Wednesday, January 13, 2010

Un livre

Sunday, January 03, 2010

Nouvelle Année

En 2010, Ann Aroïs revient sur son blog...

Monday, October 19, 2009

Une suite de texte ? Une réponse de texte ?

Il existe, ce lieu
"hors du temps
hors des corps
mais avec eux
et leurs envies encore".
Les sourires s'y échangent
invisibles mais doux,
Les désirs s'y expriment
sans un mot,
entre les mots,
violents,
troublants,
à pleurer vraiment
mais à jouir également.

Wednesday, July 01, 2009

Un petit texte envoyé par un lecteur

existe t il un lieu
hors du temps
hors des corps
mais avec eux
et leurs envies encore
où se puisse lentement
s'ériger le désir
de l'autre simplement
par l'envie de jouir
d'un sourire apaisant
et chargé pourtant
de ces désirs
dont il ne faut rien dire
maintenant?

Sunday, February 15, 2009

Saturday, February 14, 2009

Dans ce train

Un joli texte sur l'amour... en ces temps de Saint-Valentin...
Un joli texte envoyé par Guillaume.

DANS CE TRAIN

Derrière ces vitres épaisses
La nuit sombre progresse
Murmure et frissonne
Sonne et fredonne
Elle me couvre
J'attrape la porte et j'ouvre
Comprimée en stick
De ses élastiques
Dévergonde en plastique
Mais quelle mouche me pique
En pick-up de laser
Je l'enlace, je la serre
Absorbées, filiformes
Toutes ces histoires m'assomment
On consomme, on prend le thé
Je bois à sa santé et...

Je chante sur son arc-en-ciel volant
Je me laisse glisser tout doucement
Et dans notre étincelle, le vent
Quel étrange sentiment

Du bout de nos caresses
La luminosité baisse
L'amour est dans ses yeux
L'amour est à nous deux
Odeur douce et prenante
Des fraises aux bois collantes
Je smell et je flaire
Je ne sais comment me taire
Puis soudain je m'étonne
La pluie douce résonne
Trois heures ce matin
Encore dans ce train
Qui me mène à elle

Friday, January 09, 2009

Wednesday, December 31, 2008

En 2009, laissez vous aller...

Sunday, December 28, 2008

Nouveau texte de Ann Aroïs


Pleurer

C'est difficile d'être laide




Pleurer.


Dire le mot pleurer. Le dire avec lenteur, laisser aller ce mot de ma bouche comme laisser aller les larmes de mes yeux.


Pleurer.


Plier sous le poids des mots. Laisser couler les larmes.


Couler sous les caresses entre les plis. Laisser aller les mots. Mouiller de ses larmes et mouiller de désir. Plier sous le poids de l’autre. Celui qui sèche les larmes. Le laisser couler en soi pour laisser place au plaisir.


Aimer ce qui mouille et ce qui coule. Aimer la langue qui mouille l’oreille. Aimer les doigts qui ouvrent les plis et laissent couler la mouille.


Le laisser poser sa langue. Le laisser boire ce qui coule.


Entendre la pluie dehors couler sur le verre.


Voir le filet transparent qui coule de lui sur mes doigts.

Me laisser le boire.


Le laisser lécher le miel entre mes cuisses.


Entendre la pluie dedans couler en moi.

Laisser pleuvoir les larmes intérieures.


Le laisser sécher le sel des larmes sur ma joue.


Laisser couler un jour les mots de ma bouche.

Les mots difficiles à dire.

Les mots qui me font pleurer en silence.


Pleurer


et


Dire


Bois les larmes de mon corps.

Wednesday, December 24, 2008

Faites de beaux rêves pendant la nuit de Noël

Monday, December 22, 2008



Je mets mon vit...


Je mets mon vit contre ta joue
le bout frôle ton oreille
lèche mes bourses lentement
ta langue est douce comme l'eau

ta langue est crue comme une bouchère
elle est rouge comme un gigot
sa pointe est un coucou criant
mon vit sanglote de salive

ton derrière est ma déesse
il s'ouvre comme ta bouche
je l'adore comme le ciel
je le vénère comme un feu

je bois dans ta déchirure
j'étale tes jambes nues
je les ouvre comme un livre
où je lis ce qui me tue.

Georges Bataille in Poèmes et nouvelles érotiques

Thursday, December 18, 2008

Sunday, December 14, 2008


Saturday, December 13, 2008

Lettre de James Joyces à Nora

2 décembre 1909
44, Fontenoy Street, Dublin

Ma chérie.
Je devrais commencer par te demander pardon, peut-être, pour la lettre extraordinaire que je t'ai écrite hier soir. Tandis que je l'écrivais, ta lettre était devant moi et mes yeux étaient fixés, comme ils le sont maintenant encore, sur un certain mot. Il y a quelque chose d'obscène et de lubrique dans l'aspect même des lettres. Sa sonorité aussi est pareille à l'acte lui-même, bref, brutal, irrésistible et satanique.
Chérie, ne t'offense pas de ce que je t'ai écrit. Tu me remercies du beau nom que je t'ai donné. Oui, ma chérie, c'est un beau nom: "Ma belle fleur sauvage des haies ! Ma fleur bleu-nuit innondée de pluie !" Tu vois que je suis encore un peu poète. Je te donne aussi un très joli livre en cadeau : et c'est le cadeau d'un poète à la femme qu'il aime. MAIS, tout à côté et à l'intérieur de cet amour spirituel que j'ai pour toi, existe aussi un désir sauvage, bestial, de chaque pouce de ton corps, de chacune de ses parties secrètes et honteuses, de chacune de ses odeurs et de ses actions.
Mon amour pour toi me permet de prier l'esprit de la beauté et de la tendresse éternelles reflété dans tes yeux ou de te jeter sous moi sur ce ventre que tu as si doux et de te baiser par derrière, comme un porc besognant une truie, me faisant gloire de la sueur empuantie qui monte de ton cul, de la honte étalée que proclament ta robe troussée et tes culottes blanches de petite fille, et de la confusion que disent assez tes joues brûlantes et tes cheveux en bataille.Il me permet d'éclater en sanglots de pitié et d'amour pour une parole à peine, de trembler d'amour pour toi en entendant tel accord ou telle cadence musicale, ou bien d'être couché avec toi tête-bêche, sentant tes doigts me caresser et me chatouiller les couilles ou fichés en moi par derrière, et tes lèvres chaudes suçant ma bite, tandis que ma tête est coincée entre tes grosses cuisses, mes mains serrant les coussins ronds de ton cul et ma langue léchant avidement dans ton con rouge et dru. Je t'ai appris à presque te pâmer en écoutant ma voix chanter ou murmurer à ton âme la passion, la peine et le mystère de la vie, et en même temps je t'ai appris à me faire des signes orduriers des lèvres et de la langue, à me provoquer par des attouchements et des bruits obscènes, et même à accomplir en ma présence l'acte corporel le plus honteux et le plus dégoûtant. Tu te souviens du jour où tu as relevé tes vêtements et m'a laissé me coucher au-dessous de toi pour te regarder en pleine action ? Tu eus honte alors de croiser seulement mon regard.
Tu es à moi, ma chérie, à moi ! Je t'aime. Tout ce que je viens d'écrire, c'est quelques instants seulement de folie bestiale. La dernière goutte de semence vient à peine de gicler dans ton con, que cette folie a pris fin, et mon amour sincère pour toi, l'amour de mes poèmes, l'amour de mes yeux pour tes yeux étranges et tentateurs, vient souffler sur mon âme comme un vent d'épices. Ma bite est encore chaude, raide, tremblante de la dernière poussée brutale qu'elle t'a donnée, que l'on entend une hymne légère monter des sombres cloîtres de mon cœur, chantant mon adoration tendre et pitoyable.
Nora ma chérie fidèle, ma petite canaille d'écolière aux yeux doux, sois ma putain, ma maîtresse, autant qu'il te plaira (ma petite maîtresse branleuse ! ma petite putain à baiser !) tu es toujours ma splendide fleur sauvage des haies, ma fleur bleu-nuit innondée de pluie.

Jim

Wednesday, December 10, 2008

Sunday, November 30, 2008

Texte envoyé par Pierre

La vie, c'est le désir
L'attente de son joli corps
L'accès
Et l'ivresse de ses reins
Que je fous.

La vie, c'est son regard
Au fond du mien
Comme mon sexe
Au fond du sien.

La vie, c'est une croupe qui ondule
Qui roule
Une jupe trop courte
Et ma main tout au fond.

La vie, c'est la chanson
De sa voix
Qui me dit qu'elle est nue
Dessous.

La vie, ce sont les génitaux
Qui battent son fondement
Et se vident en elle
Par amour de ses cuisses écartées.

Pierre


Wednesday, October 29, 2008

Monday, October 20, 2008

Blanc

Devot-ration (cliquez et regardez)

Art de la table érotique (cliquez et savourez)


Friday, October 17, 2008

Ann est de retour... Interlude


Ma soirée dans une backroom

J'avais eu une journée irritante. J'étais une femme au bord de la crise de nerfs. Il était nécessaire que je me détende. Il le fallait. J'ai longtemps hésité. Que faire ? est ce que j'y vais ? est ce que je n'y vais pas ? est ce vraiment est raisonnable ? Et si j'y prenais goût après, ce ne serait pas facile à gérer tout ça... Et puis, je me suis lancée. Je me suis dis : "allez vas-y. Il parait que c'est bien". Alors j'y suis allée. Je suis rentrée dans cet endroit qui est normalement interdit à des filles de mon genre. Je ne les ai pas vu tout de suite. J'y allais doucement. Et puis j'ai aperçu les rondeurs. Cela m'a tout de suite excitée. Je me suis approchée, j'ai osé toucher. Elles étaient... douces. J'ai appuyé un peu avec les doigts. Elles étaient... moelleuses. Alors j'ai osé aller plus loin, j'ai mis mes lèvres. J'ai goûté. C'était une sensation inouie que je n'avais jamais connue. J'en ai pris une dans ma bouche sur le côté gauche et puis une autre sur le côté droit. Je les avais toutes les deux en bouche. Tandis que je les gardais dans la bouche, j'ai déchiré le papier d'un coup sec de ce qui m'était présenté et que je n'avais pas vu lorsque je suis entrée. Un grand récipient était rempli de tous ces sachets. J'ai sorti de son emballage ce qui était au goût d'amande à en croire ce qui était écrit. Et puis quelque chose a attiré mon regard. C'était quelque chose de beaucoup plus grand. J'ai vu la chair rose posée devant moi, juste à la hauteur de ma bouche. ll y avait dans cet endroit une odeur de plaisir, quelque chose qui embaumait la peau, tout le corps, qui excitait les sens, tous les pores de ma peau. Alors j'ai osé goûté ce qui était là devant moi. C'était grand, très grand, mais je savais que j'en viendrais à bout parce que grande était mon envie à cet instant. Sans aucune retenue, je me suis jetée sur elle. Je n'ai pas pu tout mettre dans ma bouche en une fois. J'ai pris un morceau au fonds de ma gorge et puis un autre et encore un peu plus. J'ai fermé les yeux tellement c'était bon. Et puis tout a coulé. Le blanc. J'allais trop vite. Le blanc de la crème. Le blanc dans ma bouche. La crème. Le blanc le long de mes lèvres. Ma langue qui vient lécher autour des lèvres. Avaler tout. Ne rien perdre. Ne rien perdre de cette pizza emmental, crème fraiche, jambon, pommes de terre. Revenir prendre une de ces madeleines en sachet, goûter à nouveau ces chocolats à l'amande. Etre la dévergondée de la gourmandise.

Sunday, October 12, 2008

Saturday, October 11, 2008

Texte envoyé par Pierre

Entre le Bois-Vert et le Sémaphore
Allongée sur le sable
Face à la mer.

Sur la terrasse du donjon
Qui embrasse la plage,
Je ne vois qu'elle.

Il y en a d'autres
Mais c'est elle qui a le plus petit,
Moiré, changeant, excitant.

Elle semble le protéger
Au plus intime
Entre ses hanches, en haut des cuisses, en bas du ventre

La vie est simple
Il suffit d'un petit losange de tissu
à cet endroit-là

Un petit losange
Qui plonge et s'enfouit
Entre les fossettes et les rondeurs

Un petit losange
Qui attire l'attention
Comme pour dire "Viens!"

La vie est simple
Je ne vois qu'elle
Entre le Bois-Vert et le Sémaphore.

Pierre

Friday, October 10, 2008

Monday, October 06, 2008

Les très jolis mots d'un lecteur

Ann,

Juste un petit bonjour au saut du lit!
La raison n'a pas encore pris possession de moi
Je suis impudique dans ma tête comme je l'étais il y a dix minutes sous les draps.
Dans une heure, je me demanderai pourquoi j'ai écrit
à Ann Aroïs
et
que de toute façon je ne connais pas.
Mais voilà, vous ten(i)ez un blog érotique que j'ai lu
Vous m'avez écrit que vous étiez bien une femme
Vous m'avez écrit, à moi que de toute façon vous ne connaissez pas.
Alors forcément vous êtes nue en ce moment
Et ne pensez qu'à votre corps et à tous les hommes qui voudraient vous pénétrer
Comme je voudrais vous pénétrer pour enfin connaître cette femme
que je ne connais pas!
Vous êtes belle puisque vous pensez parfois? souvent? toujours? au sexe
Forcément de la première catégorie,
celles qui y pensent, celles qui existent!
J'ai toujours eu peur des autres.

Quand je suis désirant et tendu
je me fais peur,aussi,
capable d'aller dans tous les murs
et de heurter toutes les convenances.
L'horreur, juste après...
Quand je relis ce que j'ai écrit à une femme
J'espère que vous êtes bien de la première catégorie.

Je vous embrasse

Pierre

Monday, April 21, 2008

Le soleil revient, Ann aussi, très bientôt...

Thursday, February 14, 2008

Saint Valentin



Tuesday, January 22, 2008

Tuesday, January 08, 2008

Sunday, January 06, 2008

Texte envoyé par Richard (fin)

Je livre sa jouissance.

Au début étaient les gribouillis.
Une feuille, des feutres, des crayons de couleur et joyeusement on gribouillait. Autant sur le feuille que sur le pupitre. N’importe quoi, n’importe ou. Et souvent l’on perdait les capuchons des feutres.
Ainsi lorsque je pénétrais dans la pièce inondée de soleil, je me jetais littéralement sur elle. Déchirant tous ses vêtements, tous sauf la robe. Un si beau jaune…
Je la baisais sauvagement. Une véritable bombe que j’étais. De l’énergie brute.
Je l’écrasais, l’écrabouillais. Je me souviens tenir ses poignets dans des étaux.
La sentir prisonnière ?
A coup sur et se vider les couilles aussi. Effacer la douleur d’une trop longue érection.
Juste bander et la sauter. Fi des Aspasie, je ne suis qu’un gorille qui engrosse les guenons avant de se faire bouffer par un fauve.
Cela la fait rire Ann, cette énergie, cette fougue, ce tempérament, ce diamant brut.

