Monday, December 26, 2005

Celui-là même

Garder ce qui a été, prendre ce qui est encore.

Au début, la frustration sexuelle. Dès que sa bouche touche le creux de mon épaule, mon sexe mouille. Lorsqu'il me lèche le cou, les contractions frappent dans ma chatte. Quand il serre sa main sur ma nuque, l'envie de serrer son sexe entre mes lèvres.

Petit à petit, le plaisir de le frustration. Le plaisir de la résistance à l'excitation qu'il suscite en moi. L'attente qu'il aille plus loin et le plaisir mélangé de savoir qu'il n'y aura rien de plus. Lorsqu'il m'embrasse la nuque pour me réveiller. Lorsqu'il me raconte qu'il caresse mon dos jusqu'aux fesses lorsque je dors. Lorsqu'il plonge sa main dans mon soutien-gorge et me caresse les seins. Lorsqu'il lèche ma peau entre les seins. Lorsqu'il claque ses mains sur mes fesses à travers ma jupe. Lorsque debout derrière moi, il prend mes seins dans ses mains. Lorsqu'il me plaque contre le mur, relève ma jupe et simule en riant un acte sexuel. Lorsqu'une fois, il frotte avec ses doigts ma chatte à travers ma jupe en me demandant à l'oreille de me détendre. Lorsqu'il m'étrangle presque en passant son bras autour de mon cou m'embrassant fort. Un soir, sur mon lit, buste nu, il caresse mon dos, puis caresse mes seins, me laisse soulever son pull, caresser et embrasser son torse. La compréhension ce soir là que toute relation sexuelle serait un ratage total. Aucun désir chez lui, même si je crois sentir son sexe dur.

Puis, le plaisir savouré. Celui de s'abandonner à tous ses gestes sur ma peau. Sa bouche qui embrasse mon cou tandis que les pores et les poils de mes bras se dressent. Sa langue qui cherche le lobe de mon oreille tandis que dans mon dos les frissons courent. Ses lèvres douces qui se posent sur les miennes quelquefois. Une proximité sensuelle que je n'ai jamais connu jusqu'ici. Un plaisir unique et particulier dans la non-présence de son sexe dans le mien. Le vide, et pourtant le plein.

Dorénavant, des gestes qui nous lient lui et moi. Il caresse mes joues pendant que je conduis. Il caresse avec douceur mon cou, mon oreille. Il m'embrasse dans le cou comme aucun homme ne sait m'embrasser. Le pli de mon sein près de mon aisselle qu'il aime apercevoir et caresser. Sa tête posée contre mon ventre, lui assis, moi debout, ses bras autour de ma taille. L'ongle de mon index qui descend le long de son dos. Mes baisers sur sa nuque.

Il est le seul homme avec qui je me sens belle et désirable, sans être désirée. Il est le seul homme avec qui j'ai eu la plus grande intimité érotique sans jamais avoir couché. Il est le seul homme à avoir compris ce que mon corps attend pour jouir sans coucher avec moi.

Je me suis souvent demandé si nous n'avons pas été, cet homme et moi, dans le domaine de Sade comme dans celui de Freud.

J'aime cet homme. D'une façon aujourd'hui encore quelquefois douloureuse mais paisible à la fois. Je vis chacun de ses gestes tendres, chacun de ses baisers comme un pur plaisir de l'instant, mais aussi comme une complicité silencieuse qui n'existe qu'entre lui et moi. Je donne chaque baiser comme une caresse protectrice.

Je l'aime de cet amour-là comme dirait Yann Andrea.

J'aime cet homme.

Celui-là même qui ne fera jamais l'amour à une femme,
Celui-là même qui aime les hommes,

A sa façon,
Celui-là m'aime.

1 comment:

Miss Poivert said...

Je ferme les yeux... Je vois.