / réponse au texte d'un lecteur

Ça commence.
Sur la table, la machine brillante chauffée par le soleil. Les touches brûlantes sous mes doigts.
Sous la table, ses doigts brûlants sur ma chair. Mes cuisses blanches s’ouvrent sous ses caresses. Je laisse aller la chaleur de ses mains glisser sur ma peau, comme le soleil glisse sur mes épaules. J’aime écrire sous la chaleur d’un soleil brûlant. Des images me reviennent en mémoire. Les images volées par les trous de serrures des chambres d’une maison discrète dans une petite rue bourgeoise. Des jeunes femmes alanguies sur des canapés rouge, des lits de soie brodée. Des hommes en chemise fouillant sous les jupons. Je confie à ma Remington les petits secrets des boudoirs cachés de la ville. Comme Hemingway racontait les aventures de Jake Barnes, je raconte les histoires des Aspasie modernes. Expertes du cul, elles laissent ces hommes polissons soulever leur jupe et chercher entre leurs lèvres le fruit qu’ils feront mûrir entre leurs doigts. J’appuie sur les touches, l’encre se dépose sur la feuille blanche et je regarde chaque mot en silence. Je sens ses doigts ouvrir mes lèvres lorsque mon esprit est occupé à écrire les mots. J’ouvre la bouche et laisse aller des mots de plaisir lorsqu’il lèche ce qui se dépose sur sa langue, un filet d’encre blanche transparente, fruit de mes souvenirs de voyeuse et de jouisseuse. Car il me fait jouir. Sa langue appuie sur mon clitoris comme les touches de ma Remington appuient sur le papier. Et je n’ai qu’une envie à cet instant, que l’écriture continue, qu’il raconte lui aussi le livre de ma jouissance.

Ann Aroïs




Texte envoyé par Richard (suite)

Remington
Toutes mes économies y sont passées, j’ai offert une Remington à Ann.
La même qu’Hemingway. Exactement la même. Un son pur, genre le soleil se lève aussi.
Avec elle, elle va de ville en ville, de motels en maisons de passes. Reporter du cul.
Actrice, reporter, écrivain.
Une petite robe fleur jaune, une chambre à parquet.
L’après-midi au milieu de la lumière, vraiment au milieu.
La fenêtre sur le coté et une feuille qui se noirci.
La Remington au centre de la table en bois, une bonne table pour du gros œuvre.
Elle, la table, la machine, la feuille, la robe. Très jaune en fait.
L’atmosphère : poussière de vitrail façon début de siècle.
Pour être clair début vingtième siècle avec une coupe à la garçonne.
Pas de lit dans cette chambre juste du doré feutré, du jaune pale, du brillant mais légèrement opaque.
Je me glisse sous la table et ça commence

RN+

Tuesday, December 25, 2007

Monday, December 24, 2007

Une idée cadeau




C'est à commander en cliquant ICI.

Saturday, December 15, 2007

Texte envoyé par un lecteur

L’écriture.