Puis vient l’institutrice. Elle exige de la concentration.
Elle prend une craie neuve. Le tableau complètement noir. Elle trace un O.
Le bras haut, le geste délié et la voix sure : O, un rond, une boucle et une petite queue de cerise (je dirais une queue qui se dresse, mais je ne suis pas l’institutrice).
On fait des pages de O et toujours l’institutrice nous félicite, nous encourage.
Ainsi ce jours là Ann mit une jupe droite et pour la concentration trois fois me branla.
Enfin élève attentif et énergie brûlée, je regardai sa jupe se lever, son sexe se dévoiler.
De sa bouche elle humecte ses doigts, puis se caresse. Elle décompose le geste.
Ce n’est l’idéal pour une caresse mais peut-on apprendre autrement ?
Studieusement je l’imite, doucement, plus haut, plus bas et moins fort…
Elle me fait passer à coté d’elle, pas en face, à coté. Pose ma main sur son ventre, ferme nos yeux. Sa main sur la mienne. Le pouce sur le pouce, l’index sur l’index. Sa main sur la mienne et sa voix.
Ne pas sa laisser troubler par l’ambiance. Le geste rien que le geste aujourd’hui.
Pas à pas apprendre à la caresser. Elle jouit, je crois, ce jour-là.
Pas sur, impossible à dire trop avide de savoir. Savoir ce que chaque femme enseigne à chaque homme.
Je la culbutais mais ce fût différent !
Elle rit encore plus fort et chantonna « le feeling baby, le feeling et le geste »

Une autre fois encore elle était nue devant la fenêtre. Dans le soleil en plein.
Une chaleur à crever, j’te jure, c’est elle qui me brûle de partout ou quoi ?
Elle est nue, moi aussi. Debout dans le soleil.
Elle regarde la lumière et fait : « vient derrière moi ! »
Bien sur que je bande. « Tu te colles contre moi, rien de plus »
Ma main sur son ventre et mon sexe calé entre ses fesses.
Et elle : « je regarde par la serrure, je vois de jolies choses ». Et elle raconte. Ma main prend son envol. Je capte des bribes d’ambiance. Ma bite bat contre ses fesses, marque le tempo.
Elle est mélodie et je joue d’elle.
Elle jouit de moi, de ses souvenirs.
Sa gorge, sa voix c’est cascade. Cascade à la fonte des neiges. Cascade fin mars.
Quand il faut y aller en bottes et au levé du jour. Dangereux, glissant, plus d’un n’en est pas revenu.
J’y vais seul et à pieds . Je suis saisi par le froid comme par la chaleur.
Je suis étourdi par le bruit. Le bruit avant la vision. Et trempé.
Puis le spectacle de la cascade. Cascade de mars. Cascade du monde.
Après je prend le sentier à main droite ; pfuit un chamois, le sourire si tu veux.
Ce que j’en saisis c’est ça : de l’eau en cascade.
D’ou vient l’eau, fût-elle souterraine, a-t-elle connue l’Himalaya, l’océan, des sources , des fontaines, des barrages, éteint les incendies, noyé les imprudents ?
Comment l’eau devient cascade ; il n’y’a qu’elle qui peut le dire.


Et fin!

RN+

Texte envoyé par Richard (suite)

Le livre et le feeling (Oh Yeah !)

Bon Dieu. Une jouissance…
Lente à venir forcément. Sinon quoi ?
Une page au moins et un putain de rythme d’enfer.
Ni plus ni moins qu’un blues qui invente le Rock’n’Roll.
Donner le coup de langue après le Tchick de la machine.
Donner le coup de langue juste avant le Tchick. Et le Tchick c’est quand ?
Juste quand ma langue réussit un joli rond. Le rond qui sait laisser le clito un peu tranquille.
Et puis la respiration.
Le soleil ça donne du champs, de la profondeur à la voix.
La voix c’est le blues, la Remington : le rythme, le bassin : le tempo.
Ma langue : un chef d’orchestre ?
Rien qu’un petit chef qui accroche la voix, obéit au tempo. Rien qu’un…
Comme toujours c’est le soleil.
Le soleil.
Et sommes nous autre chose que des soleils qui y croient.
Les jambes ouvertes, la voix explore le grave, l’aiguë, un son. Le son.
Le sens est frappé sur la feuille.
Sous la table je bois l’encre. Le sens ne m’appartient pas.
Le goût. Rien que le goût, le son, la chaleur et tout le reste.
Je ne suis qu’un homme. Ouais un soleil aussi un peu. Un soleil rock’n’roll.
Un soleil de goût. Ta jouissance.
Oui ta jouissance. Ta jouissance c’est la tension qui retombe.
Ta jouissance c’est le feeling. Le feeling et la tension.
Le feeling baby
Le feeling baby’ Ann.

RN+

Tuesday, January 01, 2008

En 2008, suivez vos envies...

Thursday, December 27, 2007

Pour Richard

Ça commence.
Sur la table, la machine brillante chauffée par le soleil. Les touches brûlantes sous mes doigts.
Sous la table, ses doigts brûlants sur ma chair. Mes cuisses blanches s’ouvrent sous ses caresses. Je laisse aller la chaleur de ses mains glisser sur ma peau, comme le soleil glisse sur mes épaules. J’aime écrire sous la chaleur d’un soleil brûlant. Des images me reviennent en mémoire. Les images volées par les trous de serrures des chambres d’une maison discrète dans une petite rue bourgeoise. Des jeunes femmes alanguies sur des canapés rouge, des lits de soie brodée. Des hommes en chemise fouillant sous les jupons. Je confie à ma Remington les petits secrets des boudoirs cachés de la ville. Comme Hemingway racontait les aventures de Jake Barnes, je raconte les histoires des Aspasie modernes. Expertes du cul, elles laissent ces hommes polissons soulever leur jupe et chercher entre leurs lèvres le fruit qu’ils feront mûrir entre leurs doigts. J’appuie sur les touches, l’encre se dépose sur la feuille blanche et je regarde chaque mot en silence. Je sens ses doigts ouvrir mes lèvres lorsque mon esprit est occupé à écrire les mots. J’ouvre la bouche et laisse aller des mots de plaisir lorsqu’il lèche ce qui se dépose sur sa langue, un filet d’encre blanche transparente, fruit de mes souvenirs de voyeuse et de jouisseuse. Car il me fait jouir. Sa langue appuie sur mon clitoris comme les touches de ma Remington appuient sur le papier. Et je n’ai qu’une envie à cet instant, que l’écriture continue, qu’il raconte lui aussi le livre de ma jouissance.

Ann Aroïs




Texte envoyé par Richard (suite)

Remington
Toutes mes économies y sont passées, j’ai offert une Remington à Ann.
La même qu’Hemingway. Exactement la même. Un son pur, genre le soleil se lève aussi.
Avec elle, elle va de ville en ville, de motels en maisons de passes. Reporter du cul.
Actrice, reporter, écrivain.
Une petite robe fleur jaune, une chambre à parquet.
L’après-midi au milieu de la lumière, vraiment au milieu.
La fenêtre sur le coté et une feuille qui se noirci.
La Remington au centre de la table en bois, une bonne table pour du gros œuvre.
Elle, la table, la machine, la feuille, la robe. Très jaune en fait.
L’atmosphère : poussière de vitrail façon début de siècle.
Pour être clair début vingtième siècle avec une coupe à la garçonne.
Pas de lit dans cette chambre juste du doré feutré, du jaune pale, du brillant mais légèrement opaque.
Je me glisse sous la table et ça commence

RN+

Tuesday, December 25, 2007

Joyeux Noël

Monday, December 24, 2007

Une idée cadeau




C'est à commander en cliquant ICI.

Saturday, December 15, 2007

Texte envoyé par un lecteur

L’écriture.

Une bite pour le rythme. Des fesses pour la souplesse. Du souffle et du nerf : l’écriture est une maîtresse exigeante.
De la rondeur, de l’opulence, une écriture ouverte, une écriture offerte. Une écriture femelle.
Du bleu pour l’ambiance. Oui, un fanal bleu pour la petite Colette des queues.
Une écriture femelle noyée dans du bleu ce jour-là.
Penchée sur le clavier, la nuque raide, les épaules lourdes : obéir au texte.
Dans son dos j’approche. Trop de tension. alors je m’occupe de la nuque. La détendre rien qu’avec les pouces. Pour les épaules toute la puissance de mes mains. Mes mains, ses épaules. Ses doigts retrouvent la cadence, le texte respire, l’écriture gronde.
Je passe sous le bureau.
Les chevilles : le plus difficile, caresser, oui, mais en force.
Les mollets : s’accorder un peu de douceur, du temps, du genou au pied.
Ma bouche commence juste pour l’arrière des genoux.
Elle étend ses jambes : pas possible autrement. Le petit creux derrière le genou.
Mes mains attaquent les cuisses, la bouche toujours à la traîne.
Ses doigts sur le clavier : fidèle au texte.
Ses cuisses douces entrouvertes. Remonte là-haut ma bouche !
Ma joue contre elle. J’ouvre ses jambes avec ma joue. Me voilà en haut.
Tchick-tchick, elle fait sur le clavier. L’ordinateur ronronne. Du bleu.
J’attends : un point, une virgule, peut-être la fin d’un paragraphe pour la déculotter.
Et plus tard se branler dans la culotte d’Ann.
S’imprégner de l’odeur de votre chatte. Le temps de l’odeur.
Du bleu, un souffle et l’odeur de votre chatte.
Point d’exclamation, au moins, quand l’odeur de votre chatte devient le goût de ta chatte.
D’abord ma langue en fait le tour, lui laisser le temps, libérer les arômes.
Je remonte le long de la fente, pas encore le clito. D’abord le goût ensuite le clito.
Les lèvres, les bords, le milieu.
Le clito : se faire connaître. L’entourer, le protéger enfin l’aspirer.
Tchick-Tchick sur le clavier et le goût de ta chatte.
Je la suce, l’aspire, l’avale ta chatte, tandis que toi la femelle tu enfantes le texte de ta jouissance.


Richard Noirplus.


Merci Richard pour ce très joli texte. Ann Aroïs.

Monday, December 03, 2007

Friday, November 23, 2007





Thursday, November 22, 2007

Les hommes au téléphone 18/18 (fin)

Epilogue

Il serait faux de croire qu’il n’y a pas de rapport sexuel au téléphone rose. Sans paraphraser Jean-Luc Nancy lorsqu’il décrypte la phrase de Lacan, je crois qu’« il y a »rapport sexuel parce qu’il y a sexuation d’une relation entre deux êtres, même si la relation s’opère dans une distance, par téléphone interposé, et dans l’anonymat. C’est cet « entre-deux » si particulier, entre le « il y a » et le « il n’y a pas », ce pouvoir et ce non pouvoir, au sens de domination et d’impuissance, ce lâcher prise et cette retenue, qui fait que je n’ai oublié aucun de ces hommes au téléphone.

Wednesday, November 21, 2007

Les hommes au téléphone 17/18

Un nouveau soir, après m’avoir envoyé une photo de son sexe, je reçois un message : « Envie de vous entendre jouir maintenant au téléphone. Décrochez et jouissez. » Samuel utilise les mêmes mots que j’utilisais avec les hommes que je faisais jouir au téléphone. Je lui donne mon numéro comme les autres hommes me donnaient le leur. Il appelle. Je suis déjà mouillée par l’excitation de sa demande. Je me caresse au téléphone. Je gémis, je soupire, je jouis, je crie. Je l’entends me dire, me répéter, dans un souffle court : « Je vais venir vous baiser à Rouen ». L’entendre parler et entendre ces mots décuple mon excitation. Je ressens pour la première fois la sienne. Je sais comment il baise. Sans les mots. Aux inflexions de sa voix.

Tuesday, November 20, 2007

Les hommes au téléphone 16/18

Un soir, il me propose de lui laisser un doux message sur son répondeur téléphonique J’accepte ce jeu. Je me caresse pour la première fois au téléphone sans que personne ne m’écoute à l’autre bout du fil. Il me rappelle le lendemain me disant qu’il écoute dans sa voiture, branché sur le haut-parleur, mes gémissements de plaisir entre d’autres messages sauvegardés.

Un autre soir, je lui envoie un message sur son téléphone lui disant que je me caresse. Il répond qu’il est au restaurant avec des amis mais que je l’appelle lorsque je serais prête à jouir. Je l’appelle comme convenu. Il décroche, sort sur le trottoir et m’écoute jouir sans rien dire. Il me comparera à une Ferrari, m’enverra un message quelques minutes plus tard me racontant que les autres convives lui disent que son visage ressemble au visage de quelqu’un qui a appris une bonne nouvelle.

Le savoir dans cette situation m’excite au plus haut point. Je découvre chez moi une forme de plaisir que j’ignorais encore.

Monday, November 19, 2007

Les hommes au téléphone 15/18

Une autre fois, il est dans un hôtel à la montagne, dans son lit. Je suis chez moi, dans mon lit. Jouir avec un homme au téléphone, c’est sentir comment il se branle en entendant les intonations de sa voix, c’est sentir comment il baise en entendant les mots qu’il aime dire. Mais Samuel ne dit rien. Il ne livre rien de lui. Je ne sais si c’est un manque d’expérience au téléphone ou un acte volontaire. Je ne sais dire s’il se branle vraiment à cet instant. Rien ne transparaît. Je me caresse seule, avec pour unique excitation le fait de savoir qu’il m’entend. Il renverse les règles. Ce n’est pas moi qui domine. J’aime être soumise sachant que je domine le jeu. Samuel change les règles du jeu. Je me caresse, j’imagine sa main ou ma bouche sur sa queue. Je lui raconte ce dont j’ai envie avec lui. Je me fais jouir. Il ne dit rien. Je m’inquiète de savoir si ça va, ce que je n’ai fait avec aucun autre homme au téléphone, si cela était bien. « Vous êtes bien toutes les mêmes ». Long silence. Phrase aux multiples sens, je ne sais si cela est le signe d’une déception, d’un mépris, d’un détachement, d’une habitude de la pratique. Samuel est le premier qui me met dans un état de colère lorsque je raccroche. Mais face à moi-même, je ne peux m’empêcher de reconnaître qu’il m’excite tout autant qu’il m’énerve. Je n’ai aucune prise sur lui. Il me fait douter de mes capacités de pute au téléphone. Je m’interroge. Aurai je donc perdu ce que j’ai exploité durant des années ? Ou est ce l’homme d’aujourd’hui qui a changé ? Samuel est il un de ces nouveaux hommes qui prend soin de sa peau, se féminise et retient aussi ses instincts mâles au téléphone rose ? Samuel pourrait se lâcher, vanter les mérites de sa queue en imaginant me soumettre à son plaisir. Il n’en est rien. Samuel m’intrigue. Samuel est un homme marié qui veut voir ailleurs. Il veut voir. Seulement voir. Donc seulement écouter.

Sunday, November 18, 2007

Les hommes au téléphone 14/18

Je connais le visage de Samuel, sa façon de bouger, ce qu’il fait. Lui ne me connaît pas, ne connaît pas mon visage. Je l’invite un après-midi au téléphone après l’avoir senti excité dans les mots qu’il a écrit. Sa voix est assurée et troublante mais brouillée par des bruits sourds. Le résultat est catastrophique. Seconde séance dans le calme de sa voiture à l’arrêt. Voix décontractée puis des intonations peu à peu différentes. La voix intime, la seule qui m’intéresse. La voix est un second visage. Etre dans l'intimité du désir de chacun des hommes au téléphone sur la ligne rose, celle où l’on lâche ses mots comme on lâche son foutre. Samuel n’est ni tout à fait semblable aux autres hommes, ni tout à fait différent. Il dit des mots, pendant que je me caresse, qu’aucun autre homme ne dit au téléphone. Il dit « vous » mais il dit « chérie ». Les autres disent « tu » et n’emploient jamais les mots réservés à leur femme. C’est presque une règle implicite. Il dit « ça vient, là, n’est-ce pas ? ». Je réponds « oui » dans un soupir de plaisir. Il dit « allez, venez, chérie ». Je viens, je sens le plaisir qui monte. Il ne dit rien d’autre et m’écoute jouir, gémir et crier.

Saturday, November 17, 2007

Les hommes au téléphone 13/18

L'envie, à nouveau, de la voix pornographique avec un inconnu. L’envie du jeu érotique m'est revenue avec lui. A l'heure de la webcam, de la visiophonie, de Facebook, écouter simplement la voix d’une inconnue reste le dernier vestige d'un érotisme presque luxueux. Une douce liqueur parmi tous ces alcools forts.

Retrouver le goût secret du boudoir, de la voix intime derrière la voix publique, des mots secrets, ceux de l'intimité la plus profonde, ceux du sexe.

Samuel écrit des mots excitants dans des messages électroniques. Mais Samuel ne dit presque rien au téléphone. Un silence qui pourtant me tient et me fait jouir comme rarement j’ai joui au téléphone. Il y a dans son silence tous les mots que j’imagine, dans son souffle ou son soupir lâché la sensation intense de plaisir chez moi de l’ultime coup de rein reçu, viril et profond, celui qui me fait jouir. Samuel crée du désordre là où j’avais bâti un ordre bien établi au fil des conversations avec tous ces hommes.

Friday, November 16, 2007

Les hommes au téléphone 12/18

Une longue période sans téléphone rose a passé. Je revins à ces conversations érotiques durant ma période de célibat. Je me servais de l’excitation des hommes avec ma voix comme on utilise un gode. La voix devenait sex-toy. Je cherchais moins à faire jouir les hommes qu’à me faire jouir moi-même en utilisant leur excitation.

Je fis plusieurs rencontres. Je passais à l’acte lorsque j’en avais envie.

