Thursday, January 04, 2007

Extrait du livre

La femme qui se caresse

Couchée à travers le divan, les pieds par terre
Et sa touffe de poils bouffant en flots légers
Elle caresse avec ses gestes allongés
Son corps chaud que nul vin viril ne désaltère.

Elle s'aime, occupée à d'éternels loisirs
A l'ombre des tentures et des palmes vertes.
Ses doigts efféminés par les mauvais désirs
Rôdent luxurieux autour des chairs ouvertes

Ils savent, en errant sur le ventre, creuser
Dans la peau la marque amoureuse d'un baiser
Qu'aurait donné la bouche idéale d'un homme.

Ils savent effleurer les hanches doucement
Et mouler à la peau des seins leurs palmes, comme
Un corps souple de femme sur un corps d'amant.

Pierre Louys - 17 avril 1891

2 comments:

handjobavolonte said...

1891...
C'était le temps, le temps béni des jolies gaines,
C'était le temps où les charmeurs avaient des doigts.
Tous les branleurs astiquaient des glands sous des chaines,
On savait faire de l'érotisme en ce temps-là!

Placide said...

Juste pour me mêler de ce qui ne me regarde pas , je trouve que le plaisir solitaire "à deux " c'est mieux ... parceque le regard de l'autre , inactif(ve), décuple les sensations...jubilatoires !!