Une bite pour le rythme. Des fesses pour la souplesse. Du souffle et du nerf : l’écriture est une maîtresse exigeante.
De la rondeur, de l’opulence, une écriture ouverte, une écriture offerte. Une écriture femelle.
Du bleu pour l’ambiance. Oui, un fanal bleu pour la petite Colette des queues.
Une écriture femelle noyée dans du bleu ce jour-là.
Penchée sur le clavier, la nuque raide, les épaules lourdes : obéir au texte.
Dans son dos j’approche. Trop de tension. alors je m’occupe de la nuque. La détendre rien qu’avec les pouces. Pour les épaules toute la puissance de mes mains. Mes mains, ses épaules. Ses doigts retrouvent la cadence, le texte respire, l’écriture gronde.
Je passe sous le bureau.
Les chevilles : le plus difficile, caresser, oui, mais en force.
Les mollets : s’accorder un peu de douceur, du temps, du genou au pied.
Ma bouche commence juste pour l’arrière des genoux.
Elle étend ses jambes : pas possible autrement. Le petit creux derrière le genou.
Mes mains attaquent les cuisses, la bouche toujours à la traîne.
Ses doigts sur le clavier : fidèle au texte.
Ses cuisses douces entrouvertes. Remonte là-haut ma bouche !
Ma joue contre elle. J’ouvre ses jambes avec ma joue. Me voilà en haut.
Tchick-tchick, elle fait sur le clavier. L’ordinateur ronronne. Du bleu.
J’attends : un point, une virgule, peut-être la fin d’un paragraphe pour la déculotter.
Et plus tard se branler dans la culotte d’Ann.
S’imprégner de l’odeur de votre chatte. Le temps de l’odeur.
Du bleu, un souffle et l’odeur de votre chatte.
Point d’exclamation, au moins, quand l’odeur de votre chatte devient le goût de ta chatte.
D’abord ma langue en fait le tour, lui laisser le temps, libérer les arômes.
Je remonte le long de la fente, pas encore le clito. D’abord le goût ensuite le clito.
Les lèvres, les bords, le milieu.
Le clito : se faire connaître. L’entourer, le protéger enfin l’aspirer.
Tchick-Tchick sur le clavier et le goût de ta chatte.
Je la suce, l’aspire, l’avale ta chatte, tandis que toi la femelle tu enfantes le texte de ta jouissance.


Richard Noirplus.


Merci Richard pour ce très joli texte. Ann Aroïs.

Monday, December 03, 2007

Friday, November 23, 2007

Thursday, November 22, 2007

Les hommes au téléphone 18/18 (fin)

Epilogue

Il serait faux de croire qu’il n’y a pas de rapport sexuel au téléphone rose. Sans paraphraser Jean-Luc Nancy lorsqu’il décrypte la phrase de Lacan, je crois qu’« il y a »rapport sexuel parce qu’il y a sexuation d’une relation entre deux êtres, même si la relation s’opère dans une distance, par téléphone interposé, et dans l’anonymat. C’est cet « entre-deux » si particulier, entre le « il y a » et le « il n’y a pas », ce pouvoir et ce non pouvoir, au sens de domination et d’impuissance, ce lâcher prise et cette retenue, qui fait que je n’ai oublié aucun de ces hommes au téléphone.

Wednesday, November 21, 2007

Les hommes au téléphone 17/18

Un nouveau soir, après m’avoir envoyé une photo de son sexe, je reçois un message : « Envie de vous entendre jouir maintenant au téléphone. Décrochez et jouissez. » Samuel utilise les mêmes mots que j’utilisais avec les hommes que je faisais jouir au téléphone. Je lui donne mon numéro comme les autres hommes me donnaient le leur. Il appelle. Je suis déjà mouillée par l’excitation de sa demande. Je me caresse au téléphone. Je gémis, je soupire, je jouis, je crie. Je l’entends me dire, me répéter, dans un souffle court : « Je vais venir vous baiser à Rouen ». L’entendre parler et entendre ces mots décuple mon excitation. Je ressens pour la première fois la sienne. Je sais comment il baise. Sans les mots. Aux inflexions de sa voix.

Tuesday, November 20, 2007

Les hommes au téléphone 16/18

Un soir, il me propose de lui laisser un doux message sur son répondeur téléphonique J’accepte ce jeu. Je me caresse pour la première fois au téléphone sans que personne ne m’écoute à l’autre bout du fil. Il me rappelle le lendemain me disant qu’il écoute dans sa voiture, branché sur le haut-parleur, mes gémissements de plaisir entre d’autres messages sauvegardés.

Un autre soir, je lui envoie un message sur son téléphone lui disant que je me caresse. Il répond qu’il est au restaurant avec des amis mais que je l’appelle lorsque je serais prête à jouir. Je l’appelle comme convenu. Il décroche, sort sur le trottoir et m’écoute jouir sans rien dire. Il me comparera à une Ferrari, m’enverra un message quelques minutes plus tard me racontant que les autres convives lui disent que son visage ressemble au visage de quelqu’un qui a appris une bonne nouvelle.

Le savoir dans cette situation m’excite au plus haut point. Je découvre chez moi une forme de plaisir que j’ignorais encore.