Une relation devint plus sérieuse. La ligne rose n’est alors plus motivée chez moi par l’excitation du pouvoir, mais devient l’instrument d’une excitation mutuelle compensant un manque entre nous deux. Séparés par la distance géographique de temps à autre, faire l’amour au téléphone nous permet de combler ensemble une intimité qui nous fait défaut dans l’attente des retrouvailles. Je ne joue plus avec les intonations de ma voix. Le téléphone devient le moyen de se faire jouir en faisant appel à des souvenirs sexuels communs ou des façons de se projeter dans un lit et de décrire nos envies réciproques.

Et puis, il y a eu Samuel.

Thursday, November 15, 2007

Les hommes au téléphone 11/18

C'est aussi au son de sa voix que j'ai compris que notre relation allait cesser. Sa voix n'était plus la même au téléphone. Sa voix était fuyante, embuée. Je lus un message de lui, un soir, sur l'écran, un des derniers qui devait exister entre nous. « J'ai besoin de temps. Je préfère que ce soit moi qui rappelle en premier. Très sincèrement, tu es une fille très bien et je ne regrette pas le moins du monde tout le temps que nous avons passé ensemble. Je t'embrasse. Philippe ».

Je compris avec lui lors de discussions ultérieures que tromper sa femme avec une voix n'était ni risqué, ni gênant, ni culpabilisant, mais que le passage à l’acte l’avait rendu coupable. Le secret de la voix désincarné de tout corps, c'est l’assurance d’un secret, celui qui ne met pas en danger, celui qui, s'il apparaît au grand jour, sera toujours facile à justifier. Se poser en victime d'une femme hystérique se serait déjà vu. J'ai très vite compris que faire l'amour au téléphone impliquait à la fois confidentialité, respect mutuel mais aussi détachement, dissociation du fantasme et du réel. Ne rien attendre du reste. Les hommes mariés sont de merveilleux amants virtuels car ils s’abandonnent sans peur dans la virtualité. Il faut simplement ne rien attendre d’autre. Alors, je me pose de nouvelles règles. Couper court lorsque la voix est lâche. Prendre une voix cinglante et castratrice, puis cesser les conversations sera ma seule réponse à l'irrespect, l'impolitesse ou le mépris. J’accepte d'être le jouet d'un homme marié parce que c’est très jouissif, d'être la putain tandis qu'il vénère la maman qu'est devenue son épouse. Une seule règle toutefois me guide : ne pas accepter la goujaterie.

Wednesday, November 14, 2007

Les hommes au téléphone 10/18

Ce fut le commencement de trois mois d’une relation intense via le téléphone.

Il m'appelait entre deux consultations de patients, entre deux visites. A cette époque, nous n'avions ni l'un ni l'autre de téléphone portable. Je l'appelais d'une cabine téléphonique lorsque je n'étais pas seule chez moi. D'une autre cabine avant d'entrer le matin à mon bureau parisien où je n'étais jamais seule. Aujourd'hui encore, la vision de cette cabine téléphonique me rend nostalgique de cette relation. Il profitait d'un moment de calme où ses enfants jouaient dans le jardin, où sa femme était occupée à l'étage pour m'appeler. Il ne cessait de me répéter que je lui manquais, qu'il avait besoin d'entendre ma voix. Les moments de sexe au téléphone où nous jouissions ensemble étaient de véritables moments d'intimité. Dans mon bureau rouennais où j'étais seule, je frémissais à chaque appel. Je me souviens avoir joui avec lui à l'autre bout du fil, jambes écartées sur le bureau, lui assis derrière son bureau pendant que ses patients attendaient dans la salle d'attente.

Je partis quelques jours en Bretagne avec mari, filleule et famille. Je me souviens de petits matins dans le brouillard de la Rance, à Saint-Suliac, au téléphone avec lui, pendant que tout le monde dormait encore.

Il m'envoyait de longues lettres enflammées, que je garde encore. Elles commençaient toutes par "Mon Amour". Le courrier transitait par nos bureaux avec des mentions « confidentiel » sur les enveloppes. Il m'envoya une bague. Une bague que je conserve toujours. Même si nous échangions des photographies, c'est la voix qui était présente dans nos pensées mutuelles. Nous décidâmes de nous rencontrer. Le prétexte fut trouvé, préparé. Je me rendis à Bordeaux. Je vis le bureau d'où il m'appelait. C'était étrange de pouvoir toucher tout ce qui était jusque là décor et corps imaginaires. Nous fîmes l'amour sur le bureau de ce cabinet médical que j'avais tant dessiné dans mon esprit. Nous passâmes le reste de notre temps dans la chambre d'un grand hôtel à Bordeaux. J'ai retrouvé à mon oreille le son de son soupir quand il a joui. J'ai retrouvé le son de sa voix, blottie contre lui. Nous nous sommes rencontrés à nouveau un week-end, quelques semaines après.

Tuesday, November 13, 2007

Les hommes au téléphone 9/18

Philippe avait 33 ans. Il était médecin à Bordeaux. Il était marié, père de plusieurs enfants. Pour la première fois, avec lui, j'ai répondu à des questions en dehors du sexuel. Je lui ai dit que j'étais assistante d'un architecte, ce qui était presque la vérité, à l'époque. Je lui dis être également mariée, avoir une fille de dix ans, ce qui était presque la vérité même si la fillette en question avait douze ans et n'était pas vraiment ma fille. Du plus loin que je me souvienne, je crois lui avoir proposé de l'appeler pour faire l'amour au téléphone. Il a accepté, m'a donné son numéro. Je l'ai appelé. Il avait une voix très douce, mais très lointaine, très feutrée. Il parlait très bas. J'ai commencé à lui dire les phrases que je disais aux autres hommes. Je lui décrivais comment je le suçais, comment je prenais sa queue dans ma bouche, employant les mots crus, comme avec les autres. Il me demandait sans cesse de décrire ce que je faisais en me caressant, comment je mettais mes doigts. C'était la première fois que l'on me demandait cela avec autant de détails. Je n'aimais pas trop cela. Ce qui m'excitait c'était entendre le désir de l'autre, son excitation monter, son envie de jouir. Il se caressait. La première fois, il a joui assez silencieusement. Il m'a demandé si nous pouvions nous rappeler, si j'avais une boîte à lettres électronique. Je lui ai dit qu'il pouvait me laisser un message, ce qu'il fit. Je me souviens très bien de son message : il me disait qu'il avait aimé ma voix chaude et sensuelle, que je pouvais le rappeler. Il me donnait les jours et les heures où je pouvais le faire.

Monday, November 12, 2007

Les hommes au téléphone 8/18

Beaucoup d’hommes m’ont demandé si je pouvais me caresser avec une autre femme et leur faire écouter, ou baiser avec un homme et leur faire écouter. Beaucoup me demandaient de leur faire écouter le bruit de mes doigts mouillés caressant mon sexe ou du tissu de ma culotte contre ma chatte. Peu d’hommes ont sollicité une rencontre réelle. Dans leurs messages électroniques, les hommes étaient très loquaces, puis au téléphone, tous ou presque, très intimidés. Seuls quelques habitués du téléphone rose ont de l’assurance. Mais ce ne sont pas les hommes qui m’intéraissaient. Je me souviens de quelques hommes en particulier que j’ai eu une seule fois au téléphone. L’un deux s’appelait Patrick. Il me demanda d’imaginer un scénario où nous étions dans un entrepôt, au milieu de palettes et de containers. Il changea sa voix au bout de quelques minutes et me demanda de l’attacher dans cet entrepôt, de lui arracher ses vêtements, de le frapper. Je me souviens qu’il m’avait été très difficile de concrétiser ce scénario au téléphone. Je me souviens d’un autre homme qui m’avait demandé de lui raconter ce que nous ferions ensemble dans un ascenseur d’hôtel. Je lui racontais, j’entendais ses réponses, puis j’entendis soudain une autre voix, la voix d’un autre homme. Le premier me raconta qu’il avait envie de partager ce moment avec un ami. J’ai fait jouir ces deux hommes au téléphone les laissant imaginer une séance à trois avec moi. Je me souviens aussi d’un homme d’une cinquantaine d’années qui voulait me raconter ce qu’il faisait avant d’imaginer comment il me prendrait chez lui. Il me décrivait des séances à plusieurs qui avaient eu lieu la veille, je comprenais alors assez rapidement qu’il me décrivait un film pornographique dans lequel il s’était projeté.

Je me souviens d’un médecin-psychiatre qui m’avait donné son adresse après s’être branlé dans sa baignoire au téléphone avec moi. Il me proposait de le rejoindre pour baiser quelques heures par semaine avec lui.

Toutes les conversations commençaient de la même façon. Après avoir annoncé mon prénom au téléphone, je leur demandais comment ils étaient habillés, comment ils étaient installés, je leur racontais comment j’étais habillée du dessus aux dessous, puis je leur demandais quelles étaient leurs envies. Je ne laissais jamais une conversation sortir du cadre sexuel ou du fantasme sauf pour un ou deux hommes dont je parle ici.

Sunday, November 11, 2007

Les hommes au téléphone 7/18

Des mots reviennent souvent dans les conversations : « chienne », « pute », « tu es en chaleur ». Je joue mon rôle. Je suis tour à tour la chienne en chaleur, la pute soumise. Je décris ce que je leur fais. Je prends le temps de prononcer les mots au sortir de ma bouche. Je me souviens en effet d’une phrase d’Ariane Mouchkine parlant à ses comédiens : « Si vous dites le mot « croustillant », nous devons entendre que cela croustille dans votre bouche ». Lorsque je prononce le mot « sucer », je travaille chaque intonation du mot pour que ma voix suggère une bouche qui descend et remonte lentement le long de leur queue. Ils doivent sentir au même moment où mes mots glissent à leur oreille que ma bouche glisse le long de leur sexe, simplement par ma voix.

C’est une manière pour moi d’être au plus près d’une intimité que je construis avec eux l’espace d’un quart d’heure au téléphone. Me glisser dans leur peau d’homme en est une autre. Je m’imagine à leur place. Au fur et à mesure de ce que je leur raconte, je sens très vite ce dont ils ont envie, d’une femme dominatrice ou soumise, de descriptions détaillées ou de gémissements. Des mots qui les font jouir assez vite : « donne moi ton foutre », « tu as les couilles pleines, je le sens, donne le moi, vide-toi dans moi ». J’aime entendre leur cri quand ils jouissent. Je ne sais si les gémissements des femmes sont très différents d’une femme à l’autre, mais le gémissement de jouissance d’un homme est assez semblable d’un homme à l’autre. J’ai entendu ainsi au fil des appels des centaines de soupirs rauques, de cris courts et presque retenus. Je suis souvent celle qui raccroche en premier. Je termine par les mêmes mots avec une voix très douce. Une règle importante : ne pas rentrer dans le réel, rester la voix incarnant le fantasme.

Saturday, November 10, 2007

Les hommes au téléphone 6/18

Les hommes au téléphone sont à la fois très différents mais très semblables dans leurs fantasmes. Il y a les timides, ceux qui dialoguent par écran interposé pour fantasmer, pour tromper leur femme sans la tromper. J’élimine très vite les puceaux. Je n’ai pas envie de jouer avec tout le monde. J’aime les maris timides. Je les emporte vite dans l’idée de me laisser leur parler au téléphone. Je sens chez eux le goût d’un interdit qui leur fait peur et je n’aime rien tant que les entendre se laisser aller avec moi. Je rejoue Eve offrant une pomme à croquer. Les hommes mariés ressemblent à des évadés. Ils veulent tout. Toutes les pommes. Ils veulent entendre comme je les suce. Ils ont tous un point commun, ils disent tous « sois une vraie salope ». Lorsque nous construisons un scénario ensemble, à quelques exceptions près, ils rêvent tous de hauts talons, de jambes galbées dans des bas noirs, de porte-jarretelles et de jupes moulantes. Ils aiment les femmes bourgeoises totalement vicieuses, celles qui se jettent sur leur queue. Ils rêvent tous de sodomie et de fessées pendant une levrette virile. Lorsque j’ai commencé ces conversations au téléphone rose, j’avais 25 ans. Presque tous mes interlocuteurs avaient entre 35 et 40 ans. Ils appellent le plus souvent du bureau. Ils remarquent dans ma description physique mes gros seins. Ils me demandent tous de prendre leur sexe entre mes seins.

Friday, November 09, 2007

Les hommes au téléphone 5/18

C’est quelques jours après avoir envoyé à Alain cette photo que j’ai eu au téléphone Philippe pour la première fois. Philippe portait le pseudonyme « Médecine 33 ». Je ne me souviens plus des détails du commencement de notre histoire parce que je crois que pour moi cela était devenu une chose banale que de dialoguer sur le net ou de téléphoner à des hommes pour les faire jouir ou jouir avec eux. Je jouissais rarement avec eux d’ailleurs. Je ne me caressais que rarement avec eux. Je jouais simplement la passeuse. Une passeuse de jouissance. Une voix de fantasme, des mots réels dans un corps non incarné. Un film ou un magazine pornographique sans images.

Durant cette période qui s'est étalée sur deux ans, d'autres hommes ont été en communication au téléphone rose avec moi. Je n'ai jamais été rémunérée pour écouter ces hommes ou les faire jouir. J'ai été hôtesse au téléphone rose pour mon propre compte, un compte gratuit, pour mon propre plaisir. C'était tout à la fois le plaisir de la jouissance de l’autre et le plaisir pris à exercer une forme de pouvoir avec ma voix. Il n'y avait pas d'enjeu, pas de règlement de comptes sous-jacent avec la gent masculine. Le téléphone rose participait d'un nouveau jeu érotique. « Se fier à une voix, c'est parfois comme suivre une femme dont on a vu que le dos », a écrit Francis Dannemark.

Thursday, November 08, 2007

Les hommes au téléphone 4/18

Le troisième homme avec qui j’ai eu plusieurs dialogues érotiques s’appelait Alain. Il avait 40 ans, vivait dans une grande ville proche de la mienne. Il écrivait sous le pseudonyme de « Gilles ». C’est le seul, à cette époque, avec qui j’ai parlé d’autre chose que de sexe. Les deux autres ne souhaitaient pas discuter, tout comme moi. Je laissais Alain me parler. Il disait avoir une agence commerciale dans laquelle il travaillait seul. Il disait être marié, ne plus aimer sa femme, ne plus lui faire l’amour. Je l’écoutais. Il disait avoir eu une maîtresse de vingt-cinq ans sa cadette. Sa façon de parler était très courtoise, très empruntée, très raffinée. Il ne s’était jamais caressé au téléphone. C’est moi qui lui ai demandé de le faire et lui ai appris. Ma voix le faisait bander immédiatement. J’avais vraiment l’impression de faire l’amour avec lui, il n’y avait rien de bestial, l’excitation était très érotique. J’adorais entendre sa voix qui était de plus en plus excitée, son timbre qui changeait, son souffle qui s’accélérait. Je sentais exactement le moment où il allait laisser aller son foutre. Il était très gêné après, me disait que son bureau était maculé de sperme, sa voix devenait basse, timide, mais toujours douce, et très tendre. Il aimait imaginer notre première rencontre et me la raconter. Il me proposait de nous retrouver dans l’obscurité de son bureau, simplement pour n’entendre que nos voix et découvrir par le toucher ce qui le faisait tant brûler de désir, aimait-il à me répéter. Il ne pouvait s’empêcher de parler d’amour, me disait qu’il était amoureux de moi, qu’il aimerait avoir une photographie pour pouvoir mieux m’imaginer encore, un tissu imprégné de mon parfum, qu’il était prêt à m’attendre. Il réussit à me convaincre. Un jour, je lui ai envoyé une photo de moi, un portrait pris sur la plage, accompagnée d’un de mes foulards parfumé. Il ne cessait de me parler de ma féminité, de ses pensées quotidiennes pour moi. Il était très lyrique dans les messages qu’il laissait sur ma boite à lettres. Je crois avoir fait cela pour voir jusqu’où j’étais capable d’aller. Je ne serai pas allée plus loin avec eux, avec aucun d’entre eux. C’était une règle que je m’étais fixée à l’époque. Pas de rencontre réelle. D’ailleurs moi aussi, je prenais un pseudonyme : « Anna ». Jamais je ne donnais mon numéro de téléphone. C’est toujours moi qui ai appelé, après avoir établi le contact sur internet. A aucun d’eux je n’ai donné mon vrai prénom, ou une indication sur ce que je faisais réellement comme métier, sur ma vie privée.

