Friday, April 28, 2006

Va et vient

Yva Richard

Je n'oublie pas mon blog, je suis simplement très occupée par mes activités annexes. Je vais être absente une semaine mais je ne manquerai pas de revenir avec un nouveau texte j'espère. Je n'ai pas oublié vos propositions de sujets.

7 comments:

aramis said...

Jolie photo ! Merci, et à bientôt Ann.

D'Artagnanvert said...

Pas de problème, et gros bisou itou.

Miss Poivert said...

Youhou, la plage t'a inspirée ?

Céline said...

Je reviens te voir et attends avec impatience ton retour.

aramis said...

Salut Ann
Un petit texte que j'ai écrit il y a quelques temps ... j'aimerais bien avoir ton avis ... Merci.


Blanc (vaporeux)

Je la regarde. Fixement. Elle me nargue, me fait de l’œil. Elle est là, immobile, devant moi. Offerte. La belle inconnue joue avec son petit air arrogant. Fière. Blonde. Elancée. Terriblement attirante. Délicatement roulée dans une fine robe. Presque transparente. Elle m’a choisi. Moi. Un gars paumé. Assis à la terrasse de ce café quelconque, dans une rue quelconque. Le soleil la gifle de ses rayons brûlants. Elle est sous les feux de la rampe. L’actrice principale de mon scénario imbibé d’alcool. Je n’arrive pas à détacher mon regard de l’image sulfureuse qu’elle me renvoie. Je suis sous le charme. Un charme que je devine vénéneux. Le goût du risque m’attire et me fait frémir. Elle me jette des sorts. Elle me vampirise. Je lutte contre la tentation. La sueur perle sur mon front. Mon cœur s’emballe. Les pensées se bousculent dans ma tête. Une envie se dessine, impérieuse. La prendre, rien qu’une fois. Sauvagement. Lui voler sa virginité sans aucun scrupule. Je sais qu’elle n’attend que ça. Elle transpire de désir sous une chaleur qui devient oppressante. Je commence à suffoquer. J’ai les mains moites. La goûter du bout de mes lèvres. La sentir, sa chair contre ma chair. La mordre, un peu. La voir se consumer, lentement, en moi. Dans toute sa splendeur. L’emmener à son firmament. Je l’effleure du bout des doigts. Elle tressaille doucement, en silence. Elle me laisse faire. Elle m’attend. Patiemment. C’est elle qui mène la danse. Et elle le sait. L’impertinente. La garce. Elle veut avoir ma peau. Elle veut m’insuffler la mort. Elle n’a pas encore abaissé toutes ses cartes. Elle m’attire dans sa toile. Elle prend son temps, joue avec mes nerfs. Elle veut me voir partir en fumée avec elle. Elle s’insinue déjà dans mes pensées. Elle gagne du terrain. Elle sait que je la désire. Ardemment. Elle sent que je lui résiste. Plus pour longtemps. Je ne suis qu’un pantin désarticulé, dont elle tire les ficelles avec un malin plaisir. Je la regarde. Fixement. Elle me nargue, me fait de l’œil. Je la saisis brutalement, sans réfléchir. Je la dévisage une dernière fois et je l’écrase dans le cendrier. Aucun remords. Elle a failli gagner, mais pas cette fois. Sans rancune, j’espère.
[kyra - avril 2006]

Ann said...

Aramis :
J'aime bien ton texte. Nous sommes tenus en haleine jusqu'à la dernière ligne.

aramis said...

Merci Ann, très flattée.