Monday, September 18, 2006

Comme un serpent

Nouveau texte de Ann Arois...

Comme un serpent

Pour X.

Il glisse son corps sur elle. Elle sent sa bouche effleurer ses pieds, ses jambes, son torse avancer sur ses cuisses. Ses mains se faufilent sur son ventre. Son crâne se love entre ses seins, et les lèvres goûtent son cou. Elle enroule ses bras autour de son dos. Elle aime caresser la peau de son corps, sentir les mouvements de son corps qui ondule sur le sien. Elle a le sentiment que chaque pore de sa peau adhère à chaque pore du sien. Il coule sur elle, explore chacun de ses sens. Il respire son souffle, écoute sa peau, sent chaque frémissement, voit chaque signe de plaisir. Chaque effleurement la pénètre. Elle sent sa chaleur traverser sa peau. Elle remonte ses mains depuis le bas de son dos vers ses épaules, s’accrochant à chaque grain de beauté comme une respiration vers une ascension qu’elle retient encore. Il est le serpent dans le Jardin d’Eden qui tente Eve et l’emmène sur des chemins qu’elle ne connait pas encore. Comme un serpent, son corps ne semble avoir ni commencement, ni fin.
Comme un serpent, sa peau est lisse. Comme un serpent, son corps ondule et semble s’enrouler sur son corps à elle. Comme d’autres serpents, ses bras, ses mains glissent sur elle. Lorsqu’il passe ses mains sous sa taille et la soulève, puis la serre, elle se sent prise, étouffée déjà de ce qu’elle redoute et attend tout à la fois. La petite mort. Le plaisir d ‘un venin qu’elle ne pourra pas contrôler.
C’est elle qui maintenant enroule ses jambes autour de sa taille. Et puis surgit comme un phantasme palpable, ce qu’elle attend, ce qu’elle sent rentrer en elle, avancer lentement dans le monde du dessous, la bouche d’ombre. Elle sent son corps se détacher du sien et les ondulations se déplacer au plus profond d’elle-même. Ce qui la remplit bouge et ondule comme un serpent dans son ventre. Il l’envahit et c’est dans un souffle qu’il l’envenime, crachant la mort et la vie, avant de retourner à l’invisible. Elle l’étreint, ouvre sa bouche et laisse entrer la langue de celui dont elle veut encore la morsure.


2 comments:

aramis said...

Superbe !
Merci Ann.

Poivert d'Artagnan said...

Et bien, voilà un retour en fanfare ! Merci de concert avec Aramis !