Wednesday, November 07, 2007

Les hommes au téléphone 3/18

L’autre homme avait le pseudonyme de « Toubib 76 ». Avec lui, jamais, je ne me caressais. Je l’excitais avec des mots. Lui ne parlait presque pas. Il se caressait longtemps, trop longtemps à mon goût. C’était interminable. Je devais lui demander de jouir pour qu’il cesse de se caresser. Il fantasmait sur la vision d'une patiente habillée d’une mini jupe, venant à son cabinet, croisant et décroisant ses jambes, puis se caressant devant lui, pendant que lui, se branlerait devant elle. Plus rarement, il s’imaginait la sodomiser ou la prendre en levrette. Ses fantasmes pauvres et communs ne m’excitaient guère mais quelque chose d’autre me touchait. Son besoin de se caresser dans la journée, son besoin de le faire avec moi. L’imaginer fermer les yeux, assis sur son fauteuil, attendre les mots sortir de ma bouche pour sortir son sexe, mes phrases rythmant les mouvements de sa main. Je compris assez rapidement son envie de jeu de rôles. Il aimait que je joue une patiente vicieuse sous des mots polissés. Il aimait que je lui décrive comment je caressais ma chatte. « Comment fais tu ? que fais tu maintenant ? » revenaient sans cesse dans notre conversation. Je parvenais à le faire jouir en lui demandant de m’imaginer assise sur son sexe dressé, jupe relevée, lui assis dans son fauteuil. Je lui ordonnais de lâcher son foutre pour me faire jouir. Je maîtrisais totalement le rythme et la durée de sa masturbation. C’est ce pouvoir qui m’intéressait.

Il me donna son adresse. Médecin dans une petite ville normande. Aujourd’hui encore, plusieurs années après, il m’arrive d’avoir envie de prendre rendez vous, d’aller le voir et de jouer le réel de ce scénario si souvent imaginé avec lui pour alimenter ses séances masturbatoires.

Tuesday, November 06, 2007

Les hommes au téléphone 2/18

Pierre avait le pseudonyme de « Rugbyman musclé au téléphone ». Il avait 40 ans. Il exerçait sur moi un magnétisme torride. Il ne demandait pas à ce que l’on discute. Il avait une voix très mâle, très sensuelle et très excitante. L’appel était très court avec lui. Il se branlait, jouissait, raccrochait en terminant toujours par la même phrase : « j’aimerai te rencontrer et que l’on fasse cela en réel ». Dès qu’il me parlait, je mouillais. C’était un rapport très animal avec lui. Je n’avais pas besoin d’imaginer un scénario, sa voix paralysait la mienne mais chacune de ses intonations, chacun de ses mots mouillaient les lèvres de ma chatte. Sa voix me pénétrait tout comme l’aurait fait ses doigts. Tout le reste me déplaisait. Je le détachais immédiatement de moi lorsqu’il me disait d’une voix surjouée et machiste, dans un soupir : « Tu sais que tu es bonne, toi. ». Mais le reste de ses mots, de sa voix, me faisait jouir presque instantanément. Il m’appelait à chacun de ses déplacements lorsqu’il se retrouvait seul dans son hôtel. Le matin, souvent. J’étais derrière mon bureau. Il se connectait. Je l’appelais. J’entendais ses mots : « Je suis sur mon lit, nu, j’ai envie ». A entendre sa voix et cette simple phrase, je devenais la plus soumise des maîtresses virtuelles. Je caressais ma chatte et je n’avais qu’une envie, être pénétrée par son sexe comme sa voix me pénétrait à cet instant, d’un seul élan puissant, profondément. Il jouissait d’un cri rauque et profond. Je jouissais d’un long cri. Soupirante, implorante.

Monday, November 05, 2007

Les hommes au téléphone 1/18

Les Hommes au téléphone



L'homme jouit du bonheur qu'il ressent, et la femme de celui qu'elle procure.
Le plaisir de l'un est de satisfaire des désirs, celui de l'autre est surtout de les faire naître.

Pierre Choderlos de Laclos
« Les Liaisons dangereuses »



On découvre au téléphone les inflexions d'une voix qu'on ne distingue pas tant qu'elle n'est pas dissociée d'un visage où on objective son expression.

Marcel Proust
« Albertine disparue »



Durant les semaines précédant ma rencontre avec Philippe, je faisais cela au téléphone toujours avec les deux ou trois mêmes hommes. Le rituel était le même.

Les mêmes mots. « Allo, bonjour, c’est Anna ».

Sunday, November 04, 2007

En attendant demain

Saturday, November 03, 2007

En attendant

Friday, November 02, 2007

En attendant

Thursday, November 01, 2007

Bientôt un nouveau texte

Dès lundi prochain, un nouveau texte de Ann Aroïs en ligne...

Tuesday, July 31, 2007

Saturday, April 28, 2007

Ecrire. S'écrire.

Je suis actuellement en travail d'écriture, mais je ne suis pas absente de la blogosphère.
Un lecteur internaute m'a proposé d'échanger avec lui des lettres, d'y parler d'érotisme. Nous ne nous connaissons pas. Nous ne nous sommes jamais rencontrés. Je sais simplement qu'il s'appelle Jacob Miller. Cette correspondance commencée il y a une semaine est publiée en temps réel sur un blog crée pour l'occasion. Je vous invite donc à consulter ce blog, à le lire, à suivre cet échange au fil de son écriture. Il suffit de cliquer ICI . Une correspondance érotique.

(sens de lecture : la lettre la plus récente apparait en haut de page)



Sunday, April 01, 2007



Saturday, March 31, 2007





Tuesday, March 27, 2007



Sunday, March 18, 2007




Thursday, March 15, 2007

Extrait 2/ Journal Particulier / Paul Léautaud

Dimanche 28 mai :
(...) Un détail piquant. Je lui disais ce soir, au lit, que j'avais des choses désagréable à lui dire dans le domaine du plaisir, que je n'étais pas du tout satisfait. Comme elle me pressait de parler, je lui dis : " Non, peut-être pas aujourd'hui. Je ne suis pas encore assez libre, un autre jour." Elle me dit tout à coup : "Je sais ce que c'est". J'insiste à mon tour pour qu'elle parle, ajoutant que je serais bien étonné qu'elle dise juste. Elle me dit : "L'amour à l'italienne." Je ne comprenais pas. Elle explique : "L'autre côté ? ". Je lui dis : "Enculer ?". Elle me répond : "Oui", disant tout de suite qu'elle s'y refuserait, que c'est paraît-il extrêmement dangereux. Je l'ai détrompée aussitôt. Pas du tout cela. Mon grief était tout bonnement : insuffisance de caresses avec la langue. Je lui dis qu'elle m'a traité, la dernière fois, pour mon goût à faire ces caresses de faire le chien..."Eh! bien toi, tu ne le fais pas assez." Elle s'est mise très volontiers à ce ton. (...)

Wednesday, March 07, 2007

Extrait 1/ Journal Particulier / Paul Léautaud

Dimanche 13 août :
A cinq heures, arrivée de M.D. avec son dîner, comme dimanche dernier. Son départ remis à demain. Naturellement, nous avons fait l'amour. J'aurais bien préféré ne pas la voir. Elle s'est dégourdie un peu quand je la baisais et que je lui demandais si ça allait : "Oui!, j'ai ta queue."

Tuesday, March 06, 2007

Paul Léautaud / Journal Particulier 1933

Le petit poème que vous avez pu lire dans le post précédent est la préface de ce livre : Le "Journal particulier - 1933"de Paul Léautaud, un livre paru bien après sa mort. Un livre très impudique. Léautaud a écrit un "journal littéraire" tout au long de sa vie, dans lequel il parlait des figures littéraires de son époque, de ses multiples chats qu'il soignait et recueillait, un journal souvent caustique, drôle, qui en fait un personnage qu'on qualifia d'égoiste, de mysogine, d'ermite clochardisant. Je vous recommande l'écoute de ses entretiens avec Robert Mallet qui m'ont personnellement rendu attachant ce personnage hors du commun.
Dans ce "Journal particulier", les pages racontent sa liaison avec sa maitresse dodue et polissonne, une femme mariée. Des pages crues dont je vous donnerai quelques extraits dans les posts suivants.

Friday, March 02, 2007

Je n'aime ni la pucelle,
(Elle est trop verte), ni celle
Qui est trop vieille aussi.
Celle qui est mon soucy,
C'est la femme déjà mûre,
La mûre est toujours meilleure.
Le raisin que je choisi
Ne soit ni vert ni moisi.

Jean-Antoine de Baïf
(1532-1589)

Sunday, February 25, 2007

Wednesday, February 21, 2007

Nouveau texte de Ann Aroïs

Avaler ce qui sort de sa bouche


Le romancier donne à voir par le trou de la serrure ce qu'on ne pourrait pas voir autrement.
Alberto Moravia

Pour écrire, il faut aimer, et pour aimer, il faut comprendre.
John Fante

Il sort de jolis mots de sa bouche. Il dit «con» pour «chatte». Il dit «tribade», «étrite», il dit «en commerce avec», il dit «ma douce», «chère Princesse», il dit «c’est admirable»., «vous êtes formidable», «quel tempérament», il dit «mamourer», «galocher», «patiner», il parle de «salope suprême», de «félicité». Elle avale tous ses mots qui sortent de sa bouche comme de douces sucreries au goût de chocolat, à l’odeur de caramel. Elle suce ses mots longuement.

Lui imagine. Il sort de sa bouche sa langue pour sucer le bonbon qu’elle lui donne en ouvrant son autre bouche. Il goûte le miel qu’elle laisse couler d’elle.

Elle ferme les yeux. Elle aime mélanger sa bouche à la sienne et avaler sa salive.

Il aime entendre sa voix. Il aime les cris qui sortent de sa bouche. Les cris de plaisir. Les cris de cristal. Des cris de jouissance qui résonnent à son oreille.

Il aime la lumière de l’imaginaire et l’ombre du secret. Il aime rêver aux mots qui sortent de sa bouche.

Lui et elle écrivent. Ils ne se connaissent pas, ne s’aiment pas, mais ils se nourrissent de ce qui sort de leur bouche, des mots qu’ils disent, pour mieux goûter le jour venu le plaisir qui viendra couler dans leur gorge.

Monday, February 19, 2007

Saturday, February 17, 2007

Texte envoyé par Pascal (2/2)

Au détour d’un chemin, suite et fin

Reprenant mes esprits et croyant au destin, je fais demi tour, accélère mon pas ou plutôt ma foulée, je pars à sa recherche. J’arrive à l’endroit de notre rencontre, je m’arrête. Quel chemin, quelle direction ? J’hésite. Je vais pour continuer quand mon regard est attiré par un mouvement en contre bas. Je descends sans bruit et je la vois. Ses habits relevés ne cachant rien de son corps, une main caressant sa poitrine, l’autre, lancée dans un plaisir solitaire.
Subjugué, je suis incapable de bouger devant ce spectacle qui me bouleverse.
Que faire ? L’interrompre au risque de tout gâcher, saisir cette opportunité pour….
Je me secoue, sans attendre plus, je m’avance sans précautions aucunes. Une brindille craque, elle ouvre les yeux, me regarde et dans son regard une invitation à la rejoindre. Je la prends dans mes bras, nos corps se serrent l’un contre l’autre, mais la suite, vous la connaissez.

Je vais enfin réaliser mon rêve.

Vécurent-ils heureux? Avec beaucoup d'enfants? Qui sait?

Wednesday, February 14, 2007

Valentin et Valentine


Tuesday, February 13, 2007

Monday, February 12, 2007

Saturday, February 10, 2007

Texte envoyé par Pascal (1/2)

Au détour d’un chemin,

Je l’ai rêvé, mais jamais je ne pensais que, mais au détour d’un chemin, ….
Bonjour : une bise, mes lèvres frôlent ta joue et un frisson m’envahit, nos regards se croisent, mes lèvres effleurent l’autre joue et, le long de ma colonne, une décharge électrique, puis nos lèvres se touchent suspendant tout mouvement. Nous sommes aspirés l’un vers l’autre, nos bouches s’entrouvrent, nos langues se trouvent ….
Nos regards cherchent un abri, enfin seuls.
Mes mains jouent avec tes cheveux, parcourent ton visage tandis que notre baiser se poursuit, mes mains descendent vers ton corps, mémorisant tous ce qu’elles touchent. Tes habits ne résistent pas, tes épaules, puis sous mes paumes, tes seins, tes tétons durcissent sous mes caresses. Les extrémités de mes doigts explorent ce corps, descendent vers ton ventre et je te sens te tendre. Le reste de tes habits ne fait pas obstacle longtemps, je découvre le galbe de tes hanches, ton mont de vénus disparaît sous ma main pendant que tes jambes s’écartent pour laisser apparaître une fleur encore fermée mais qui ne demande qu’à s’ouvrir. Mes lèvres prennent le relais, remontent vers ton ventre, vers tes seins qu’elles goûtent avec avidités. Tout ton corps est tendu, prêt à exploser. Mes lèvres repartent vers cette fleur qu’elles évitent pour caresser tes cuisses, tes pieds, puis, précédées de mes mains qui n’en pouvaient plus d’attendre, remontent le long de tes jambes, les parcourant toutes les deux pour ne rien en perdre. Mes mains atteignent cette fleur offerte, caressent tes lèvres qui s’écartent, trouve ce bouton qui, dès qu’elles l’effleurent, fait se tendre ton corps et couler un nectar que je m’empresse de boire, avec amour.
Je sens alors tes mains qui caressent mon corps. Je m’abandonne à ce plaisir, tes lèvres parcours mon torse, mon ventre. Le supplice est doux. Elles évitent mon sexe, embrassent mes cuisses, remontent lentement le long de ma hampe, aspire mon gland et je chavire….
Je t’arrête, car nos sexes trop longtemps absents de nos ébats, se réclament. Ma verge glisse sur tes lèvres, les écarte, te pénètre lentement, tendrement. Ton fourreau est chaud, accueillant. Tout, autour de moi, s’embrase. Je ne sens plus que nos deux corps qui se frôlent, se cherchent, le mouvement de nos corps s’accélère, nos deux êtres se rejoignent, un cri, un râle, une explosion : ensemble. Un bonheur immense m’envahit, tout mon corps me brûle. Enfin je vais pouvoir te serrer dans mes bras, sentir ton corps doux et chaud contre le mien, ne plus faire qu’un et goûter au plaisir de l’amour, mais….

Une question : tu vas bien ? Mes yeux s’ouvrent, elle me regarde avec un je ne sais quoi dans le regard, un oui machinal, un à demain rapide et la voilà qui poursuit son chemin. Je reprends le mien, marchant comme sur un nuage: une fraction de seconde et tant de bonheur.
Oserai-je lui dire un jour : je t’Aime.

Sunday, January 28, 2007

Saturday, January 27, 2007

Texte envoyé par Thierry

J'ai remis cette musique...
Celle de ces premières caresses, baisers promis, attendus, espèrés, je ne te connaissais que des mots...
impatience à croiser ce désir, traversant les paysages où tes mots s'inscrivaient sur mon portable comme autant de parfums, et de douceurs lascives.Nos attentes s'entouraient de mystère,se pouvait-il qu'ils ne se heurtent à cette inconnue?
Je t'ai vue, et ce désir s'est résolu, je n'ai pas attendu, nous nous sommes étendus, tes gestes si entreprenants, tes lèvres si caressantes, commbien de fois ont parcourus mon pénis, portés leur humidité au delà de ces espaces reconnus , tes mains écartant mes fesses pour m'offrir ce jeu inconnu.
Et de tout ce temps, de cette journée de février où frappait la pluie, j'ai parcouru de la même manière ce corps le cherchant de ma langue au plus profond...
Un jour, plus tard, sur une plage encore déserte, j'ai demandé, timidement, se pourrait-il que tu me reçoives par ce côté encore vierge de moi, tu as ri, j'ai souri comme un bonheur, une légèreté qui s'installait...

Wednesday, January 24, 2007

Bientôt un nouveau récit

Friday, January 12, 2007

Photo du livre de Pierre Louys

Thursday, January 11, 2007

Extrait du livre / Pierre Louys

Le baiser entre les jambes

Tout près du sexe qui fleurit dans les poils roses
Il est pour les amants une place à baisers.
C'est là que rêvent les visages épuisés
Et que la cuisse est tendre aux sourires moroses.

Nul duvet, si léger qu'il soit, n'y vient ravir
L'extase de la lèvre à la peau qui frissonne
Et la chair fraîche y peut lentement assouvir
Le cruel amoureux qu'un charme passionne.

Plus douce que la joue et pure que les seins.
La cuisse est là si blanche au milieu des coussins
Que la bouche y promène en souriant sa grâce.

Et cherche à ranimer sous les baisers voilés
La trace et le parfum des spermes écoulés
Sur le grain d'une peau voluptueuse et grasse.

6 février 1891

Sunday, January 07, 2007

Photo extraite du livre


Les photos du livre de Pierre Louys sont toutes du début du siècle, je vous en donne un aperçu ici (mais j'ai choisi les moins pornographiques... je vous laisse le soin de découvrir par vous-même dans le livre les parties de jambes en l'air en couples, à plusieurs, entre filles, etc... accompagnées des succulents poèmes)

Thursday, January 04, 2007

Extrait du livre

La femme qui se caresse

Couchée à travers le divan, les pieds par terre
Et sa touffe de poils bouffant en flots légers
Elle caresse avec ses gestes allongés
Son corps chaud que nul vin viril ne désaltère.

Elle s'aime, occupée à d'éternels loisirs
A l'ombre des tentures et des palmes vertes.
Ses doigts efféminés par les mauvais désirs
Rôdent luxurieux autour des chairs ouvertes

Ils savent, en errant sur le ventre, creuser
Dans la peau la marque amoureuse d'un baiser
Qu'aurait donné la bouche idéale d'un homme.

Ils savent effleurer les hanches doucement
Et mouler à la peau des seins leurs palmes, comme
Un corps souple de femme sur un corps d'amant.

Pierre Louys - 17 avril 1891

Wednesday, January 03, 2007

Le livre de la semaine

Monday, January 01, 2007

Soyez à mes pieds en 2007

Sunday, December 31, 2006

Il y a un an...

Il y a un an, je commençais ce blog.
J'y ai mis en ligne dix textes.
Vous avez contribué au blog en m'envoyant des textes.
Je vous y ai montré des photos coquines.
Je vous y ai parlé de livres.
Vous m'avez trouvée ici ou là.
Je ne vous connais pas, vous qui me lisez.
Mais j'aime savoir que vous m'observez par le petit trou de la serrure de ce blog.

Saturday, December 30, 2006

En attendant l'année prochaine

Friday, December 29, 2006

En attendant l'année prochaine

Thursday, December 28, 2006

En attendant l'année prochaine

Wednesday, December 27, 2006

En attendant l'année prochaine


En attendant l'année prochaine, changeons d'époque...

Tuesday, December 26, 2006

Ann en vacances

Monday, December 25, 2006

Joyeux Noël

"L'excitation est le fondement de l'érotisme, son énigme la plus profonde, son mot-clé."
Milan Kundera

Sunday, December 24, 2006

Attendons le Père Noël

Saturday, December 23, 2006

Texte de Patrick

Les persiennes laissent filtrer un rayon de lumière qui réveille doucement la chambre.

Je suis assis et je te regarde.

J'ai tellement attendu. Tellement. Tellement...!
Il est parfois de ces instants que l'on ne se croyait plus être autorisé à vivre, qui font presque peur. Où douceur et tendresse osent enfin percer au-delà des trahisons et des frustrations accumulées.
Comment retenir et préserver ces moments ?
"En les chérissant dans son coeur et son esprit à jamais", m'as tu répondu.
Comme je te chéris maintenant, en te câlinant du regard.
Comme je te chérissais, cette nuit lorsque ton corps se cambrait sous mes étreintes.
Lorsque ton regard bleu, tellement profond et intense qu'il en est parfois cruel, paraissait enfin apprivoisé.
Lorsque ton coeur s'ouvrait sans pudeur, me suppliant de m'y engouffrer et d'y déverser des torrents de tendresse.
Lorsque ta bouche se laissait aller au delà des limites de la convenance et me criait les mots qu'on ne maîtrise pas.
Lorsque tes cris de plaisir, mon Amour, se confondaient avec mes élans saccadés.
Lorsqu'enfin, abandonnés, vaincus, lovés sensuellement l'un dans l'autre, incroyablement légers mais terriblement forts, nous nous laissions portés vers des Terres inconnues...

Je suis assis et je te regarde.

Ton corps alangui, apaisée, offert m'autorise t-il une confidence ?
Je voudrais tant pouvoir te dire que je t'aime sans que ces mots ne soient teintés d'interrogations et de doutes mais plutot d'espoir et de plaisir.

Je te regarde.

Le drap recouvre ton intimité... Comme je lui en veux !
Je m'approche. Plus près. Je sens ton souffle. Tes yeux s'éclairent... Tu ne dors pas...

Tuesday, December 19, 2006

Monday, December 18, 2006

Fétichisme

Un homme ici m'a dit être fétichiste du pied de la femme...
Quelqu'un m'a demandé si j'étais fétichiste d'une partie du corps d'un homme...
Le torse.
Le torse masculin s'il n'est pas imberbe est pour moi source de plaisir intime uniquement à la vision de celui-ci.
Le torse de Sergi Lopez, le torse de mon amant actuel...
Il y a quelques années, voir l'affiche du torse de l'homme qui illustrait un parfum d'Yves saint-Laurent me faisait mouiller instantanément.

Saturday, December 16, 2006

Une liaison pornographique


Un homme et une femme se rencontrent, par annonces interposées, dans le but d'assouvir un fantasme sexuel commun. Ils se voient une fois par semaine dans un hôtel où, à l'abri des regards, ils font "ça", mais aussi, se parlent, boivent des verres, mangent, s'apprécient et se lient petit à petit. Bientôt, l'un d'eux proposera de faire l'amour "normalement"...

à voir en film... (voir ici un extrait)

à lire en pièce de théâtre...

à vivre en réalité...

Friday, December 15, 2006

Thursday, December 14, 2006

Autre texte de Claude

Claude est un lecteur du blog. C'est le second texte qu'il m'envoie et que j'ai décidé de publier ici.

A l'âge de quatorze ans, je me masturbais chaque soir. J'éteignais la lumière et me cachais sous la couverture. Comme Nougaro, je me faisais mon cinéma. Et si Bardot était déjà, hélas, partie en vacances, j'avais tout de même de quoi satisfaire des rêves, à ma portée. Pour les jours de semaine, ma prof' d'anglais satisfaisait tout mes désirs. C'était une belle quadragénaire aux cheveux bruns bouclés, fine et élégante, toujours court vêtue. Le soir, le souvenir fugace de la bretelle de son soutien-gorge et de ses longues jambes gainées de nylon noir m'émouvait bien plus que les verbes irréguliers dont elle nous avait soûlés. Elle avait le tort de monter, devant nous, l'escalier qui menait à sa classe, et nous laissait ainsi entrevoir les dentelles intimes qui nous bouleversaient tant, mes camarades de classe et moi-même. La nuit venue, je me branlais avec l'ardeur de mes quatorze ans et j'en négligeais mes devoirs scolaires. C'était mon amante de semaine.
Le samedi soir, passait un feuilleton, « L'âge heureux ». Les jeunes danseuses en tutu enflammaient ma virilité qui ne demandait qu'à s'exprimer. Je bandais au spectacle fugace des entre-jambes de ces nubiles beautés. Ma main n'avait que l'embarras du choix pour me faire jouir.
Mais le paradis, c'était le dimanche. Ma mère recevait son amie, une plantureuse Lorraine blonde invariablement vêtue d'un chemisier moulant et d'une robe plissée, très au-dessus du genoux. Elle chaussait admirablement des escarpins blancs à talons aiguille. Sa poitrine opulente, ses jambes musculeuses et sa peau laiteuse en faisait ma maîtresse idéale pour le dimanche. Et pendant que son mari et elle jouaient aux cartes avec mes géniteurs, je me réfugiais dans ma chambre, afin que ma main puisse lui rendre l'hommage solitaire qu'elle méritait...

Tuesday, December 12, 2006

Monday, December 11, 2006

Plaisirs solitaires (9/9) / fin

Un moment de partage absolu, intime et tendre : me blottir contre lui, son bras m’entourant, son torse près de moi, son visage près du mien et me caresser. Le faire entrer dans mon plaisir sans qu’il me touche.

Le plaisir unique : qu’il se caresse devant moi et fantasme devant moi comme s’il était seul. Voir sa main branler son sexe tendu. Le voir jouir. Ne rien dire.

Le regarder.
Le ressentir.

Etre avec lui dans son plaisir solitaire.

Faire de son plaisir solitaire mon propre plaisir.
Etre sa main, être dans sa chair, être dans son sexe.

Plus tard en me caressant
Penser à lui en l’imaginant se caresser pendant qu’il pense à moi.

Sunday, December 10, 2006

Plaisirs solitaires (8/9)

Lorsque j’eus envie de tenter quelques expériences au téléphone rose, presque tous les hommes me demandaient comment je me caressais, de décrire mes gestes. Ils se caressaient en même temps. Avec certains, je suis allée jusqu’à le faire réellement, simplement parce que leur voix m’excitait, ou que j’avais envie de donner à leur excitation un cran supérieur. Les rôles étaient alors inversés. Ils me parlaient, créaient mon excitation. Je m’allongeais, tenant le téléphone d’une main et me masturbant de l’autre. Plongée dans mon plaisir, je ne pouvais répondre à leurs questions incessantes sur le détail de ce que je faisais. Mais mes gémissements et mon souffle court les excitait.

Me caresser devant mes amants devint peu à peu un plaisir.

Me caresser cuisses écartées, leur exposer mon intimité et ma jouissance. Me caresser avec un morceau de drap, leur montrer. Leur montrer comment me faire jouir avec leurs doigts. La plupart des hommes me doigtaient mais ne savaient pas vraiment me caresser tel que moi je le désirais.

Leur montrer que j’aime avoir les lèvres très ouvertes, me caresser de bas en haut, frotter doucement le clitoris avec le drap puis prendre le temps de caresser mes petites lèvres et mon clitoris. Le faire doucement d’abord puis intensifier les gestes. Le plaisir de crier devant eux. Un cri presque plus intense que lorsqu’ils me faisaient l’amour.

Saturday, December 09, 2006

Plaisirs solitaires (7/9)

Certaines images de films pornographiques ont été très souvent matière à quelques moments de jouissance solitaires. J’aimais l’actrice Tracy Lord que je trouvais particulièrement excitante. Ce n’est pas tant les acteurs qui m’excitaient que la façon dont les actrices étaient prises et jouissaient. Je m’imaginais à leur place tout en me caressant.

Je travaillais à Paris. je prenais le bus. Je fantasmais sur un homme que j’apercevais dans le bus chaque matin à l’arrêt du Louvre. Un jour où l’envie de lui était très forte, il m’a suffit de penser à lui, de serrer les cuisses et je sentais les contractions très fortes de ma chatte, assise dans le bus. Je pensais à son sexe dont j’imaginais la forme. Je regardais ses mains et les imaginais sur moi. La pensée de cet homme me procurait des spasmes qui me firent jouir sans même toucher mon sexe.

Entre femmes, nous parlions très facilement de nos relations sexuelles avec nos amants, de leur façon d’être au lit, de nos attentes, mais nous n’évoquions jamais la façon dont nous nous donnions du plaisir seules.

Friday, December 08, 2006

Plaisirs solitaires (6/9)

Durant les périodes où je vécus seule, je me caressais souvent le soir dans mon lit. Quelquefois, aussi, le matin. Dans l’un des appartements où je vécus, j’entendais le couple de l’appartement du dessus faire l’amour . Cela m’excitait profondément. Je ne pouvais m’empêcher de me caresser intensément, au rythme de la montée de ses cris à elle.

Durant cette période sans amant, l’envie intenable d’être pénétrée me pris. Je ne parvenais plus à lutter contre cette envie d’être remplie d’un membre dur et large.

L’idée me vint en épluchant des légumes. Je pris une courgette, que j’épluchais, puis sculptais grossièrement de la forme d’un sexe d’homme. J’enfilais un préservatif et me pénétrais. Le besoin irrésistible de sentir mes lèvres serrer ce qui me remplissait était trop fort pour que seuls mes doigts suffisent. L’envie était si grande que je jouis très vite.

Mon premier gode était destiné à mon propre plaisir et à celui de mon amant. Un jeu qui nous permettait de varier les expériences ensemble. Je préférais la plupart du temps à la pénétration avec le gode frotter mon clitoris avec l’objet vibrant. J’achetais plus tard un gode réaliste. Voir cette forme de sexe d’homme dans ma main et l’asservir à mon plaisir m’excitait énormément. Cela excitait aussi mon partenaire de me pénétrer avec celui-ci, avant de le retirer pour prendre sa place. L’excitation aussi pour lui que je me serve de ce sexe en latex devant lui. Son excitation de me regarder me faire jouir avec un autre sexe que le sien. Imaginer lui et moi que c’est un autre homme.

Thursday, December 07, 2006

Plaisirs solitaires (5/9)

Dans notre famille, le sexe féminin était appelé quat’sous. Un jour je voulus voir à quoi ressemblait ce quat’sous. Un après-midi où j’étais seule dans la maison, je m’installais dans un fauteuil. Face au miroir de l’armoire, mes jambes posées sur l’accoudoir du fauteuil, j’examinais précisément cette intime anatomie. Mes doigts écartaient mes grandes lèvres, me laissant voir la forme de mes petites lèvres rouges jusqu’à l’entrée du vagin et mon clitoris.

Les gémissements que me procuraient mes caresses s’amplifiaient à mesure du temps. Lorsque je n’étais pas seule dans une maison, je mordais le drap ou le coussin posé sur moi tandis que les spasmes de mon sexe se faisaient de plus en plus forts et de plus en plus rapides.

Wednesday, December 06, 2006

Plaisirs solitaires (4/9)

Je me caressais dans différentes pièces. Souvent sous les draps de mon lit, sur le couvre-lit de celui de mes parents, le lit de la chambre d’amis, la salle de bains et plus particulièrement la baignoire. J’aimais rester longtemps dans mon bain, couverte de mousse, caresser mon sexe ouvert avec le jet d’eau de la pomme de douche.

Aujourd’hui encore, alors que j’ai quarante ans, j’aime me donner du plaisir avec le jet doux, debout ou assise sur le bord de la baignoire, les jambes écartées. Je me souviens d’une scène d’un film pornographique où l’actrice avait cette même position. Je savais ce qu’elle pouvait ressentir, partager avec elle derrière l’écran ce plaisir. J’aime encore cette sensation lorsque mon amant caresse mon sexe trempé sous l’eau qui coule de la douche.

Chez mes grands-parents, lors de vacances, je me souviens m’être caressée allongée à même le sol de la salle de bain carrelée de blanc. Mais je n’aimais rien tant qu’occuper une des chambres d’amis, celle dont la salle de bains attenante avait une immense baignoire ronde à laquelle on accédait après avoir monté deux petites marches recouvertes de moquette couleur fuschia. Une grande fenêtre donnait sur le parc. Je me caressais longuement avec le gant doux et humide. J’aurais aimé faire l’amour dans cet endroit.

Des années après, de luxueuses chambres de grands hôtels où je faisais l’amour avec mes amants devinrent le lieu de substitution de ce fantasme.

Ma grand-mère recevait le catalogue Neckerman. Je me souviens particulièrement des pages de lingerie très coquine, très subversives au regard de celles d’autres catalogues de ventes par correspondance. Les modèles posaient dans des sous-vêtements de dentelle rouge et noir qui laissaient apparaître la moitié de leurs seins. Ces images alimentaient mon fantasme de prostituée.

Un fantasme absolu lorsque j’ai lu plus tard Belle de jour de Luis Bunel et vu le film. Un fantasme réalisé ensuite en me glissant dans le fantasme d’hommes inconnus au téléphone rose…

Tuesday, December 05, 2006

Plaisirs solitaires (3/9)

Entre 17 et 18 ans, mes rêves étaient de moins en moins chastes. Je m’imaginais souvent en prostituée, soumise au désir des hommes.

Je volais un jour une combinaison en nylon que ma mère avait dû porter quelques années auparavant. Elle était d’une couleur vert jade et avait des bretelles très fines. L’ourlet et le décolleté étaient ornementés de dentelle. Je cachais la combinaison dans mon placard. Il me plaisait de la porter pour me caresser. J’aimais particulièrement être allongée sur mon lit, les jambes relevées, les pieds posés sur les barreaux du lit. Je me caressais ainsi . La sensation du tissu en nylon frottant sur mes petites lèvres me faisait jouir intensément. Il m’arrivait également de le faire dans la chambre d’amis située au deuxième étage de la maison, où j’étais certaine de n’être pas dérangée. Je me souviens du couvre-lit jaune citron en nylon. Je me regardais debout dans cette nuisette dans le grand miroir de la vieille armoire qui était près d’un lit cossu des années vingt.

Un feuilleton intitulé Le jeune homme vert passait à la télévision à cette époque. Je me souviens particulièrement d’une scène à laquelle je repensais beaucoup lorsque je me caressais. Le jeune homme vert faisait l’amour à une femme dans les escaliers de la maison. Allongés, les corps sur les marches, elle se tenait aux barreaux de la rampe pendant qu’il la prenait intensément.

Les hommes qui me faisaient fantasmer dans mon entourage devenaient les héros d ‘un scénario imaginaire auquel je pensais les yeux fermés en caressant ma chatte avec le drap. Mon professeur de français aux montures de lunettes noires, le mécanicien du garage en face de la maison étaient les hommes le plus souvent mis en scène.

Monday, December 04, 2006

Plaisirs solitaires (2/9)

Je ne me caresse jamais avec les doigts.

Je crois me souvenir que c’est à l’âge de quatorze ans que je me suis caressée pour la première fois. Déjà à cette époque, c’est le contact d’un tissu sur mon clitoris, entre mes lèvres ouvertes qui déclenchait mon plaisir.
Je m’allongeais à plat ventre sur le couvre-lit en fausse fourrure du lit de mes parents. La sensation était douce mais elle était plus intense encore lorsqu’un jour je découvris ce qui me fit vraiment jouir pour la première fois. Je prenais un oreiller, et le posais sous mon ventre. Les lèvres ouvertes, je frottais mon clitoris sur le coin de la taie d’oreiller ce qui me fit jouir. Une vague de plaisir me traversa le corps. Une sensation dont je me souviens encore.

Plus tard, je trouvais une autre façon de jouir. Je me souviens précisément du jour où j’ai utilisé ce nouveau moyen. J’étais debout derrière le bar du salon de notre grande maison. Mes premières pensées érotiques où je m’imaginais avec un homme viennent de l’Almanach Vermot que mon père recevait chaque année en cadeau de Nouvel An. Je me souviens particulièrement d’un dessin qui montrait une femme nue aux seins pointus qui s’enfermait avec son professeur de biologie dans une salle de la faculté. Le doyen de l’université tapait à la porte et la jeune femme répondait qu’elle révisait ses cours d’éducation sexuelle. Un souvenir dont la teneur érotique me surprend aujourd’hui mais qui fut source de nombreux moments de jouissance pour moi. Debout, j’otais ma culotte, la prenait dans ma main puis la passait sur les lèvres de mon sexe entrouvert.

Puis ce furent quelques lignes de L’étranger de Camus et plusieurs pages de J’irai cracher sur vos tombes de Boris Vian qui suscitèrent ma jouissance solitaire. Dans mon lit, je caressais avec le drap mon sexe ouvert en lisant les pages cornées.

Sunday, December 03, 2006

Plaisirs solitaires (1/9)

Plaisirs Solitaires
Souvenirs et petites confidences....

Se masturber : se livrer à la masturbation par soi-même
Masturber : Procurer le plaisir sexuel par l’excitation manuelle des parties génitales.
(définition du Petit Larousse)



Un nouveau texte de Ann Arois (à suivre à partir de demain, durant 9 jours...)

Saturday, December 02, 2006

Texte de Claude

Dans cette chambre...
Dehors, le vent rugit. Le froid est intense. Dans la chambre, les ombres dansent au rythme des flammes de l'âtre. Elle est simplement vêtue d'une chemise d'homme. Assise sur le lit, les jambes croisées, elle peigne ses cheveux avec grâce. Ses bras levés soulèvent l'étoffe, qui découvre largement le ventre bombé et la toison prometteuse.
Il achève de se déshabiller. L'amant sent, une fois de plus, son désir l'envahir et le dépasser. A genoux sur la couche, il baise la nuque de la belle, s'empare du peigne et ôte la chemise avec lenteur. L'amante est nue, maintenant, les seins gonflés par l'attente. Le rythme de son coeur s'accélère. Elle ose enfin regarder l'homme dont le désir est évident. Il contemple le corps convoité. Ils ont si faim l'un de l'autre!
Elle s'allonge sur le ventre, la croupe offerte. Il s'insère délicatement en elle. Elle sent l'avidité qui frappe timidement à la porte humide puis envahit son corps avec fébrilité. Celui-ci frémit, ondule, puis se cabre. La douceur cède la place à l'exigence. Ce qui était une douce joute devient une lutte âpre. Avant de se fondre, il faut bien que les désirs se confrontent. Les corps se heurtent, bataillent, se couvrent d'une sueur odorante. Puis, les yeux de l'amante se voilent de plaisir. L'amant halète, gémit puis crie dans la jouissance qui l'anéantit. Il choit sur sa maîtresse qui jouit à son tour. En un dernier spasme, elle se tourne vers cet homme qui l'aime tant. Il la pénètre à nouveau et l'embrasse à pleine bouche. Langues mêlées, ventre collés, sexes soudés. Elle l'étreint de toute la force de ses cuisses. Puis, c'est la détente. Soudaine. Elle l'a enfin soumis. Maintenant, elle l'apaise. Maintenant, elle le berce.
Il pose la tête sur les seins de sa jeune maîtresse. Elle caresse les cheveux gris de son amant, lui murmure son amour. Il s'endort, serein, heureux. Elle s'endort, repue, femme.
Le froid reste à la porte de la maison. La nuit a étendu son grand manteau noir. Ils dorment profondément.

(Merci à Claude (de sexe masculin) pour ce texte qui m'a beaucoup excitée personnellement...)

Wednesday, November 29, 2006

Ce n'est pas une femme, c'est une apparition

Je me souviens de cette phrase dans "Baisers Volés" de Truffaut, où Antoine Doinel dit "Ce n'est pas une femme, c'est une apparition". Cette femme est jouée par Delphine Seyrig.
Je me souviens de ce monologue dit avec son timbre de voix si particulier et qui raisonne encore à mon oreille :
"Un jour, au collège, notre professeur nous expliqua la différence entre le tact et la politesse.
Un monsieur rentre dans une pièce sans frapper et par inadvertance aperçoit une jeune femme nue dans son bain. Il recule, dit "Oh pardon, excusez-moi Madame" et referme la porte:
ça c'est la politesse.
Le même monsieur rentre dans une pièce sans frapper et aperçoit la jeune femme nue dans son bain. Il recule, dit "Oh pardon, excusez-moi Monsieur" et referme la porte :
ça c'est le tact.

Sunday, November 26, 2006

Saturday, November 25, 2006

Sous le noir

« L’œuvre vit du regard qu’on lui porte. Elle ne se limite ni à ce qu’elle est ni à celui qui l’a produite, elle est faite aussi de celui qui la regarde. Ma peinture est un espace de questionnement et de méditation où les sens qu’on lui prête peuvent venir se faire et se défaire ».

Pierre Soulages

Elle ressemble à une peinture de Pierre Soulages. Elle est une femme Outrenoir.
Toute habillée de noir, elle reflète la lumière. Elle n’est pas seulement cette masse noire. Elle est celle dont on voudrait aller voir sous le noir. Suivre du regard sa jambe sous son bas noir, soulever sa jupe de soie noire, apercevoir la dentelle noire sur sa cuisse blanche. L’envie de passer ma main sous le tissu noir d’un dessous qui me laissera avancer vers la bouche d’ombre sous le triangle noir. J’imagine d’obscures profondeurs où mon sexe s’engloutira.
Je peux percevoir les différentes masses de son corps sous le tissu noir. La forme de ses seins sous son pull noir me laisse entrevoir de doux monts où ma main se perdra, où mon sexe se serrera.
Son ventre modelé sous le noir. Son ventre d’outremangeuse.
Tout est matière chez elle. Tout semble appeler le toucher.
Je rêve de creuser de larges sillons dans son dos, avec de larges pinceaux brosses. Des stries. Les plis de son corps comme des ruptures, des silences.
Découvrir son corps comme entrer dans la lumière du noir, au plus profond d’elle.
Passer ma main dans ses cheveux noirs, ôter sa bague remplie d’encre noire qu’elle porte toujours au doigt. Boire l’encre de son corps, l’entendre encore dire « non je n’ai jamais vu The Pillow Book ». Etre Peter Greenway. Etre Pierre Soulages. Etre celui qui la révèle et la déshabille. Entrer dans le secret de cette femme en noir. Comme Pierre Soulages, « aimer l’autorité du noir ». Pour aller mieux voir sous le noir. La peau sous la matière. Le blanc de sa peau sous le noir. La remplir d’un blanc laiteux. Les baisers sous la bouche. Les cris sous le plaisir. Les cris que je ne connais pas. Elle est tout à la fois cette femme Outrenoir et cette femme qui me regarde dans le tableau d’Alfred Agache.

L’énigme.

(Texte de Ann Arois / novembre 2006)


Saturday, September 23, 2006

Une image


Monday, September 18, 2006

Comme un serpent

Nouveau texte de Ann Arois...

Comme un serpent

Pour X.

Il glisse son corps sur elle. Elle sent sa bouche effleurer ses pieds, ses jambes, son torse avancer sur ses cuisses. Ses mains se faufilent sur son ventre. Son crâne se love entre ses seins, et les lèvres goûtent son cou. Elle enroule ses bras autour de son dos. Elle aime caresser la peau de son corps, sentir les mouvements de son corps qui ondule sur le sien. Elle a le sentiment que chaque pore de sa peau adhère à chaque pore du sien. Il coule sur elle, explore chacun de ses sens. Il respire son souffle, écoute sa peau, sent chaque frémissement, voit chaque signe de plaisir. Chaque effleurement la pénètre. Elle sent sa chaleur traverser sa peau. Elle remonte ses mains depuis le bas de son dos vers ses épaules, s’accrochant à chaque grain de beauté comme une respiration vers une ascension qu’elle retient encore. Il est le serpent dans le Jardin d’Eden qui tente Eve et l’emmène sur des chemins qu’elle ne connait pas encore. Comme un serpent, son corps ne semble avoir ni commencement, ni fin.
Comme un serpent, sa peau est lisse. Comme un serpent, son corps ondule et semble s’enrouler sur son corps à elle. Comme d’autres serpents, ses bras, ses mains glissent sur elle. Lorsqu’il passe ses mains sous sa taille et la soulève, puis la serre, elle se sent prise, étouffée déjà de ce qu’elle redoute et attend tout à la fois. La petite mort. Le plaisir d ‘un venin qu’elle ne pourra pas contrôler.
C’est elle qui maintenant enroule ses jambes autour de sa taille. Et puis surgit comme un phantasme palpable, ce qu’elle attend, ce qu’elle sent rentrer en elle, avancer lentement dans le monde du dessous, la bouche d’ombre. Elle sent son corps se détacher du sien et les ondulations se déplacer au plus profond d’elle-même. Ce qui la remplit bouge et ondule comme un serpent dans son ventre. Il l’envahit et c’est dans un souffle qu’il l’envenime, crachant la mort et la vie, avant de retourner à l’invisible. Elle l’étreint, ouvre sa bouche et laisse entrer la langue de celui dont elle veut encore la morsure.


Sunday, September 17, 2006

Ann Arois Mea Culpa

Il y a quelques mois je proposais aux lecteurs de ce blog de me proposer des thèmes afin d'écrire un texte érotique court autour du sujet donné... Je fais le point et j'avoue que je n'ai pas encore écrit les textes (certains sont en cours) à partir de vos sujets suivants :
- 18h au bureau (elle et moi). Elle fait tomber par maladresse sa pile de dossiers...

- sexe dans la nature (balade, corps salés par la sueur, solitude mais pas vraiment, la nature inquiétante, silencieuse et bruyante), lieu : un pré, des insectes qui piquent la peau, l'herbe fraîche et douce...

- la nuit, yeux bandés, endroit inconnu, des mains me touchent...

- un homme attaché et baillonné assiste à une scène des plus érotiques sans rien pouvoir faire...

- elle s'endort...

- les pieds...

- refuge de haute montagne, ma douce et moi, plus un autre couple dans un dortoir qui n'offre à peu près pas d'intimité. Et pourtant le désir se fait plus fort...

Beaucoup de travail pour Ann Arois qui fait son mea culpa mais qui vous promet de répondre.
Demain, en ligne, un texte nouveau mais sans aucun rapport avec ces sujets...

Thursday, September 07, 2006

Monday, September 04, 2006

Extrait

(...) Il entra dans la cabane et en ressortit avec des draps dont il me fit une sorte de haïk. Il me plaça contre une caisse de bois, fit prendre à mon corps et à mes mains la pose qu'il souhaitait et se mit aussitôt à faire une esquisse. Il faisait une chaleur torride. Les draps me donnaient chaud, et la pose était si décontractée que je m'endormis pour de bon. Je ne sais pas combien de temps j'ai dormi. Je me sentais pleine de langueur, comme irréelle. Soudain, je sentis une main douce entre mes jambes, très douce, et qui me caressait si légèrement que je dus m'éveiller pour m'assurer qu'elle m'avait réellement touchée. Reynolds était penché au-dessus de moi avec une expression d'une telle douceur que je ne bougeai pas. Ses yeux étaient tendres, ses lèvres entrouvertes.
"Rien qu'une caresse, dit-il, juste une caresse."
Je restai immobile. Je n'avais jamais rien senti d'aussi doux que cette main qui me caressait délicatement, très délicatement entre les cuisses, sans toucher mon sexe, effleurant parfois la toison. Puis cette main se glissa un peu plus bas, tout près du sexe. Je perdais toute défense et retenue. Il se pencha sur moi et posa ses lèvres sur les miennes, les caressant doucement jusqu'à ce qu'elles répondent; ce ne fut qu'alors qu'il osa toucher le bout de ma langue avec la sienne. Sa main continuait d'explorer, de me toucher doucement - cruelle tentation. J'étais mouillée et je savais que, si jamais il déplaçait à peine ses doigts, il le sentirait. La langueur gagna tout mon corps. Chaque fois que sa langue touchait la mienne, j'avais l'impression qu'une seconde langue, plus petite, vivait à l'intérieur de moi, qui désirait aussi être touchée. Sa main se promenait doucement sur mon sexe, puis sur mes fesses : on aurait dit qu'à chacun de ses mouvements mon sang se réveillait pour la suivre partout. Ses doigts s'arrêtèrent doucement sur le clitoris, puis écartèrent légèrement les lèvres jusqu'à la vulve. Il sentit qu'elle était humide. Il toucha ce miel avec délices, continuant à m'embrasser : il était maintenant allongé sur moi. Je ne fis aucun geste. La chaleur, l'odeur des plantes tout autour, sa bouche sur la mienne agissaient sur moi comme une drogue.
"Rien qu'une caresse", répétait-il tout bas, tandis que son doigt caressait mon clitoris jusqu'à ce qu'il gonfle et qu'il durcisse. Puis j'eus l'impression qu'une graine libérait en moi sa semence, me faisait palpiter de joie sous ses doigts. Je lui donnai un baiser de gratitude. Il souriait. Il me dit :
"Veux-tu me caresser ?"
Je fis signe que oui, mais je ne savais pas ce qu'il attendait de moi. Il déboutonna son pantalon et je vis son sexe. Je le pris entre les mains. "Serre plus fort", me dit-il. Il vit alors que je ne savais pas comment m'y prendre. Il me prit la main et la guida. La petite écume blanche coula sur mes doigts. Il se couvrit. Il m'embrassa avec la même gratitude que celle que je lui avais montrée après mon plaisir. Il me dit : "Sais-tu qu'un Hindou fait l'amour à sa femme pendant dix jours avant de la prendre ? Pendant dix jours, ce ne sont que baisers et caresses". (...)

Wednesday, August 30, 2006

Anais Nin

Un classique à relire. Demain, je vous en livre un extrait.

Monday, August 28, 2006

Musée érotique



Connaissez vous le Musée de l'érotisme à Paris ?
Une visite à faire... Une idée pour la rentrée.
http://www.musee-erotisme.com/fichiers/home.php?lang=fr

Sunday, August 27, 2006

De retour...



Monday, July 17, 2006

Arrêter ou pas le blog ?

Un ami m'a suggéré d'arrêter ce blog. J'ai eu moins de temps ces derniers temps pour écrire textes, et donc posts. Je n'ai aucune envie pourtant d'arrêter ce blog. Est ce ennuyeux cette attente ?...

Thursday, July 06, 2006

En m'attendant


En m'attendant, voici une animation très originale... qui parle de Jouir... sur une musique de Jazz...

Friday, June 23, 2006

Wednesday, May 31, 2006

(photo de Biederer)

Thursday, May 25, 2006

Texte d'un lecteur contributeur : Aramis

Blanc (vaporeux)

Je la regarde. Fixement. Elle me nargue, me fait de l’œil. Elle est là, immobile, devant moi. Offerte. La belle inconnue joue avec son petit air arrogant. Fière. Blonde. Elancée. Terriblement attirante. Délicatement roulée dans une fine robe. Presque transparente. Elle m’a choisi. Moi. Un gars paumé. Assis à la terrasse de ce café quelconque, dans une rue quelconque. Le soleil la gifle de ses rayons brûlants. Elle est sous les feux de la rampe. L’actrice principale de mon scénario imbibé d’alcool. Je n’arrive pas à détacher mon regard de l’image sulfureuse qu’elle me renvoie. Je suis sous le charme. Un charme que je devine vénéneux. Le goût du risque m’attire et me fait frémir. Elle me jette des sorts. Elle me vampirise. Je lutte contre la tentation. La sueur perle sur mon front. Mon cœur s’emballe. Les pensées se bousculent dans ma tête. Une envie se dessine, impérieuse. La prendre, rien qu’une fois. Sauvagement. Lui voler sa virginité sans aucun scrupule. Je sais qu’elle n’attend que ça. Elle transpire de désir sous une chaleur qui devient oppressante. Je commence à suffoquer. J’ai les mains moites. La goûter du bout de mes lèvres. La sentir, sa chair contre ma chair. La mordre, un peu. La voir se consumer, lentement, en moi. Dans toute sa splendeur. L’emmener à son firmament. Je l’effleure du bout des doigts. Elle tressaille doucement, en silence. Elle me laisse faire. Elle m’attend. Patiemment. C’est elle qui mène la danse. Et elle le sait. L’impertinente. La garce. Elle veut avoir ma peau. Elle veut m’insuffler la mort. Elle n’a pas encore abaissé toutes ses cartes. Elle m’attire dans sa toile. Elle prend son temps, joue avec mes nerfs. Elle veut me voir partir en fumée avec elle. Elle s’insinue déjà dans mes pensées. Elle gagne du terrain. Elle sait que je la désire. Ardemment. Elle sent que je lui résiste. Plus pour longtemps. Je ne suis qu’un pantin désarticulé, dont elle tire les ficelles avec un malin plaisir. Je la regarde. Fixement. Elle me nargue, me fait de l’œil. Je la saisis brutalement, sans réfléchir. Je la dévisage une dernière fois et je l’écrase dans le cendrier. Aucun remords. Elle a failli gagner, mais pas cette fois. Sans rancune, j’espère.
[kyra - avril 2006]

Tuesday, May 23, 2006

Texte d'un lecteur contributeur anonyme

Pas la peine qu’elle me dise de la regarder pour que je le fasse. Allongée sur le ventre, elle m’offre son cou, son dos, ses hanches, ses jambes. Pas la peine de prendre une photo pour graver cette image dans ma mémoire vive. Elle est belle dans le repos comme dans l’amour. Son repos, c’est comme du Mozart. Après l’amour, son repos, c’est encore de l’amour. Je viens m’allonger sur elle, pour l’embrasser dans le cou, en essayant de ne pas l’écraser. Ce serait dommage. J’ai l’impression qu’il y a un siècle ou deux que je n’ai pas fait de pompes ... Mes bras en tremblent. Mais tremblent-ils d’effort ou d’émotion ? J’embrasse ce cou délicat, et puis je remarque les épaules. J’embrasse les épaules, et puis je remarque les omoplates. J’embrasse les omoplates, alors je remarque le chemin de la colonne vertébrale, que j’emprunte à son tour. Et je le suis. Mais où va-t-il m’emmener ? En explorateur consciencieux, j’observe chaque millimètre de ce chemin. Afin de ramener de mon voyage des impressions précises, je le goûte. J’embrasse à droite, je mordille à gauche. C’est bon, un peu sucré. La terre est tendre ici. Soudain, une côte. Je dois abandonner ce sentier qui disparaît au pied d’une colline. Aïe, il va falloir grimper. Je ne suis pas un bon marcheur, mais la pente me semble douce. Comme j’ai un peu mal aux pieds, au pied gauche surtout, je décide qu’à leur place, ce sont mes lèvres qui vont s’attaquer à ce raidillon. J’avais raison, la pente est douce, c’est bien le mot qui convient. Ma bouche la suit sans difficulté, même si elle est parfois obligée de demander un coup de main à ma langue, et même si ma langue est parfois obligée de demander un coup de pouce à mes mains. Et soudain, encore une côte. J’aperçois bientôt une deuxième colline. Je réalise qu’il n’y a pas une colline, mais deux, parfaitement identiques, et séparées par un délicat sillon, un chemin creux ombragé qui donne envie de s’y promener, de s’y égarer. Le soleil a tapé si fort, ces dernières heures, un peu d’ombre me fera le plus grand bien. Je dévale la pente douce, en me promettant d’y revenir, car je n’ai pas tout vu. Damned, le sentier est trop étroit pour ma bouche. Je vais être obligé de laisser ma langue, plus agile, partir seule en éclaireur. Je ne suis pas très rassuré, elle n’a pas l’habitude, et pour tout dire, je crois bien qu’elle ne s’est jamais aventurée seule sur ce genre de sentier. Pourtant, elle a l’air à son aise. Elle disparaît dans la pénombre, commence à s’y faufiler. Et brusquement, alors que rien ne le laissait prévoir, un tremblement de terre. Sous le choc, les deux collines se soulèvent avant de retomber, mais plus loin l’une de l’autre qu’auparavant, plus écartées. A la place de l’étroit sentier qui s’est ouvert, une faille. Je prends note de ce phénomène, causé sans doute par le réchauffement climatique. Curieusement, bien qu’à son épicentre, ma langue ne semble pas avoir souffert du séisme. Ouf. Bien au contraire, elle dispose maintenant d’un espace de jeu plus confortable. Elle poursuit donc son bonhomme de chemin. Soudain, un cratère. Etrange région, quand même … Elle se glisse prudemment jusqu’au bord du gouffre, quand la terre entière se met à trembler. Les répliques … phénomène bien connu. La région ne serait-elle pas sûre ? Comment le savoir ? Il faudrait que je sache s’il est très prudent d’aller plus loin. Mais qui pourrait me le dire ?
Qui … je le demande …

Nouveau signe du réchauffement climatique, la terre se soulève lentement, comme aspirée vers le haut. Mais qu’est-ce que c’est que ce pays ? Et qu’est-ce qui peut bien l’aspirer comme ça ? Les deux collines sont maintenant comme suspendues dans le vide, en apesanteur. Le cratère se retrouve à la verticale. Ma langue est obligée de se cramponner pour tenir bon. Soudain, deux mains qui me semblent appartenir à une autochtone apparaissent sur les flancs de chaque colline, et tentent de les attirer vers l’extérieur, comme pour les écarter l’une de l’autre. La nature a de bien curieuses façons, par ici. Mais qu’elle est belle. Sous l’effet de cette traction, le cratère s’élargit et se dessine distinctement.
- Lèche-moi. Oh oui, mon amour … lèche-moi partout … j’ai bien dit partout … ne te gêne surtout pas … j’adore ça.
J’étais déjà tendu comme un arc, et voilà que j’entends des voix … ça se confirme, je suis Jeanne d’Arc. L’effet de la forte chaleur sans doute. Quelle chaleur ! A moins qu’il ne s’agisse d’un message divin ? Oui, c’est ça, un message, divin, assurément, absolument divin.
Ma langue tâte un peu le terrain. Les bords du cratère sont constellés de multiples petits sillons concentriques, qu’elle entreprend de visiter un par un, méthodiquement. Maintenant, toute la terre ondule délicatement, comme pour tourner autour de cette langue, comme pour l’inviter à entrer dans ce cratère, et comme pour lui en faciliter l’accès. Alors elle se contracte, se fait plus fine et plus dure, et tout doucement, elle se glisse avec délice dans les profondeurs de la terre, qui se met à bouger de plus en plus, à trembler de partout. Oh la … tout doux … je vais lâcher prise. Pour m’assurer du contraire, mes mains viennent prendre sur les collines la place de celles de la mystérieuse autochtone, qui se sont retirées. En se retirant, l’une d’elles a fait le tour de la colline, et se balade sur le versant sud. Je la sens, je la devine qui s’approche. Les doigts viennent jusqu’à ma langue, pour la toucher, pour apprécier l’avancement de ses travaux de fouille. Puis la main glisse, malencontreusement bien entendu … sans doute … peut-être, vers un haut plateau situé au sud du cratère où ma langue se perd, un ancien massif montagneux appelé je crois le périnée oriental. Elle poursuit sa route. Je m’écarte un peu, pour la suivre un moment du regard. En me reculant, je libère le cratère qui se rétracte d’un coup, ce qui a pour effet de faire gémir la terre. Je n’ai pas une grande expérience de l’exploration, c’est vrai, mais jamais, ô grand jamais je n’avais entendu gémir la terre. Où suis-je donc ? Je n’en sais plus rien, je suis sur une planète inconnue, je suis ailleurs, c’est tout, et depuis un bon moment déjà, je dois l’avouer. Je regarde la main glisser lentement sur ce merveilleux paysage, fasciné par sa souplesse et sa dextérité. Elle semble connaître parfaitement l’endroit, tandis que me prend à nouveau l’envie de savourer l’envers. Elle aborde alors un second cratère, plus vaste, bordé de végétation. Une oasis … Décidément, la région est pleine de surprises… Les doigts survolent cette oasis et vont s’installer autour d’un petit monticule, une sorte de dune minuscule, sans doute de sable fin, sans doute le plus fin qu’il se puisse trouver. J’en ai déjà entendu parler. On l’appelle, si j’ai bonne mémoire, le pli torride. Et là, voici les doigts qui se mettent à jouer. Ils touchent, effleurent, massent, frottent, appuient, frôlent, caressent, et ils tournent, et ils tournent… Et plus ils tournent, plus la terre tremble. Je prends note de ce phénomène étrange causé sans doute par … par quoi, si je savais … quand soudain, deux d’entre eux, échappant à toute surveillance, redescendent de leur petit perchoir, reviennent vers l’oasis, là où elle est la plus large, et y disparaissent d’un seul coup. Quel piège les a emportés ? Des sables mouvants ? De l’eau ? J’ai peur que les doigts n’aient pas pied, puisque ce ne sont pas des doigts de pied. Mais que faire ? D’où je suis, je ne peux rien tenter pour les sauver, il m’est impossible d’intervenir, et je le dis tout net, et tant pis si ce n’est pas très glorieux, mais je n’ai pas du tout envie d’intervenir. Alors j’assiste au drame impuissant, même si mon petit doigt me dit que le terme n’est pas bien choisi. Je contemple en spectateur la fin atroce de ces doigts, noyés, ici, sous mes yeux, dans ce coin perdu du monde, mais pas pour tout le monde. Les pauvres. Mais non … ils bougent encore. Brusquement, je les vois réapparaître, tout mouillés. De l’eau donc … je comprends mieux. Et j’avoue qu’ils ont rudement bien fait. Par ces chaleurs de fournaise, un petit bain ne peut pas faire de mal. Et puis ils plongent à nouveau. Un petit bain … les veinards. Après avroir fait plusieurs apparitions et disparitions, ils décident de se sécher au vent du mon haleine, et dressent maintenant au-dessus de l’oasis, luisants au soleil. Ils me regardent et semblent m’appeler au secours. Quelque chose ne va pas … vite. N’écoutant que mon courage, j’ordonne à ma bouche de les envelopper, pour les réchauffer et les protéger. Je n’en reviens pas : ils ne sont pas froids, bien au contraire, et ils ont le parfum des fleurs sauvages de la contrée, mais surtout, surtout, ils ont tellement bon goût … Alors n’écoutant que mon plaisir, je les lèche et les suce longuement, je les savoure avec délectation. Quand on peut faire une bonne action, et se faire plaisir en même temps, pourquoi s’en priver ? Pour étancher ma soif, je les invite à recommencer l’opération, autant de fois qu’ils le voudront. Ils acceptent. J’en suis heureux.
C’est vrai, quoi … fait tellement chaud.

Ce texte m'a été envoyé dans un commentaire il y a quelques temps. L'auteur est anonyme. Il a simplement laissé un mail planeteperso@yahoo.fr. Je me permets d'en publier l'adresse puisque le commentaire était également visible de tout un chacun donc l'adresse mail également.

Monday, May 22, 2006

Je reviens mais pas toute seule....

Me voici revenue. Trop accaparée par mes activités, l'écriture est diffcile depuis quelques temps. Mais sachez que je ne vous oublie pas et que je travaille dès que je le peux aux textes dont vous m'avez proposé les thèmes.
En attendant, ayant reçu dans des commentaires, quelques textes écrits par vous-même, je vous propose de m'envoyer si vous le souhaitez vos écrits érotiques si vous aussi vous écrivez de votre côté. Je me permettrai, si vous êtes d'accord, de sélectionner ceux qui me plaisent et je les "publierais" en ligne sur ce blog dans un post.
Pour cela, envoyez les moi à cette adresse mail : annarois@club-internet.fr
Dès demain, je commencerai par ceux que j'ai reçu dans les commentaires.

Friday, April 28, 2006

Va et vient

Yva Richard

Je n'oublie pas mon blog, je suis simplement très occupée par mes activités annexes. Je vais être absente une semaine mais je ne manquerai pas de revenir avec un nouveau texte j'espère. Je n'ai pas oublié vos propositions de sujets.

Thursday, April 13, 2006

En panne d'écriture

Blocage...
Laissons le temps au temps...
Je ne vous oublie pas .
Juste de la patience.
Réflechir.

Friday, April 07, 2006

Le pied botté

Bientôt un nouveau texte inspiré par vos sujets...

Tuesday, March 28, 2006

Essayez-Moi


Je m'appelle Mila. Je travaille dans un grand magasin. Je suis vendeuse au rayon habillement masculin. J'aime ce travail. Je travaille avec des hommes. Je sers des hommes. J'aime regarder les hommes. Tous différents les uns des autres. J'aime les observer. J'imagine leur torse sous leur chemise, me demandant s'ils sont poilus ou imberbes. Je regarde leur bouche, leurs mains. Je scrute leurs fesses, me demandant si elles sont rondes ou plates. Je parie avec moi-même sur le port d'un caleçon, d'un boxer moulant ou d'un slip kangourou. Je laisse les vendeurs masculins répondre aux demandes des hommes accompagnés de leurs épouses. Je déploie tous mes conseils sur le choix d'une chemise et la couleur d'une cravate avec tous les autres; choix toujours opposé au leur évidemment. Nécessité absolue pour eux alors d'essayer en cabine les deux propositions pour enfin prendre une décision. Je me souviens d'un homme d'une quarantaine d'années, allure chic, costume rayé, chemise bleu pâle, à qui je conseillais le choix d'un costume haut de gamme. Dans la cabine, je me mis à genoux afin de poser la ligne d'épingles pour marquer son ourlet. Je me penchais de façon à laisser apparaître mon décolleté qu'il regardait de façon insistante. Toujours un genou à terre, mon visage relevé était à la hauteur de son entrejambe. Je ne pouvais résister à l'envie d'ouvrir cette braguette qui je le supposais contenait derrière elle une queue bien lisse et large. J'imaginais un caleçon blanc à petites rayures bleu ciel duquel j'avais très envie d'extraire cette queue. Je le sentais gêné. Je posais alors ma main sur ce que j'imaginais être présent à attendre ma bouche... A ma grande surprise, il se laissa faire mais tenait le rideau de la cabine fermement. Je sentais sa peur d'être surpris. Cela m'excitait. Je ne m'étais pas trompée sur le caleçon, d'une couleur classique. Je ne m'étais pas trompée sur la grosseur de sa queue, que je pris aussitôt à pleine bouche. Je le suçais alors avec application, telle une couturière à son ouvrage. Il tenait ma tête, accélérant mes mouvements, me laissant deviner sa peur, et tout à la fois son envie de jouir vite. Je le pompais plus rapidement quand il jouit à pleines giclées dans ma bouche. Il poussa un léger cri étouffé. Il remonta vite sa fermeture. Je sortis de la cabine. Il me rejoignit à la caisse pour régler ses achats. Il ne dit rien et moi non plus. Hier, j'ai regardé un homme écarter les costumes de la penderie de présentation. J'observais ses mains larges. Il avait une peau bronzée par le soleil, une barbe de quelques jours, de petites lunettes et le cheveu court. Je lui proposais alors d'essayer un des costumes qu'il regardait avec insistance. La cabine ouverte, je lui donnai mon avis sur son essayage et lui conseillait de choisir une autre chemise. Je m'empressais de rentrer dans la cabine avec la dite chemise sachant qu'il serait en cours de déshabillage. Il parut surpris lorsque je refermais le rideau, défit les autres boutons de sa chemise. Il avait un torse large, poilu, exactement comme je me l'étais imaginé. Je pris sa main, remonta ma jupe et posa sa paume contre mon sexe. Il retira d'abord sa main, puis m'embrassa à pleine bouche goulûment. Il remit sa main sur mon sexe et commença à me branler doucement. Il avait les doigts larges et agiles. Il ouvrait mes grandes lèvres, caressait les petites et pressait mon clitoris. Sa tête dans mon cou, mes mains accrochées dans son dos, je laissais aller ma mouille sur ses doigts. Un des autres vendeurs m'appela, me demandant si je pouvais aller chercher en réserve la commande d'un client. Mon client aux doigts agiles prit peur et retira sa main. Je lui repris aussitôt en tenant fermement son poignet. Il rentra à nouveau ses doigts. Je criais "J'arrive" et je jouis instantanément. Les bras de mon client essayèrent de me retenir, je devais partir, je mis sa queue dure dans sa propre main et fit pour lui en lui tenant la main le geste de va-et-vient qui lui permettrait de jouir lui aussi. Quelques jours après cet essayage, je jetais mon dévolu sur un homme grand, semblant très musclé. J'imaginais sous son pantalon un boxer noir moulant. Je le conseille sur le choix d'une chemise et d'une cravate. Je sens son regard posé sur mes fesses lorsque sur la pointe des pieds j'essaie d'atteindre la pile du haut pour lui trouver la chemise adéquate. Je le suis en cabine. Je trouve toujours le petit détail qu'il est nécessaire de rectifier. Ici un noeud de cravate à resserrer. Je me plaque contre lui sans cesser de le regarder tout en nouant sa cravate. Je pose mes mains sur sa chemise pour la lisser. Je le sens troublé. Le brouhaha du magasin est intense de l'autre côté du rideau. Je sens ses mains sur mes fesses. Je sens aussi son sexe dur qui frotte mon pubis à travers nos vêtements. Je desserre le noeud de sa cravate, ouvre sa chemise, respire son torse. Ses mains se font de plus en plus pressantes sur mon cul. J'ondule sous ses caresses. Je sens qu'il sait maintenant que je ne porte pas de culotte. Je tiens le rideau d'une main et lui murmure à l'oreille "Essayez-moi". Il remonte alors ma jupe, pose sa main large sur mon sexe trempé. Il dégrafe son pantalon. J'aperçois son boxer avec cette forme large et longue qui me donne de plus en plus envie autant que l'approche des clients au plus près du rideau fait monter mon excitation. Je sens alors ses mains empoigner mes fesses, me soulever, une main tenir ma jambe relevée et d'un seul élan sa queue rentrer dans mon sexe. Je mors sa cravate à pleines dents. Il me lime sans cesser à grands coups de reins. Quelqu'un demande si la cabine est libre. Il crie "occupé" et ses coups de queue sont de plus en plus rapides dès qu'il sent la présence de quelqu'un derrière le rideau. Il jouit en un seul jet long qui me remplit le sexe. Je réajuste ma jupe, rejoint la caisse, plie sa chemise et sa cravate que je mets dans un sac, tandis que le rayon ne cesse de se remplir, et qu'une file d'attente se forme pour faire la queue devant les cabines d'essayage comme chaque samedi après-midi dans les grands magasins.

(Ce texte a été écrit d'après un thème proposé par Dominique: la cabine d'essayage d'un grand magasin)

Monday, March 27, 2006

Bientôt...la découverte

(photo anonyme)

Bientôt la découverte du premier texte inspiré de vos suggestions...


Sunday, March 26, 2006

Extrait du livre

... je n'avais jamais vu femme plus excitante. Elle avait une bouche trop grande pour son visage ovale délicat, une bouche qui rebiquait sensiblement, de sorte que la lèvre inférieure ne rejoignait pas tout à fait celle du haut; et comme les deux lèvres restaient légèrement entrouvertes, elles paraissaient offrir son corps tout entier. Allongée sur son banc, elle n'avait pas assez de place pour s'étendre complètement, et elle dut remonter les jambes. Cette position lui creusait le ventre et cette légère incuravtion soulignait le renflement du mont de Vénus, qui était en soi anormalement proéminent. Il faisait remonter le slip du bikini de satin noir, et quelques poils frisés s'en échappaient, tels des vrilles rousses et mouillées. (...)

Thursday, March 23, 2006

Eloge des femmes mûres


Le livre commence par cette citation "Dans toutes vos liaisons amoureuses, préférez plutôt les femmes mûres aux jeunes filles... car elles ont une plus grande connaissance du monde"
(Benjamin Franklin)
Un extrait demain de ce livre...

Tuesday, March 21, 2006

Soumise à vos désirs

Les petits jeux interactifs de Miss Poivert inspirent Ann Arois.... je vous propose un petit jeu érotique interactif : proposez moi un thème, ou une situation ou un lieu... et j'essaierai d'écrire un texte érotique court sur le sujet et le publierait dans le blog...
Ann Arois soumise au désir de ses lecteurs aujourd'hui...

Sunday, March 19, 2006

Fesses et fétichisme / Yva Richard

Saturday, March 18, 2006

Fesses story suite et fin

(Photographie de Jean Angelou)

Tuesday, March 14, 2006

Fesses story II

(photographie de Jean Angelou)

Sunday, March 12, 2006

Fesses story

(Photographie de Jean Angelou)

Saturday, March 11, 2006

Fétichisme



Le fétichisme est partout, dans la mode, dans l'art. Voici deux livres qui font état du fétichisme dans ces deux domaines.
Emma Peel de "Chapeau Melon et Bottes de Cuir" et Catwoman de "Batman" sont des icônes fétichistes. Emma Peel est une femme sexy, pratiquement invincible, vêtue d'une combinaison en cuir inspirée des costumes
fétiches crées par le couturier John Sutcliffe pour
Atomage (magazine fetish anglais des années 70).

























Friday, March 10, 2006

Yva Richard

Vous avez pu découvrir au fil de ce blog de nombreuses photos érotiques d'Yva Richard. Yva Richard n'était ni une femme, ni un homme mais une société créee par un couple nommé L. Richard et Nativa.







Dans les années 1930, ils étaient spécialistes de la photographie de lingerie fetish. A suivre demain quelques autres
exemples de fétichisme...

























Thursday, March 09, 2006

Extrait

23 janvvier 1904

Oh, passer une nuit, toute une nuit avec toi ! Sentir ton corps adoré contre le mien. Contempler ton beau visage endormi, tes lèvres gonflées par nos baisers, t'avoir à moi, toute à moi. Ces quelques instants passés dans ton lit resteront à jamais gravés dans ma mémoire. Je ne pensais pas connaître des moments à la fois si forts et si doux. J'ai cru mourir quand tu t'es abandonnée sous mes caresses et quand le plaisir t'a fait pousser un grand cri. Je l'entends encore! Mon aimée, tu es mon bonheur et mon tourment. Tu me rends folle. Qu'une femme est belle dans le désordre de l'amour! Je vais m'endormir en rêvant de toi.
A demain, ma bien aimée.
Margot

(Voici le bon extrait...)

Wednesday, March 08, 2006

Punition

"Ann, pour cette erreur, tu mérites une punition !..."
(photographie Yva Richard)

Tuesday, March 07, 2006

Extrait

4 janvier 1904
Marie, ah, Marie, je ne pensais pas qu'un tel bonheur puisse exister! Comme tu étais belle, demi-nue entre mes bras. La pointe de tes seins affolait mes lèvres et tes doigts meurtrissaient les miens, m'arrachaient des gémissements de plaisir que j'étouffais contre ta peau. Avec quelle sûreté nos mains ont su trouver le point sensible de notre intimité et s'enfoncer habilement dans la douceur humide de nos ventres. Ah, Marie, je défaille en écrivant ces mots et ma plume s'échappe de mes doigts qui viennent malgré moi se blottir au creux de mes cuisses, me faisant retrouver dans un éclair le fulgurant bonheur que tu m'as donné. Marie, comme tu aimais mes caresses, comme tu t'ouvrais à moi! J'aurais voulu me plonger toute en toi! Oh, mon aimée.
Margot

(Second extrait du livre "Pour l'amour de Marie Salat" parce qu'on ne s'en lasse pas...)

Monday, March 06, 2006

Pour l'amour de Marie Salat

Régine Deforges achète un jour dans une brocante trois cartes postales anciennes. Et le hasard voulut qu'il s'agissait de lettres d'amour entre deux femmes. Elle imagina alors le prolongement de la correspondance de Marguerite et imagina les réponses de Marie. Ces deux femmes mariées habitent un petit village, l'une est couturière et l'autre ouvrière. Leurs échanges sont sulfureux, leur élan passionnel nous emporte avec elles.

Saturday, March 04, 2006

Correspondance

4 janvier 1904
Marie, ah, Marie, je ne pensais pas qu'un tel bonheur puisse exister! Comme tu étais belle, demi-nue entre mes bras. La pointe de tes seins affolait mes lèvres et tes doigts meurtrissaient les miens, m'arrachaient des gémissements de plaisir que j'étouffais contre ta peau. Avec quelle sûreté nos mains ont su trouver le point sensible de notre intimité et s'enfoncer habilement dans la douceur humide de nos ventres. Ah, Marie, je défaille en écrivant ces mots et ma plume s'échappe de mes doigts qui viennent malgré moi se blottir au creux de mes cuisses, me faisant retrouver dans un éclair le fulgurant bonheur que tu m'as donné. Marie, comme tu aimais mes caresses, comme tu t'ouvrais à moi! J'aurai voulu me plonger toute en toi! Oh, mon aimée.
Margot

Savez vous d'où est extraite cette lettre sulfureuse?... (réponse demain)

Friday, March 03, 2006

Courbet

Gustave Courbet "Le sommeil"
En attendant demain...

Wednesday, February 22, 2006

Ann en travail d'écriture... Patience...

Je suis en travail d'écriture... Patience à vous tous...

Wednesday, February 15, 2006

Lendemain de Saint-Valentin

Mon ange aimé,
Je suis à pru près fou de toi comme on est fou, je ne puis pas accorder deux idées que tu viennes te mettre entre elles. Je ne peux plus que penser à toi, malgré moi, mon imagination me reporte près de toi, je te tiens, je te serre, je te baise, je te caresse, et mille caresses les plus amoureuses s'emparent de moi.
(Honoré de Balzac à Evelina Hanika en 1835)

Tuesday, February 14, 2006

Saint-Valentin

Parler d'amour, c'est faire l'amour
(Honoré de Balzac)

Monday, February 13, 2006

En attendant la Saint-Valentin

Boire à ta bouche de rose
Ton souffle en un baiser...
(Théophile Gautier)

Sunday, February 12, 2006

Et si...

Et si pour la Saint-Valentin, vous lui offriez un livre érotique...

Thursday, February 09, 2006

Patience

Je n'abandonne pas mon blog... Mais le temps de l'écriture prend du temps... je travaille à de nouveaux textes érotiques... Patience...

Saturday, February 04, 2006

Pause

Friday, February 03, 2006

Pause

Wednesday, February 01, 2006

A lire / 2


Dans les années folles, à la requête d'un homme dont on ne sait presque rien, mais que l'on peut imaginer voyeur et cynique, une femme accepte de mettre par écrit ses expériences et ses fantasmes érotiques.

Ces lettres, authentiques et brûlantes, évoquent Laclos ou Sade, et témoignent d'un long voyage initiatique vers l'abandon le plus absolu. Rarement une femme aura été plus loin dans la confession impudique et l'exploration de ce que Virginia Woolf nommait l'érotisme au féminin.

Extrait de la première page du livre :
Monsieur,
Madame Suzanne m'a fait part de votre désir de xorrespondre, et uniquement cela, avec une femme qui s'offrirait totalement à vous, qui prendrait du plaisir à vous lire et dont les réponses vous combleraient par leur piquant, leur bizarrerie et leur franchise. L'aventure, je l'avoue, me tente fort à condition que nous en restions à des conventions très strictes. Chacun d'entre nous doit s'engager à ne jamais vouloir percer l'anonymat de l'autre et, ainsi masqué, lui dire les choses les plus extravagantes sur le sexe, tout comme les plus sages d'ailleurs. On m'a dit, Monsieur, combien vous pouviez être exigeant en ce domaine et quel homme imaginatif vous étiez; j'ose espèrer que je saurai me montrer digne d'un tel correspondant. Je me tiens donc prête à recevoir de vous cecourrier par l'intermédiaire de notre amie et m'engage à y répondre en dénudant à vos yeux mes phantasmes les plus fous et mes expériences amoureuses les plus intimes.
Votre.

Tuesday, January 31, 2006

A lire / 1

Le livre unique.
Le sexe par Duras.
Une merveille.

Monday, January 30, 2006

Au fil des lectures




Au fil des lectures,
en attendant de nouvelles écritures,
Ann Arois donnera de temps en temps quelques idées d'érotiques littératures...

Friday, January 27, 2006

En image

Wednesday, January 25, 2006

Leur bouche

La bouche de C. est sensuelle. Elle glisse le long de ma nuque, lèvres douces et épaisses. La bouche de C. s’ouvre sur le lobe de mon oreille, le suce et le mord, puis descend dans mon cou, embrasse, lèche, emporte ma peau sous le glissement de ses lèvres. La bouche de C. fait frissonner mon corps. La bouche de C. lèche aussi entre mes seins. Les mains empoignent les seins, la langue bouge et va et vient dans le pli entre les deux seins.

La bouche de P. est humide. La bouche de P. aime le bout de mes seins. La bouche de P. aime sucer mes tétons en les prenant à pleine bouche puis les soulève en resserant les lèvres. Le plaisir immense que me donne la bouche de P.

La bouche de M. est fine mais elle embrasse ma bouche comme aucune autre bouche. La bouche de M. s’ouvre, laisse s’échapper sa langue qui vient lècher la mienne dans ma propre bouche. Lorsque M. m’embrasse, sa bouche semble manger la mienne. La bouche de M. est sexuelle. Elle fait l’amour à ma propre bouche, l’enlace, la fouille, la pénètre. M. bande toujours dès ce moment d’enlacement de nos bouches. La bouche de M. ouvre ses lèvres pour ouvrir les lèvres de ma chatte, sortir sa langue pour chercher la petite langue dure entre les petites lèvres de ma chatte. La bouche de M. vient chercher la mouille de ma chatte et l’emporte dans la vague de sa salive. La langue pénètre, s’enfonce, bouge, lèche. La bouche de M. reste entrouverte et immobile et c’est alors moi qui bouge. Je fais frotter ma chatte de bas en haut contre la bouche de M. La langue bouge en même temps. Les cris qui sortent de ma propre bouche. Le plaisir.

Regarder leur bouche quand ils parlent.
Regarder les lèvres qui bougent.
Appeler leur bouche de mes yeux.
La bouche du plaisir.
Le plaisir de leur bouche.

Tuesday, January 24, 2006

Bientôt un nouveau texte...

Sunday, January 22, 2006

Pause

Saturday, January 21, 2006

Pause